‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 112 sur 116 · Vamanre : sèvrerais. (Corresp. secrète · texte numérisé non relu

Vamanre : sèvrerais. (Corresp. secrète

AVEC LA MARÉCHALE DE

CRUPELT,

Vous l'imaginez?

LA MARÉCHALE

Ce n'est point une imagination, c'est un fait,

CHODELE, Et pourrait-on vous demander quelles sont ees choses que vous vous perméttriez, si vous étiez incrédule ? LA MARÉGHALE, Non pas, s'il vous plaît; c'est un article de ma confession. GRUDELI.

Pour moi, je mets à fonds perdu.

LA MARÉCHALE

C'est la ressource des gueux.

GRUDELL.

M'aimericz-vous mieux usurier ?

LA MARÉGHALE,

Mais oui : on peut faire l'usure avec Dieu tant qu'on veut: on ne le ruine pas. Je sais bien que cela n’est pas délicat, mair qu'importe? Comme le point est d'attraper le ciel, ou d'adresse ou de force, il faut tout porter en ligne de compte, ne négliger aucun profit. Hélas! nous aurons beau faire, notre mise sera toujours bien mésquine en comparaison de la rentrée que nous auendons. Et vous n'attendez rien, vous ?

CRUDELT,

Rien. :

LA MARÉCHALE

Cela est triste, Convenez donc que vous êtes bien méchant ou bien fou !

CRUDELT.

Ea vérité, je ne saurais, madame la maréchale, LA MARÉCHALE.

Quel motif peut avoir un incrédule d'être bon, s'il n'est pas

fou? Je voudrais bien Le savoir CAUDELL.

Et je vais vous le dire,

LA MARÉCHALE

Vous m'obligerez.

AVEC LA MARÉCHALE DE **, sis

une même contrée, des divisions qui se sont rarement éteintes sans effusion de sang. Notre histoire ne nous en offre que de trop récents et de trop funestes exemples. Songez qu'elle a créé et qu'elle perpétue dans la société entre les citoyens, et dans Ia ‘famille entre les proches, les haines les plus fortes et les plus constantes. Le Christ-a dit qu'il étsit venu pour séparer l'époux de Ia femme, la mère de ses enfants, le frère de la sœur, Vami de l'ami; et sa prédiction ne s'est que trop fidèlement accomplie. s LA MARÉCHALE, Voilà bien les abus; mais ce n'est pas la chose. CRUDEL.

C'est la chose, si les abus en sont inséparables. LAÏMARÉCIALE.

Et comment me montrerez-vous que les abus de Ia religion

sont inséparables de la religion‘?

CRU DELL

Très-sisément : dites-moi, si un misanthrope s'était propose de faire le malheur du genre humain, qu'aurait-il pu inventer de mieux que la croyance en un être incompréhensible sur

les hommes n'auraient jamais pu s'entendre, et auquel ils auraient attaché plus d'importance qu'à leur vie”? Or, est-il possible de séparer de la notion d'une divinité l'incompréhensibilité la plus profonde et l'importance la plus grande?

F3 LA MARÉCHALE

Concluez donc.

CRUDELI

LA MARÉCHALE

Je conclus que c'est une idée qui n'est pas sans conséquence dans la tête des fous.

ù CAUDELT, Et ajoutez que les fous ont toujours été et seront toujours le plus grand nombre; et que les plus dangereux sont ceux que la religion fait, et dont les perturbateurs de la société savent tirer

bon parti dans l'occasion.

4. Vanne : Que rien su monde no peut éeartor un abus. (Corrern.

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