‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 66 sur 116 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Page M1.— L'abus du pouvoir est lié au pouvoir, comme l'effet l'est à la cause.

Titus, Trojan et Marc-Aurèle réfutent cette mauvaise maxime.

Première origine de la grande idée que les hommes attachent au mot force. Lorsque l’homme eut à disputer la forêt au tigre, Ia force, seule nécessaire à cette conquête, fut trop utile pour n'être pas très-estimée, Lorsqu'il fut question d'abattre la forêt,

À de défricher la plaine, de cultiver la terre, la force, presque seule nécessaire à ces travaux, fut trop utile pour n'être pas très-estimée, Lorsque les sociétés furent fermées, la force qui se montrait avec tant d'avantage dans les combats, dut imprimer le respect. L'estime et le respect s’accrurent lorsque la force accompagna le courage, deux qualités qui formèrent le caractère des Hercule, des Jason, des Thésée, dés héros dont les noms be se prononceront jamais sans admiration, dans les siècles mémeoà il n'y eut aucune différence entre le personnage illustre

INTITULÉ L'HOMME. sn

Cela n'est pas vrai, Irai-je me faire tuer par un spadassin, en lui disant qu'il est un fripon?

Pages 49-50. — Si dans les siècles d'oppression la vertu a … quelquefois jeté le plus grand éclat ; si lorsque. Thèbes et Rome | gémissaient sous la tyrannie, l'intrépide Pélopidus, le vertueux Brutus naissent et s'arment, c'est que Le sceptre était encore incertain dans les mains du tyran; c'est que la vertu pouvaif encore owerir un chemin à la grandeur et à la puissance.

En dépit de læ tyrannie, de la corruption, de la bassesse.et de V'inutilité de la vertu, Îl naît partout des hommes vertueux qui vivent et meurent dans leurs principes. Il faut avouer qu'ils sont rares.

Je sens que cet ouvrage m’attristé etqu'il m'enlève mes illusions les plus douces. Avec la lanterne de ce Diogène, j'ai peine à trouver un homme de bien, et je chercherais inutilement un peuple heureux.

Ibid. — Quelle estime aurait-on à la cour d'un Phocaspuur de caractère d'une Léontine ?

Ou je me trompe fort, ou le plus grand. C'est dans l'antre du lion qu'il est beau de le braver.

J'sümire au théâtre l'homme de bien, et dans les pièces tirées de l'histoire que je connais et dans les pièces.dont le fonds estde pure invention et où les noms sont ficuifs. Les trois quarts desauditeurs qui s'émerveillent ou qui pleurent sont ignorants et'parfaitement étrangers à Brutus, à César, à Salluste, à Tite- Live, à Tacite. J'ignore l'impression qu'un Asiatique recevrait

» du spectacle de cos grandes âmes grecques où romaines ; etc'est prononcer bien légèrement que d'assurer qu'il n'en serait point ému, tandis qu'on est assis aur la méme banquette à côté du courtisan qui vient admirer Burrhus, après avoir fait à la Cour | le rôle de Narcisse.

C'est que le scélérat ne peut mépriser la vertu, je ne sais anême s'il peut La haïr.

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