‹ [Œuvres complètes]Chapitre 84 sur 135 · MENDO, INÈS, LA SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

MENDO, INÈS, LA SUPÉRIEURE

MENDO. Adieu, Inès. Nous nous reverrons un jour.

INÈS. Adieu, mon père, je n'ai que peu de temps à vivre. Le coup a été trop fort. Si jamais il oubliait cette belle Sérafine... s'il revenait à son Inès... hélas! je n'aurai pas le temps de l'attendre... dites-lui que je lui ai pardonné... et que je suis morte en priant le ciel de lui pardonner. — Adieu, mon père! (Eiie

l'embrasse. I

MENDO. Adieu, ma fille!

Inès entre dans le cloître, soutenue par la supérieure.

.MENDO seul. Maintenant je puis être tout entier à la vengeance. Grâce au ciel, il me reste encore ma

main gauche. Entre Don Esteban pftie et en désordre.

D. ESTEBAN. luès ! luès ma bien-aimée*î .MENDO. Respecte celle...

D. ESTEBAN. luès ! Inès !

INÈS derrière la seine. C'est lui ! il revient à moi ! (Elle rentre et va tomber dans les bras d'Esteban.i Tu m'aimeS donC eUCOrc!...

oh ! je suis heureuse enfin ! (Eiie sévanouit.)

LA SUPÉRIEURE. Asscycz-la sur cette chaise, et faites-lui respirer des sels. Je vais chercher de l'eau*.

INÈS MENDO 273

D. ESTBBAN. Ma chèrc Inès!... si mon amour peut réparer mon crime!... Oh! réponds-moi, de grâce!

LA SUPÉniEURE renlranl avec de l'eau ♦. BuveZ CCttC BEU,

madame.

ixÈs. Esteban!... mon père!... donnez-moi votre

main chacun. (Elle essaie de joindre leurs mains, Mendo retire la sienne.)

Esteban, embrasse-moi... adieu. lEIle se laisse allcr dans ses bras et meurt.)

LA scpÉRiEURE. Elle cst morte !

.MENDO. Monseigneur de Mendoza, que dites-vous de ce spectacle? voilà votre ouvrage... Voyez ce bras mutilé... quels souvenirs vous rappelle-t-il?... Et vous, qu'avez-vous fait à ma fille pour lui témoigner votre reconnaissance?... Jusqu'ici je n'ai donné la mort à personne... aujourd'hui je me fais votre juge et votre bourreau... Que le Seigneur vous absolve I

tll lui tire un coup de pistolet.)

LA SUPÉRIEURE. Au sccours ! au meurtre! Fermez les portes.

D. ESTEBAN. LaisSCZ-lc s'échappcr. dl pose sa tête sur le sein d'Inès.)

.MENDO. Je ne bougerai pas, attendu que la comédie est finie. Oui, mesdames et messieurs, c'est ainsi que finit la seconde partie d'iNÈs Mendo, ou le

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