‹ [Œuvres complètes]Chapitre 83 sur 135 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

La chambre de Séraflne à Elvas Entre DON ESTEBAN «eul.

La fatigue du corps ne repose pas la tête... — Toujours elle est devant mes yeux. . . Ah ! qu'elle doit soufl'rir en ce moment!... Pauvre malheureuse!... qu'avait-elle fait ?. . . Sérafine ! m appelle.) Sérafine ! Dona

Sérafine ! (Il sort et rentre d'un air agrilé.) QuC VeUtdirC CCciPoÙ

peut-elle être allée? — Ha*! qu'est-ce que celaPdi prend une lettre et lit l'adresse.) « Aux maius du baron de Meudoza. » C'est son écriture, lisons : « Cher Don Es- « teban, je suis au désespoir de vous quitter... mais « il faut absolument que je me rende à Lisbonne. « Comme il me semble que vous ne vous plaisez pas « beaucoup en Portugal... je vous engage à retourner « auprès de votre excellente femme... qui doit être « bien en peine de vous. Adieu, vivez heureux au- « près d'elle... ne soyez pas en peine de moi... Don « César... •» Ho*! (ii jette la lettre. — Silence.) Je le mérite...

(Il reprend la lettre et la relit.) Oui, je le mérite... J'ai quitté

un ange pour me jeter dans les griffes d'un démon.. . Me venger?... non... je n'ai plus de courage*... Que vais-je devenir?... Comment oserai-je me présenter devant le vieux Mendo?... car Inès... j'en suis sûr, elle me tendra les bras la première . . . mais Mendo ! . . . Si ce valet?... Il a dû lui dire... 0 monstre que je suis!... Je l'ai peut-être tuée! Inès, Inès! est-ce toi ou ton cadavre qui m'attend à Mendoza?... Non, je

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ne puis plus long-temps supporter cette incertitude ! Il faut en sortir!... Je vais à Mendoza, dussé-je porter ma tête à mes ennemis ! Knire Pedro.

Ah! Pedro, quelles nouvelles?

PEDRO. Monseigneur, je suis revenu à vous... je n'ai pu mentir... En voyant la douleur de madame... j'ai tout avoué.

n. ESTEBAN. Hé bien?

PEDRO. Ils ont quitté Mendoza. Monsieur Mendo la mène aux Ursulines de Badajoz.

D. ESTEBAN. J'y cours. Pedro, t'ont-ils envoyé vers moi?

PEDRO. Monseigneur... madame m'a donné ce billet pour vous... sans que monsieur Mendo la vît...

D. ESTEBAN après avoir lu... PaS UU rCprOchc ! • . . AugC

du ciel!... comment ai-je pu te tromper? — Pedro, viens; crevons des chevaux... il faut être aujourd'hui à Badajoz.

PEDRO. Je ne sais si nous le pourrons. Il faudra prendre des chemins détournés. Monseigneur.

D. ESTEBAN. Pourquoi ?

PEDRO. Tout l'Alentejo est en armes. La garnison d'Avis vient d'être massacrée par les paysans insurgés... tout Espagnol qui tombe entre leurs mains est mis à mort sur-le-champ.

D. ESTEBAN. Et ccla eucorc ! — N'importe, Pedro! si je meurs, tu diras que je suis mort repentant.

PEDRO. Ah! monseigneur! c'est un ange. Elle ne cessait de vous justifier auprès de monsieur Mendo.

D. ESTBBAN. Coui'ons, Pedi'o... — Le major Don Gregorio ne s'est point sauvé?

PEDRO. Non, monseigneur, ils l'ont pendu.

D. ESTEBAN. Eucorc uu mcurtre à me reprocher!

Ils sortent.

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