‹ Œuvres complètes;Chapitre 59 sur 144 · CHAPITRE vu De la jeunesse et de. l'amour · texte numérisé non relu

CHAPITRE vu De la jeunesse et de. l'amour

Les grands législateurs se sont distingués surtout par la hardiesse de leurs institutions à l'égard de la pudeur : à Dieu ne plaise que je veuille établir la gymnastique parmi nous. Le culte sévère que professe aujourd'hui l'Europe ne permet plus l'usage de ces lois : seulement je regrette qu'elles nous paraissent si étranges, et que nous ne soyons délicats que parce que nous sommes corrompus.

L'antiquité fut pleine d'institutions <|ui ressemblent à des vertiges, mais (jui attestent son aimable simplicité.

La pudeur n'a commencé à rougir qu'après que le cœur se fut rendu coupable et .que les gouvernements ont été afTaiblis : les femmes ne sont nulle part plus modestes et plus bouillantes que dans les Etals tyranniques. Combien était plus touchante lingénuité des vierges grecques! Toutes les vertus antiques sont devenues des égards parmi nous, et nous sommes des ingrats policés.

L'éducation moderne polit les mœurs des filles et les use; elle les embellit et les rend dissimulées : et comme elle n'étouffe point la nature, mais la déprave seulement, elle devient un vice et ne fait que se cacher; de là les tristes inclinations qni pervertissent les mœurs et les mariages imprudents qui tourmentent les lois.

La France doit envier à un peuple voisin cet heureus tempérament (jui fait qu'on. s'y mésallie sans honte : rftais

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ce n'est point assez; il faudrait encore que ce fût avec honneur. Il est vrai que le llegme des hommes de ce climat, un farouche penchant à l'amour, une certaine hauteur qui leur fait brusquer les devoirs, sont, plus que la vertu, la raison de ces usages. Quel qu'en soit le principe, il est favorable à la liberté ; il venge la nature, comme la loi des Cretois ramène le naturel, en permettant l'insurrection et la licence.

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