‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 69 sur 71 · Dernières Nouvelles, p. 231 (ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Dernières Nouvelles, p. 231 (ci-dessus, p

propos de ces connaisseurs qui mangent de l'anguille et qui ont de jolies filles : « On ne sait quelle religion ils ont, mais ce sont des malins, et je veux faire connaissance de leur cheik. » Plus loin encore, dans la synagogue souterraine toute étoilée de lumières, il s'élève, de la foule vêtue à la juive, un chant monotone qui rappelle la psalmodie des Arabes récitant leurs prières^. Mais le marabout s'exprime dans une langue inconnue à l'auteur, qui — il croit en être sûr — n'est ni de l'arabe ni du kabyle 2.

En résumé, nos conjectures psychologiques nous amènent à la conviction que, dans Djoumâne, Mérimée voulut faire, si l'on peut dire, le compte-rendu à peine truqué par endroits d'un rêve authentiquement éprouvé. D'autre part, l'origine de ce rêve était, à son insu très probablement, dans le désir qu'il avait éprouvé, accidentellement sans doute, pour une jeune fille juive.

En tout cas, notre but a été moins encore d'aboutir, dans ces notes, à des conclusions de fait, que de présenter une compréhension nouvelle du conte de Mérimée. Il nous semble, en effet, que l'application de la psychologie systématique à l'étude des textes serait, dans bien des cas, susceptible de fournir des interprétations particulièrement précises et fécondes. C'est peut-être là une méthode que l'on gagnerait à appliquer dans de nombreuses circonstances.

Raoul Roche.

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