Cette pièce n'a point été traduite
Kenipis, dit continuellement son chapelet, et annonce l'intention d'entrer au couvent. Dona Inès, au contraire, va dans le monde, danse, s'amuse, et désire se marier.
On ne devine pas trop pourquoi Dona Clara fait un tel étalage de religion, et ce qu'elle peut y gagner; quoi qu'il en soit, elle écrit des billet doux aux jeunes gens, et tousse [losecilla) quand on lui donne des sérénades. Certain écolier qui vient épouser sa sœur lui plaît assez, et un héritage qu'elle doit avoir plaît beaucoup à l'écolier. Un rendez-vous est donné, mais on surprend le couple amoureux : l'hypocrite s'en tire cependant, en faisant croire que sa cousine Inès se trouvait à sa place. Cependant, elle se marie secrètement; mais, ô désespoir! la parente qui devait lui laisser sa fortune l'a déshéritée au profit de sa sœur. Repentir d'usage et pardon final.
Le rôle de l'écolier est d'un naturel exquis : c'est un de ces étourdis sortant du collège, sans habitude du monde, lourdauds, timides avec les femmes d'un certain rang, et effrontés avec les autres. Le caractère de l'hypocrite est fort bien dessiné, et jamais il n'est assez odieux pour cesser d'être comique. Les autres rôles laissent tous plus ou moins à désirer.
C'est sans doute pour se conformer aux règles de l'art que Moratin introduit dans toutes ses pièces des valets fripons et menteurs, qui volent pour leurs maîtres et les conseillent. Il n'est permis, ce me semble, qu'à Molière et à Regnard de mettre à la scène des rôles si peu vraisemblables.
Le style de Moratin est simple et clair, ce qui mérite bien d'être remarqué dans un auteur espagnol.
Il est diilicile de trouver dans ses ouvrages des défauts bien saillants, mais aussi on y chercherait en vain ces beautés hardies, ces diamants bruts, si communs chez Caldéron et chez Lope. En un mot, Moratin est pour moi un exemple de ce qu'avec les règles classiques peut faire un homme médiocre, mais instruit.
Depuis longtemps Moratin n'a rien produit : il règne sans rivaux sur le Parnasse espagnol, où nous le laisserons en paix jouir de sa gloire.
^Mf
Imp.l.cmcrc'.';!- &. CT ['ans
THEATRE
DE
CLARA GAZUL