‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 33 sur 71 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

en petit comité. De Montpellier, le 21 octobre 1868, il écrivait à la princesse Mathilde :

« Quand je serai de retour à Paris (si?), j'aurai une autre petite drôlerie à lire à Votre Altesse, si elle a le malheur de m'en donner la permission. »

La lecture eut lieu à Saint-Gratien. Mérimée annonçait encore sa nouvelle, le 29 novembre, au comte de Gobineau :

« Pour tuer le temps, qui est beaucoup plus long ici qu'à Paris, et peut-être aussi par la tendance que les vieillards ont à redevenir enfants, je me suis mis à faire des nouvelles. J'aurais voulu vous en montrer une dont le sujet est d'ailleurs scabreux. C'est une dame qui a été pendant quelque temps seule à seul avec un ours dont la conduite est demeurée inconnue. Elle est devenue folle et a donné le jour à un fils dont l'histoire est racontée. Bien entendu, cela n'est pas destiné au respectable public'. »

Cependant, les premières retouches faites par Mérimée ne semblent pas avoir satisfait l'Inconnue; ainsi le montre la lettre qu'il lui écrit de Cannes le 2 janvier 1869 :

« J'ai recopié l'Ours que vous savez et je l'ai léché avec un certain soin. Beaucoup de choses sont changées, en mieux, je crois. Le titre et les noms changés également. Pour les personnes aussi peu intelligentes que vous, les manières de cet ours resteront fort mystérieuses. Mais on ne pourra rien conclure à son désavantage, quelque perspicace que l'on soit. 11 y a une quantité de choses qui restent inexpliquées. Les médecins me disent que les plantigrades sont, plus que d'autres bêtes, en mesure de

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