‹ [Œuvres complètes]Chapitre 32 sur 135 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

Le livre suit sa destinée qui est, serabie-t-il, modeste. On ne peut parler ni d'échec ni de triomphe; seuls les « initiés » qui fréquentent les salons et les critiques des revues lisent, commentent, discutent le Théâtre de Clara Gazul. En 182G l'édition originale n'est pas épuisée et Sautelet cherche ingénieusement à vendre les derniers exemplaires en leur donnant un titre de relais. Pourtant Mérimée se pique au jeu, et ni la Guzla, qui paraît en août 1827, ni la Jacquerie, qu'il publie en juin 1828, ni les premières nouvelles, qui s'échelonnent en 1829, ne le détournent de l'Espagne. Il songe à prolonger une mystification qui, somme toute, a réussi. Quatre ans après la première édition, la Bévue de Paris publie le Carrosse du Saint- Sacrement, en juin 1829, et l'Occasion, en novembre 1829.

Il est aisé de se rendre compte, par l'étude des origines, que ces deux pièces, qui grossiront, en 1830, la seconde édition du livre, sont, elles aussi, une imitation plus ou moins fantaisiste du théâtre espagnol. Toutefois une remarque s'impose : Mérimée change le décor et transporte son lecteur, non plus en E.spagne, mais dans les colonies espagnoles du Nouveau-Monde. Voici le Pérou, voici l'île de Cuba ; l'action du Carrosse du Saint-Sacrement se déroule à Lima, celle de l'Occasion à la Havane. Peut-on découvrir à cet élargissement de la scène des causes précises? A dire vrai, nous n'avons pas, sur l'élaboration de ces deux pièces, des renseignements aussi détaillés que sur l'élaboration des cinq premières. Le Journal de Delécluze est muet à leur sujet, et nulle

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