Sur Saulelct, Delécluze écrit un peu plus tard
« Sautelet le libraire, l'un de mes amis, est un très drùlc de corps. Depuis qu'il a ouvert son commerce, il se sert avec beaucorp d'adresse de ses amis, qui sont presque tous dans les lettres, pour uchalunder sa boutique et y faire vendre tout ce qui parait de nouveau, tout ce qui peut flatter le goût et les idées à la mode. C'est lui qui a publié le Théâtre de Clara Gazul, les pamphlets de Courier, etc.. Il fait très bien son métier de libraire et de plus est répandu dans toutes les sociétés de Paris » [Journal, mercredi 12 avril 1826. Inédit).
INTKODUCTION XVII
« Ia's Iragmenls que nous connaissons nous font vivement désirer déjuger de l'ensemble; on cite surtout Les f{spnornols en Fionie : c'est la peinture hardie d'un événement contemporain. Le libraire Sautelet ne pouvait mieux débuter que par cette publication, qui, nous l'espérons, dans l'intérêt de l'art et de la littérature dramatique, sera heureuse; nous en rendrons compte aussitôt qu'elle aura paru. »
Huit jours après cette annonce, à la veille même de la publication, Mérimée fait une nouvelle lecture à Valenton, et Delécluze écrit dans son Journal :
« 29 may 1825. Dimanche. Sacre de Charles X.
a Valenton
« Le soir on fait une lecture de deux pièces de Mérimée (Clara Gazul), ^'.d/nowr a/Wca/n et la première partie d'/nès Mendo. La première, je l'ai bien vu, a été inintelligible pour ces dames. (I/esclavage des femmes, et l'amour violent que l'on ressent pour une esclave sont des choses que des Françaises comprennent rarement et qu'elles feindraient toujours de ne pas comprendre'.]
« La première partie d'Inès Mendo, fille du bourreau de Monclar, l'amour vrai de cette jeune fille pour un jeune seigneur qui l'épouse malgré sa basse naissance, l'action de Mendo, le père, qui se coupe le poing pour ne plus être bourreau, tout cela a produit beaucoup d'effet sur nos dames. On a pleuré. Plus tard je parlerai de ces
1. Public par .M. Tourneux, oufr. cité, p. 4; mais Touriicux déligiiiv le lexlo en iiii|iriinaiil : « on qu'elles feindront. .. ».
Clara Gazul , b