‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 79 sur 116 · CHAPITRE V, DU GOUVERNEMENT DES JÉSUITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V, DU GOUVERNEMENT DES JÉSUITES

Une observation vraie que je n'ai lue dans aucun auteur, c'est qu'on aimait un jacobin, un capucin, un autre moine, sans aimer l'ordre; au lieu que l'ami d'un jésuite était l'ami des jésuites. La plus petite partie représentait le tout.

Page 170. — Ici l'auteur est décousu. 1 n'est point de muse à laquelle on n'ait érigé un temple; point de science qu'on n'ait cullivée dans quelque académie ; point d'académie où l'on n'ait proposé quelque prix pour la solution de certains problèmes d'optique, d'agriculture, d'astronomie, de mécanique, ete. Par quelle fatalité les sciences de la morale et de la politique, les plus importantes de toutes celles qui contribuent le plus à la félicité nationale, sont-elles encore sans écoles publiques?

Ce morceau ne tient ni à ce qui précède, ni à ce qui suit, et

n'était pas assez saillant pour lé conserver aux dépens de la liaison des idées. Cet endroit n'est pes le seul où l'on sente ce défaut, Quand on est instruit de la manière de travailler de l'auteur, on doit être surpris de ne pas le reconnaitre plus souvent dans son ouvrage.

Page 471, — Les lois monastiques devraient être les plus parfaites, j'en conviens; pour les plus durables, je le nie. Il n'y a de durable que ce qui est conforme à la nature, qui ne cesse de réclamer ses droits.

— Ni Helvétius, ni aucun des écrivains qui l'ont précédé ou suivi, n'a bien connu le caractère primitif du jésuitisme,

tiéulier? Est-il juste de reprocher à un siècle policé une loi établie dans un temps barbare?

Cest une façon de raisonner aussi singulière que celle d'un historien qui prétendrait prouver par l'exemple de Brutus que, dans les premiers temps de Rome, les pères ou n'aimaient pas leurs enfants, ou les aimaient moins que la patrie. Il n'y avait peut-être parmi tous les citoyens que cet hommé capable de son action héroïque ou féroce; l'étonnement général qu'elle causa le prouve assez.

Ce serait très-mal juger de l'esprit général d'un peuple que de conclure sa force ou sa faiblesse, ls pureté ou la corruption de ses mœurs, sa richesse ou sa pauvreté, des actions de quel= ques particuliers, et de dire : « Apicius se laissa mourir de faim, parce qu'il ne lui était plus possible de vivre avec huit ou neuf cent mille livres qui lui restaient; donc un Romain, alors, était dans Ia misère svec ce capital. »

Jbid. — Est-il un énstant où la liberté de l'homme puisse être rapportée aux différentes opérations de son me ?

Cette phrase est louche.

Page 174. — {1 n'est presque pas un saint qui n'ait une fois dans ea vie lavé ses maïns duns le sang humain.

J'ai un souverain mépris pour les saints, mais je ne puis me résoudre à les calomnier; à moins que par les austérités qu'ils ontexercées sur eux-mêmes et auxquelles ils en ont encouragé d'autres par leur exemple et leur conseil, on ne se croie aulo— xisé à les regarder comme des suicides ou des assassins, et c’est peut-être là la pensée de l'auteur.

Page 177. — Pourquoi si peu d'hommes honnêtes? C'est que l'infortune poursuit presque partout la probité.

Hi n'y a point de peuple si généralement corrompu qu'on n'y puisse trouver quelques hommes vertueux; parmi ces hommes vertueux il n'y en a peut-être pas un seul qui ne fût parvenu aux honneurs et à la richesse par le sacrifice de sa vertu. Je voudrais bien savoir par quelle bizarrerie ils s'y sont refusés, quel motif ils ont eu de préférer une probité indigente et obseure au vice opulent et décoré,

Ibid. — Il est vrai, la religion fait restituer un écu, mais elle fait poignarder Henri 1V.

Page 178. — Je ne puis me dispenser de rappeler ici le

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