‹ OEuvres complètesChapitre 121 sur 655 · UN RÊVE DANS UN RÊVE · texte numérisé non relu

UN RÊVE DANS UN RÊVE

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A la fin de son livre sur Edgar Poe, abondant en faits et en inductions, M. William Gill résume mélancoliquement toute la vie du poëte dans une des stances, celle qui commence p^r :

« Je me tiens parmi la rumeur d’un rivage tourmenté par la vague. »

A QUELQU’UN au paradis

Quand on songea, au début de l’entreprise du Memorial, à choisir pour la tombe de Poe une épitaphe dans ses propres écrits, c’est à ce poème qu’Olivier Wendel Holmes, poëte américain célèbre, conseilla d’emprunter les vers emblématiques : « Ah ! jour trop brillant pour durer — ah ! espoir étoilé qui ne te levas - — que pour te voiler. » Longfellow propose dans une lettre publique, ceux, non moins appropriés, de la pièce Pour Annie : « La fièvre appelée Vie est vaincue enfin !... »; tandis que James Russel Lowell hésite entre la stance fatidique du Corbeau, par Baudelaire mise au début de sa préface ou celle du Palais hanté « et tout rayonnait de perles et de rubis », riche comme l’âme de Poe aux belles heures. On s’arrêta à l’emploi traditionnel de quelques lignes de prose : et ce fut le vétéran des lettres américaines, un contemporain de Poe, qui les fournit, le vieux poëte Bryant.

A quelqu'un au Paradis se trouve dans le Rendez-vous, sans titre, avec un mot changé au dernier vers : Quels courants italiens, au lieu de quels courants éthérès, et l’addition d’une stance, reliant tout le Poëme au Conte : la

LES POEMES D’EDGAR POE

voici « Hélas ! en ce temps maudit , ils P emportèrent sur la vague , loin de P amour, vers la vieillesse titrée et le crime , et un oreiller sacrilège — loin de moi et de notre climat brumeux , où pleure le saule d'argent. »

Tout indique et l’à-propos même de cet appendice fait pour détonner, que la poésie préexiste au récit; et, réintégrée parmi les Vers, l’auteur la débarrassa de la romanesque toilette d’emprunt.

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