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LA CITÉ EN LA MER

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L’habitude est de voir dans la Vallée de /’ Inquiétude et la Cité en la Mer des morceaux de début, date dont un recueil offert au lecteur français n’a que faire. Ces vers compteront toujours parmi les plus significatifs et les plus irrécusablement marqués du sceau de la maturité spirituelle. Une sorte de connexité secrète unit même les deux pièces, comme le reconnaîtra quiconque n’est point étranger à la dualité des vieux maux du rêve : ici, l’instabilité douloureuse, où le regard se dissémine et se perd dans une agitation vaine; là, les pesantes lourdeurs d’une atmosphère antique, immobile et irrespirable, comme l’oubli de siècles somnolents.

ROMANCES ET VERS D’ALBUM

Un sentiment de piété envers une œuvre que des fatalités ont tant restreinte, quoique d’une portée vaste et éternelle, nous invita à extraire des vers juvéniles mainte pièce mise au nombre des plus sublimes de Poe, ou dans le choix présenté; enfin à n’omettre absolument du reliquat propre à ravir en plus d’un cas encore les passionnés de poésie, que quelques courts poèmes dénués, à travers la traduction, d’intérêt.

Ainsi les vers groupés ici appartiennent pour la plupart à ce recueil des Poèmes de jeunesse pour lequel Poe se montra sévère, écrivant : « Des raisons toutes privées

LES POEMES D’EDGAR POE

quelques-unes ayant trait au péché de plagiat, et d’autres à la date des premiers Poèmes de Tennyson, m’ont induit, après certaine méditation, à republier ces compositions grossières de ma toute première adolescence. Elles sont imprimées Verbatim , sans un changement fait à l’édition originale, dont la date est trop lointaine pour être à bon droit signalée. » Reconnaissons là un peu de cette exagération ironique qui porta l’auteur, après une lecture faite sans grand succès du poème d 'Al-Aaraf, à déclarer à l’auditoire qu’il avait écrit cette œuvre à l’âge de neuf ans. Quelqu’exceptionnelle que fût la précocité d’un génie créé pour disparaître à l’âge où les hommes jouissent de l’éclat conquis, cet Al-Aaraf que nous ne donnons, et un Tamerlane aussi de longue haleine, n’ont rien positivement de commun avec la glorieuse esthétique future de Poe, mais l’imitation de Byron et de Shelley y faussent une habileté exercée déjà, mieux que d’un écolier.

Pas plus que ces poèmes narratifs, il n’appartient de donner, dans un recueil strictement lyrique, le seul fragment de poésie dramatique qu’ait laissé Poe, les quelques scènes, très bien envisagées par Ingram, du drame de Politien.

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