CHAPITRE XX
Des *noii.ve(mtés du cull^chez les Français.
Quelle que «oitif<^énération que mérite de nous la piété de nos pères, queîle que soit la grandeur infinie de Dieu et le mérite de son Eglise, la terre appartient aux bras des hommes, et les prêtres aux lois du monde, dans l'esprit de la vérité. Cette vérité descend de Dieu éternel; elle est l'harmonie intelligente; elle ne peut être blessée que par ce qui est mauvais en lui-même, et non par ce qui est mauvais par rapport à une volonté antérieure.
Les lois de France n'ont changé ni l'ordre, ni la mission des prêtres, ni le culte, ni la morale; elles n'ont rien changé à l'harmonie intelligente possible, elles n'en ont changé que le modo qui concourt au même dessein.
Il en est de même de toutes les autres lois qui peuvent être abrogées quand il en résulte un bien, et quani, par la révolution des temps, elles ont cessé de concourir à l'ordre moral. Rien n'est sacré que ce qui est bon; ce qui a cessé
300 (HirVHI'S COMPLETES DE SAINT-JUST
de l'ôlre n'est plus sacré; la vérité seule est absolue.
Dieu donna de mauvaises lois aux Hébreux; ces lois étaient relatives, el notaient inviolables que tant que les Juifs seraient mauvais; elles devenaient un bien par rapport à des ingiats; elles auraient été un mal par rapport à des saints; toute voie qui conduit à l'ordre est pure; toute voie qui n'éloigne point do la sagesse est pure, et mène à Dieu.
Combien est humain le langage de ces pieux aveugles, qui cherchent Dieu hors de l'harmonie même, qui le rendent le principe d'un désordre absolu. Dieu ne confond point les temps ni les hommes; sa sagesse varie ses conseils, elle est imperturbable à travers des révolutions, el perce toujours.
L'assemblée nationale a refusé de déclarer la religion catholique celle de l'Etat, elle a bien fait; c'était une loi de fanatisme qui eut tout perdu; mais je prie qu'on examine avec quelle sagesse la loi s'est établie d'elle-même; la religion catholique embrasse seule le sacerdoce public etl'épisy-^copat; la loi «jui donne aux protestants la (jualité civile ! d'électeur, pour nommer aux dignités ecclésiastiques, confond sa croyance au lieu d'altérer la nôtre.