SCÈNE I
Une salle de l'Inquisition à Grenade
A droilp, trois siègpcg (celui du milieu plus élevé; sur une estrade tendue en noir*. Dans le Tond, on apcrtoit très confusément quelques instrumcns de torture. .\u bas de l'estrade est une table avec une chaise pour le gfrcrfler. Le théâtre n'est éclairé que faiblement.
RAFAËL, DOMINGO, en grand costume d'inquisiteurs.
nAFAEL. Seigneur Domingo, je vous le répète, c'est une injustice criante. Il y a dix-sept ans que je suis inquisiteur à Grenade. J'ai fait brûler* vingt hérétiques par an, et c'est ainsi que monseigneur le grand-inquisiteur reconnaît mes services! Me donner pour supérieur un jeune homme imberbe!
DO.MiNGO. Voilà qui est alï'reux, et pour ma part j'en aurais autant à vous dire. Savez-vous ce que cela prouve ? c'est que monseigneur le grand-inquisiteur n'est qu'un sot.
RAFAËL. Nous le savious ; mais pour injuste et pour fanatique, je ne le connaissais pas encore.
DOMINGO. Enfin, qu'a-t-il de si grave à nous reprocher?
itAFAKL. Quant à moi, je sais ce qui m'a fait du tort dans son esprit. Une misère! L'histoire de cette
juivo que j'ai convertie, ot qui s'est avisée tout d'un coup de devenir mère, a fait du bruit dans le monde. Mais, après tout, y a-l-il là dedans quelque chose de si extraordinaire?
DOMixco. De plus, il nous accuse, m'a-t-on dit, de n'être pas chrétiens.
RAFAËL. Est-il donc si nécessaire d'être chrétien pour être inquisiteur?
DOMINGO. Malgré votre conversion et ses suites, je suis encore plus mal noté que vous sur ses tablettes.
RAFAËL. Vous y figurcz donc comme athée?
DOMINGO. Non, plût au ciel! mais mon coquin de frère servant, qui fait ma chambre, lui a porté une cuisse de poulet* qui s'y trouvait... je ne sais comment, et dans le carême, s'il vous plaît!
RAFAËL. Par le corps du Christ! voilà une fâcheuse afîaire !
DOMINGO. Ce qu'il y a de pis, c'est que ce nouvel inquisiteur qu'il nous a envoyé pour présider ce tribunal est un démon* qui doit* nous espionner. Ajoutez à cela que le drôle est de bonne foi.
RAFAËL. Bon! Pouvez-vous le croire?
DOMINGO. Ou je me trompe fort, ou c'est un véritable Loyola. On dit qu'il en est à ne pouvoir distinguer une femme d'un homme; oh! c'est un saint.
RAFAËL. Hélas!
DOMINGO. Hélas!
RAFAËL. Sacrebleu! est-ce ainsi que l'on paye nos services ! Je suis aujourd'hui d'une humeur affreuse;
plùt au ciel que je fusse Turc*! — Malheur à ceux que nous allons juger! il me faut quelqu'un pour passer ma mauvaise humeur. Au feu! au feu ! et puis au feu ! voilà mon dernier mot.
DOMINGO. Amen! c'est aujourd'hui samedi, et c'est mon usage de condamner ce jour-là ; le lundi j'absous. De cette façon, s'il y a des quiproquos, si les innocens tombent le mauvais jour, la faute en est au bon Dieu. — Mais, à propos, dites-moi, qu'est devenue votre juive.*
HAFAEL. Elle est à la Maternité, la petite sotte.
DOMINGO. Sotte en effet! iA part.) et tu crois l'y avoir envoyée, pauvre niais*!
KAFAEL. Que grommelez-vous entre vos dents?
DOMINGO. Moi, je jurais après cet imbécille* de grand-inquisiteur.
KAFAEL. Que le diable l'emporte!
DOMINGO. Chut! Il y a un écho ici. — Au large! voici notre saint.
Ils se séparent et se mettent à lire leur bréviaire, chacun d'un côté de la scène. Entre Antonio en grand costume.
ANTONIO. Mes très-révérends pères, nous allons aujourd'hui nous occuper d'une affaire bien Importante, et pour laquelle je vois que vous vous prépariez*. Nous allons procéder contre une sorcière, une femme qui a fait un pacte avec le diable, mes pères! L'esprit de ténèbres a, dit-on, donné à cette malheureuse un pouvoir surnaturel. Mais rassuronsnous, la croix que nous portons serait une défense
contre les griffes du malin, s'il pouvait pénétrer dans les mui'S bénits du Saint-Office*.
DOMINGO. Satan perdrait son temps ici.
ANTONIO. Hélas! mes pères, ne dites pas cela. La chair est faible, le vase est fragile. Pour moi, malheureux pécheur, ma seule force, c'est la connaissance de ma faiblesse. Vous, une longue vie passée dans la sainteté vous a rendus invulnérables aux tentations; — mais moi, je suis jeune d'années et jeune d'œuvres pies. Ah! que j'ai besoin de vos sages conseils, pour me diriger au milieu des écueils de cette vie !
HAFAEL. Nous avoiis tous bcsoin de conseils.
DOMINGO. Avertis* l'un par l'autre, nous résisterons mieux aux attaques du démon.
ANTONIO. « Seigneur, ne m'exposez pas aux tentations! » Voilà ma prière à tous les instans du jour. Il est si facile de succomber. Quelque vigilance que l'àme mette à se garder, l'ennemi des hommes est un serpent subtil, la plus petite brèche lui suffit, et une seule goutte de son venin peut gangrener une âme à jamais. Sans doute j'aurais déjà succombé, sans l'intercession de mon bienheureux patron, monseigneur saint Antoine.
RAFAËL à pari. Il a quclquc chose sur la conscience. Cela doit être curieux. (Haut.) A quelle tentation si puissante Dieu a-t-il permis que vous fussiez exposé?
ANTONIO. Il nous reste encore du temps avant la séance, et, pour nous préparei- à la tache (juc nous
devons remplir, un aveu sincère de nos fautes nous est utile. — Écoutez-moi donc, mes pères. — J'avais toujours pensé que la femme est l'instrument de damnation le plus sûr dont le malin puisse se servir*. Vous partagez mon opinion, mes pères? La rencontre d'une femme est plus dangereuse que celle d un aspic...
DOMI.XGO avec une surprise alTcclée. Comment*, Une femme
serait-elle?...
ANTONIO. Dès ma plus tendre enfance, je fus élevé dans un couvent, jamais je n'en étais sorti, je ne connaissais il y a six mois d'autre femme que ma mère, et pliU au ciel que je n'en eusse jamais vu d'autres!
it AFAEL de même. Sdiutc Viei'ge ! VOUS me faites frémir !
ANTONIO. Satan me frappa d'une maladie aiguë, qui mit mes jours en danger... je demandais à Dieu de mourir dans l'innocence... mais il ne daigna pas exaucer ma prière. — Je revins à la vie. — Les médecins, pour achever mon rétablissement, m'ordonnèrent d'aller respirer un air plus pui- dans une petite maison de campagne appartenant à notre couvent. Enhardi par la solitude du lieu, j'osai sortir des murs, et sortir seul... J'avais essayé mes forces dans la campagne, et je rentrais dans notre maison, ({uand tout à coup... mes yeux rencontrent devant notre porte un être qu'à ses vêtements je crois être une femme. Son apparition subite me jeta dans un trouble tel, que je n'eus pas même la présence d'es-
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prit do fcnnor les yeux; égare, hois de moi, je restais devant elle, et son image s'enfonçait toujours plus profondément dans mon cœur. Kn vain je voulus fuir, mes pieds se fixaient à la terre. Semblable à un homme tourmenté du cauchemar, je voyais le danger, mais j'étais sans force, sans voix : j'étais comme le colibri sous l'influence de l'alligator*. Mon sang bouillonnait... j'étais effrayé... je tremblais... et pourtant, si une telle comparaison n'est pas un sacrilège,... j'éprouvais cette espèce d'extase délicieuse que j'ai sentie quelquefois en priant devant notre sainte madone*. Encore quelques momens, et je serais mort à cette place... Mon àme... je la sentais près de m'abandonner... je serais mort... et mort dans le péché, si cette créature n'eût fait un pas vers moi. Ce mouvement subit rompit le charme en redoublant ma frayeur... Je pus m'écrier : Jésus! Ce saint nom me délia, je courus de toutes mes forces sans regarder derrière moi, jusqu'à ce que, me jetant dans les bras de mon confesseur, je soulageai mon àme oppressée.
IJAFAKL avec un grand soupir. Je m'attendais à pis.
ANTONIO. Satan n'abandonna pas sa victime. J'avais fui, mais j'avais emporté le dard empoisonné. Hélas!... il faut l'avouer... il est encore dans mon sein. Jeûnes, prières, mortifications, rien ne peut arracher* de ma pensée l'image de cette femme. Elle me poursuit dans mes rêves; je la vois partout,.., ses grands yeux noirs... (jui ressemblent aux yeux
d'un jouno chat... doux et méchans à la fois... je les vois... toujours... encore maintenant je les vois.
■ Il cache sa tête dans ses mains. >
Le dirai-je? souvent au milieu de mes lectures pieuses, mon esprit n'est plus aux paroles sublimes de l'Évangile; mes yeux, ma bouche, ne lisent plus que des mots vides de sens; — mon âme est toute entière à cette femme. — Sûrement Satan prit cette figure pour tenter mon bienheureux patron. Grand saint Antoine, donnez-moi votre courage!"
RAFAËL et DOMINGO. Le Seigneur vous soit en aide!
ANTONIO. Amen! — Pourquoi faut-il qu'un malheureux pécheur soit condamné à juger les autres, quand il ne sait pas lui-même si le jugement dernier ne l'enverra pas dans les flammes des prévaricateurs?
(Longue pause. i
Remplissons cependant notre tâche, et tout en la trouvant pénible, souvenons-nous que c'est le sort de l'homme de passer sa vie dans les tribulations . ill monte sur l'estrade et se place entre Rafaël et Doming^o.l
Greffier, appelez la cause, et faites paraître l'accusée.
nAFAicL. Quoi, vous fermez les yeux?
ANTONIO. Plût au ciel que je fusse aveugle! une femme va paraître devant nous.
LE GREFFiEit. Maria Valdez, accusée, paraissez devant le tribunal du Saint-Office.
Entre .Mariquila voilée entre deux Tamiliers du Saint-Omce.
ANTONIO les yeux fermés. Femme, qucl cst votrc iiom ? MARiQUiTA. On m'appelle Maria Valdez, plus sou-
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vent Maiiquila. On m'a de plus surnommée la folie. Voilà mes nom, prénom et surnom.
ANTONIO de même. Votre âge ?
MABiQLiTA. C'cst unc questlon un peu scabreuse à faire à une femme, si l'on veut qu'elle dise la vérité. Cependant je suis franche, j'ai vingt-trois ans. Si vous en doutez, regardez-moi. Ai-je l'air plus vieille.'
(Elle Mi son voile.)
KAFAEL et DOMINGO à part. Vive Dicu ! qucIIe jolie fille!
ANTOMo de même à demi-voix. Arrière dc moi, Satan, démon de la curiosité, tu ne me vaincras pas! (Haui.> Quelle est votre profession?
MAïuQuiTA hésitant. Diable!... je iic sais trop que vous dire... je chante, je danse, je joue des castagnettes, etc., etc..
ANTONIO de même. Ailisi, c'cSt danS CCS jCUX, dout,
grâces* au ciel, les noms mêmes* me sont inconnus, que vous dissipez un temps que vous devriez donner aux larmes du repentir?
MARiQuiTA. Eh! pourquoi donc pleurer et se repentir, seigneur licencié, quand on n'a rien fait de mal?
ANTONIO de même. Rien fait de mal ! interroge ta conscience!
MAïuQUiTA. Que voulez-vous qu'elle me reproche? J'ai bien commis quelques petites fautes, mais j'en ai eu l'absolution dimanche dernier de l'aumônier de Royal-Murcie, infanterie. Laissez-moi aller, et ne
m'elîrayez pas davantage avec vos robes noires et toute votre...
ANTOîsio de même. Maria Valdez, vous dites que votre conscience est pure* : réfléchissez et ne mentez
point.
MAKiQUiTA. Puisque je vous ai dit la vérité, vous allez me laisser sortir, j'espère?
RAFAËL à Antonio. McttCZ-la SUr la Voic.
ANTOMO de mCme. Conuaissez-vous uuc fcmnic nommée Juana Mendo?
MABiQUiTA. Si je la connais, une de mes bonnes
amies!...
ANTONIO de même. Mais n'avcz-vous jamais eu de querelle?
MARiQuiTA. Non... Ah! cependant, il y a quelques jours, elle m'a cherché noise, prétendant que je lui avais volé un amant; ce qui n'est pas vrai, monsieur le licencié. Seulement c'est parce que Manuel Torribio lui a dit que mes beaux yeux noirs étaient bien plus beaux que ses vilains yeux roux.
ANTONIO de même. SeS yCUX UoirS ! ,11 met brusquement la main
devant ses yeux., Scigueur Rafaël, de grâce, continuez un instant l'interrogatoire.
RAFAËL, après avoir parcouru les papiers, d'une voix do.ici-. Mari-
quita, n'avez-vous pas passé* vendredi, 15 août dernier, devant le plant d'oliviers de Juana Mendo, en mangeant une grenade?
MARiQLiTA. Comment puis-je m'en souvenir?
RAFAiL. Dites oui ou non.
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MAitiQUiTA. Je crois que oui.
itAFAKL lisant. N'avez-vous pas jeté les pépins dans son plant, en agitant en l'air une baguette de noisetier ou tout autre bois, ayant deux bouts...
MARiQUiTA riani. Voudricz-vous qu'elle n'en eïit qu'un?
RAFAËL. Songez devant qui vous êtes. — ... Ayant deux bouts dépouillés de leur écorce? Répondez.
MARiQUiTA. Qu'est-ce que j'en sais!
KAFAEL. Oui ou UOU ?
MARiQUiTA. Eh bien, oui.
RAFAËL. N'avez-vous pas chanté une chanson impie, où il est souvent parlé d'un certain Grain-d'orge?
MARiQLiTA riant. Ah, ah, ah! scigucur licencié, de quoi me parlez-vous? J'ai chanté une ballade anglaise, traduite par votre servante, qui l'a apprise d'un trompette de Mackay, dans l'armée de milord Peterborough. Elle est faite en effet sur la mort de Grain-d'orge*.
DO.MINGO. Qui, Grain-d'orge? Un esprit des ténèbres ?
MARiQUiTA. Ah, ah, ah ! Grain-d'orge veut dire grain d'orge, et la ballade chante de quelle manière avec des grains d'orge on fait de la bierre* que boivent les Anglais. Laissez-moi aller*, et je vous la chanterai, car vous avez l'air d'un bon enfant,
et vous n'êtes pas comme celui-là. (Elle montre Antonio.)
ANTONIO les yeux fermés. 11 est difficile de supposer qu'il n'y ait pas un sens caché sous ce mot.
.MARiQUiTA. Honni soit qui mal y pense, comme il y a écrit sur le casque* du capitaine O'Trigger.
ANTONIO de mêine. Mais, commcnt nous expliquezvous que le plant de Juana Mendo a été détruit par une inondation?
MARiQUiTA riant. L'expliquer ! non, certes. Demandez au Geyar pourquoi il s'est débordé.
ANTONIO de même. Et c'est précisément à vous que je le demande. Pourquoi lui avez-vous dit de se déborder ?
MARiQuiTA. Ah çà ! sommcs-uous à jeun et dans notre bons sens? Me prenez-vous pour une sorcière?
ANTONIO de même. VoUS Ic ditCS.
.MAïuQuiTA. Merci de moi ! si vous ne me faisiez pas trembler avec votre grosse voix, vous me feriez mourir de rire.
ANTONIO de m^me. Vos rircs pouri'ont sc chaiiger en larmes. — Vous niez donc avoir jeté un sort sur les oliviers de Juana Mendo?
.MARiQUiTA. Est-ce quc je sais jeter des sorts, moi?
ANTONIO de même. ToUS pécHés pCUVCUt s'cxpicr.
Femme, je t'adjure au nom de ton Créateur; dis la vérité, si tu ne veux pas la mort de ton âme.
.MARiQiJiTA. Est-ce quc, si j'étais sorcière, je ne me serais pas déjà envolée d'ici par la cheminée?
ANTONIO de même. Réfléchissez et tremblez; plus tard il ne servira de rien de vous rétracter.
RAFAËL. Seigneur collègue, elle est obstinée, laissez-moi l'entretenir seule un instant.
DOMINGO. Non, moi je m'en charge. Seigneur Rafaël, vous oubliez que vous avez un rapport à faire...
ANTONIO de même. Nous ne pouvous manquer aux règlemens du Saint-Office. Pour la dernière fois, Maria Valdez, êtes-vous sorcière?
MAKiQuiTA. Pour la dernière fois, non. — Est-il entêté !
ANTONIO de même. Malhcureuse ! je m'en lave les mains, et ton sang ne retombera que sur toi. Le XLVIII® article du règlement des interrogatoires porte « que si* l'accusé, ou l'accusée, persiste dans « ses dénégations, et que d'ailleurs l'accusation n'est « pas* dénuée de preuves testimoniales ou par écrit, « le président doit, en confirmation d'icelles, or- « donner que l'accusé, ou l'accusée, soit mis, ou « mise, à la torture. »
MAKiQuiTA. A la torture! Jésus! Marie! Vous allez donc me déchirer comme de la laine à carder. Seigneurs licenciés, ayez pitié d'une pauvre fille innocente. — Je vous en conjure, ne me faites pas mourir dans les tourmens. Enfermez-moi plutôt dans un souterrain, privez-moi de la lumière du soleil; mais ne me tuez pas, ne me torturez pas!
RAFAËL. Seigneur Antonio, ayez pitié de sa jeunesse !
DOMINGO. Elle est innocente, seigneur collègue; un peu de compassion.
ANTONIO de même. La règle parle. — Pedro Garcias*,
tortionnaire, paraissez. L'exéealeur paratt dans le rond.
MARiQL'iTA. Ah! ne dites pas cela. Grâce, grâce!
regardez-moi au moins ^. (Elle s'élance sur l'estnde, et embrasse les g'enoux d'Antonio.)
ANTONIO ouvrant les yeux. Ah !
RAFAËL. Seigneur, ayez pitié... mais... qu'avezvous?
ANTONIO d'une voix tremblante. Je te rCCOniiais bicil... tU
vas donc me mener en enfer... tu dépouilles ta robe nuptiale, et je vois la peau brûlée du diable... Je suis donc en enfer... toutes les messes, saint Antoine lui-même, ne m'en retireraient pas. (ii tombe évanoui.»
RAFAKL. Il est fou !
DOMINGO aux familiers. EmportCZ-lc daUS Sa Ccllule.
(Bas b. .Mariquiia.) Ne ciaigncz rieii, ma belle enfant, on ne vous mettra pas à la torture.
KAKAKL bas à Mariquiia. N'aycz pas peur. Ce u'est pas pour des personnes faites comme vous l'êtes* que nous avons des chevalets. iAux familiers.) Remmenez-la*, donnez-lui une bonne chambre, mais ne la laissez parler à personne.
DOMINGO bas à Mariqiiita. Méficz-vous dc Rafaël. Je ferai ce que je pourrai pour vous.
RAFAËL de même. MéficZ-VOUS dc DomiugO, c'cSt UO
vieil hypocrite. Mais moi je m'intéresseà vous. Adieu,
ma fille. (Il lui donne une Upe sur la joue.) C'cst Uioi qui Suis
votre ami. Adieu. (A part en sortant.) Je t'empêcherai bien de la voir.
DOMINGO H part en sortant. Tu ne la veri'as pas, vieux satyre, ou j'y perdrai ma soutane. (On emmène HariquiU.) Clara flnzul II