‹ [Œuvres complètes]Chapitre 50 sur 135 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Le bord de la mer

D. JUAN, WALLIS, matelots dans le fond occupés à préparer une barque; UNE SENTINELLE se promène devant l'auberge*.

WALLIS. Voyez ! le sloop s'est rapproché pour nous. 11 élève un fanal à la hune.

D. JUAN. Je vois comme un ver luisant, à une lieue de nous.

WALLIS. Vous n'avez pas encore l'œil d'un marin.

' Allez, ils sont plus près de nous que vous ne pensez.

Dans une heure je vous débarquerai ici, et tout sera

fait. — Enfans, vos rames sont-elles bien entortillées

de linge?

UN MATELOT. Tout-à-l'heure, lieutenant; elles ne feront pas plus de bruit que la patte d'un canard.

WALLIS. Quand nous passerons devant le inAle et

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lu batterie, couchez-vous sur vos rames, et, si l'on nous hèle, que personne ne réponde.

D. JUAN. Soyez sans inquiétude. Toutes les nuits des contrebandiers passent devant les forts de la côte sans qu'on s'en aperçoive.

Une fenSlre s'ouvre, madame de Coulantes paraît au balcon de l'auberge.

D. JUAN. Ha*!

WALLis bas. Quclqu'uu uous obscrvc. Au large!

D. JUAN bas. Ne craignez rien. Qui nous reconnaîtrait ?(A la sentinelle. I Tu scras cncoredc faction quand je reviendrai?

LA SENTINELLE. Oui, mon coloncl.

MADAME DE COULANGES chantant, sans les voir. « Mais je Suis

maure, et vous êtes chrétien. »

D. JUAN bas. Au diablc le refrain!

WALLIS bas aux malelols. DépêchcZ-VOUS aU 'llOni du

diable ! il ne fait pas bon ici.

.MADAME DE COULANGES. La fraîchcur du soir ne peut éteindre le feu qui me brûle. (Apercevant Don Juan.i Ha*! qui sont ces hommes?

WALLIS. Coloncl ! million de tonnerres ! que faitesvous sous ce balcon, planté comme une perche? Par le ciel! voici venir quelqu'un de ce côté, on veut* nous couper la retraite. Ne dites mot.

Madame de Tourville entre avec une femme de chambre. MADAME DE COULANGES bas à Don Juan. EloigUCZ-VOUS, (jui que vous soyez! Klle rentre.

-MADAME DE TouHviLLE. Ah! moii Dicu ! dcs hommes devant l'hôtel* !... Heureusement voici la sentinelle pour nous protéger... et ma fille qui était au

balcon... Elle s'avance vers U barque.

LES ESPAGNOLS EN UANEMAItCK *J5

WALLis. Ilaltc-là! nous sommes des contrebandiers. Ne nous perdez pas, et vous aurez du tabac pour rien.

MADAME DK TOrUVILLK s«pprochant toujours. En BUriOZ-

vous, messieurs .* je voudrais en acheter.

WALLIS. On vous en portera. Mais n'avancez pas. — Au large ! à moi le gouvernail ! u barque séioigrne.

MADAME DK ToinviLLE. Ccttc voix uc m'est pas inconnue. — Et cet autre enveloppé jusqu'aux yeux dans son manteau; et la sentinelle qui ne crie pas à lu garde... tout cela est fort singulier : — mais je saurai ce qui en est. — Entrons. Eiies enirem iiansiauiierg'.

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