‹ OEuvres complètesChapitre 122 sur 655 · LÉNORE · texte numérisé non relu

LÉNORE

(Page 200.)

A la morte des jeunes années dont le départ consterna pour la première fois l’imagination de l’enfant et lui communiqua peut-être la prescience de teintes funèbres irrémédiables, on doit l’inspiration aussi de ce morceau tout d’égarement et de pleurs. Les anciennes versions présentent, en effet, le' nom d’Helen, au lieu de Lénore. « Le poëme subit ensuite de grands changements et des améliorations dans sa structure et l’expression, et le nom de Lénore y fut introduit, selon toute apparence, pour lui prêter » — comme au Corbeau plus tard — « son effet de sonorité. Quel que puisse être le sens caché dans cette étrange et funèbre antienne, on admirera toujours le chant triomphal de sa douleur et la sombre pompe des paroles*. »

* E. Poe et ses critiques , page 52.

LES POEMES D’EDGAR POE

ANNABEL LEE

(Page 201.)

«te dernier poëme de Poe (m’a écrit mon guide, JLj Mrs Whitman), est un poëme qui ne fut publié que deux mois après sa mort. » Par une coïncidence, ce sont les vers récités à haute voix, à la cérémonie de l’inauguration du tombeau : tout purs, brillants, aériens qu’ils soient.

Voyez dans cet état délicieux d’enfance, qui pare l’héroïne au nom chantant, le caractère distinctif de la femme de Poe, épousée à ses quinze ans, une jeune cousine, Virginie. Tout le monde s’accorde sur ce point : mais diffère dans l’explication des mots hcr highborn kinsrnen, ses parents d’un haut rang. Est-il question des anges qui envièrent à l’amant sa fiancée, hypothèse plausible; ou bien des membres d’une vieille et hautaine famille imaginaire, comme celle dont l’auteur se plait, en plusieurs de ses contes et dans le poëme de la Dormeuse notamment, à évoquer la poésie pompeuse nobiliaire ?

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