‹ Œuvres complètes;Chapitre 68 sur 144 · CHAPITRE \IX De la Religion du Sacerdoce · texte numérisé non relu

CHAPITRE \IX De la Religion du Sacerdoce

Les anciens n'avaient point de lois religieuses, le culte était superstitieux ou politique. La Grèce n'a vu qu'un trait de fanatisme, encore était-ce une fourberie de Philippe, quand il mena ceux de Thèbes et de Thessalie contre les Phociens pour venger le prétendu mépris d'Apollon.

Les premiers Romains, les premiers Grecs, les premiers Egyptiens, furent chrétiens. Ils avaient des mœurs et de la charité : voilà le christianisme. Ce iju'on appela les chrétiens depuis Constantin ne furent la plupart que des sauvages ou des fous.

Le fanatisme est né de la domination des prêtres européens. Un peuple qui a dompté sa superstition a beaucoup

fait pour sa liberté; cependant il se doit bien garder daltérer la morale; elle est la loi fondamentale de la vertu.

La France n'a piiint démoli son Eglise, mais en a repoli les pierres. Elle a pris le pouls des passions publiques, et n'a ôté que ce qui tombait de soi-même. Les scrupules canoniques des évoques n'ont plus semblé et n'étaient vraiment que des sophismes, parce que les conventions avaient changé et qu'ils s'étayaient de formes au lieu de maximes.

On prescrivit un serment qui rendit civil le sacerdoce, mais on fit très bien de n'attacher au refus de le prêter d'autre peine que la perte du temporel ; par là le fanatique fut réduit à vivre de racines ou à trahir un cœur avare. Le ministère ecclésiastique fut électif; s'il eût été une faveur, ce (jui naissait de la flatterie eût étoulle la vérité.

Ainsi tomba cette terrible théocratie qui avait bu tant de sang. Ainsi Dieu et la vérité furent affranchis du joug de leurs prêtres.

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