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III. — Patron découpé de grandeur naturelle

Ce Numéro-Spécimen ne peut contenir de patron découpé, les toilettes d’été données par nos lithographies à l’aqua-

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relie variant avec chaque exemplaire. Toutefois, avec la lithographie à l’aquarelle spéciale, servie aux abonnées le dimanche 6 septembre, paraîtra un patron découpé : tous deux ayant leur explication sur la Couverture du jour.

CHRONIQUE DE PARIS

Théâtres, Livres, Beaux-Arts;

Échos des Salons et de la Plage.

Chronique : mais sans passé? car nous arrivons avec notre seul avenir, inconnu. Le numéro préliminaire de la Dernière Mode a pour objet principal de rester sous les yeux du public presque de juillet à septembre; et, avec Paris, tout un mois, n’est-ce pas une période plus vague et moins définie que ne l’est, elle-même, l’éternité ? Profitons de cette phase d’existence très-peu actuelle, par nous traversée aujourd’hui, pour prendre un ton général, qui ne messied pas au début de nos Causeries. Ce que veut chacun de ces brefs entretiens, sa place, dans le journal, l’indique assez bien, choisie entre le Courrier de la Mode et notre partie littéraire : parler, certes, des œuvres de l’esprit, mais toujours selon le goût du jour. Voici un recueil nouveau de Poésie où se rencontre le Poème publié par notre livraison; ou un choix de Nouvelles dont le Conte de quinzaine vous donne la primeur : ces produits de la dernière heure (et d’autres encore) sont-ils à la Mode ou doivent-ils l’être ? Critique, apparemment, frivole ? non, car elle part de ce point absolu que toutes les femmes aiment les vers autant que les parfums ou les bijoux ou encore les personnages d’un récit à l’égal d’elles-mêmes. Leur plaire donc ou mériter cela : je ne sais pas d’ambition, changée en triomphe si l’on réussit, qui aille mieux à un ouvrage en prose ou en vers. On va répétant, non sans vérité, qu’il n’y a plus de lecteurs; je crois bien, ce sont des lectrices. Seule, une dame, dans son isolement de la Politique et des soins moroses, a le loisir nécessaire pour que s’en dégage, sa toilette achevée, un besoin de se parer aussi l’âme. Que tel volume demeure huit jours entr’ouvert, comme un flacon, sur les soieries, ornées de chimères, des coussins; et que cet autre passe de ce lieu d’épreuve sur les laques d’un cabinet stable, non loin des écrins fermés jusqu’à la prochaine fête : voilà notre façon très simple de juger. Y ajouter le : pourquoi ? si l’on veut, mais d’un mot; de ce mot difficile à trouver qui, avec le titre d’un tome, s’inscrit à jamais dans notre mémoire, bref et complet. Parfois un sourire, accompagnant l’offre d’un volume par un ami, remplace tous commentaires de sa part, tacite : et les grandes amitiés inoubliables de la vie naissent

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ordinairement de ce fait. Je serai, ignoré, cet ami qui prête des livres. Quand le nombre s’en accroîtra au point que les quelques lignes employées à les nommer imiteront le catalogue d’une bibliothèque, tant pis ou tant mieux ! Le cas se rencontrera fréquemment : car la surprise, magnifique et charmante, que je garde à qui m’écoutera même distraitement, c’est de montrer que nulle époque, autant que la nôtre, ne produit d’œuvres faites pour être lues dans les heures de silence; désintéressées, ce qui, pour l’élite, veut dire intéressantes.

Tâche aimable : mais en ce qui concerne, par exemple, les Spectacles, plus grave. Un livre est tôt fermé, fastidieux, et on laisse le regard se délasser dans ce nuage d’impressions qu’à volonté dégage, comme les anciens dieux, la personne moderne pour l’interposer entre les aventures banales et soi. Quelle inévitable traîtrise, au contraire, dans le fait d’une soirée de notre existence perdue en cet antre du carton et de la toile peinte, ou du génie : un Théâtre! si rien ne vaut que nous y prenions intérêt. Pas de nues dont l’on puisse s’environner, sous la lumière réelle du gaz, autres que la robe de tissus vaporeux, froissés dans l’impatience. Vaines, splendides, incompréhensibles, de vivantes marionnettes devant nous proclament à haute voix leur sottise, sur un fond d’ennui intense et exaspéré; et qui fait d’elles comme les acteurs d’un cauchemar spécial, très-rare, heureusement. Rien, le Décor, paysage du nord ou du midi, intérieur de palais grandiose, prendra toujours quelque chose de notre attention, par cela seul qu’il évoque ces sites; et nous nous amuserons d’habits anciens ou étrangers, contemporains même des nôtres et transfigurés! Oui, ceci donné, que l’art dramatique de notre Temps, vaste, sublime, presque religieux, est à trouver (et que rien ne nous autorise, dans ces causeries prolongées pendant une demi-heure à en formuler l’idéal), il reste à montrer du doigt, simplement, les Directeurs, à la porte de qui se forme la queue où stationnent les rangs nombreux de voitures. Ce geste, nous aurons à le faire, à tout moment de l’année, car, si la curiosité pure ne chôme jamais, Paris, vraiment, dont le monde entier copie les tréteaux ! a toujours de quoi la tenir en éveil. Aux Feuilletons traditionnels des lundis ou des lendemains de répétitions générales, envoyés, sous la bande des grands journaux politiques, dans chaque intérieur bien longtemps avant qu’on ne nous reçoive, laissons (pour ne faire avec personne double emploi), la fonction de classer ou d’analyser la pièce, de la juger, de la définir avec compétence. Toute notre esthétique tient dans ces paroles : Y a-t-il, en telle salle, lieu à s’amuser ? et : Ici l’on rit; on pleure là, ou : La vraie représentation est, dans cette nuit de gala, non ce

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qu’éclaire la rampe, niais le lustre; ou bien (selon l’ordre) se passe sur la scène et pas dans les loges. Une ou deux fois par an, cependant, la brochure, qui contient la pièce imprimée, peut nous passionner comme tout le inonde : alors nous discuterons même.

Solennités tout intimes, l’une : de placer le couteau d’ivoire dans l’ombre que font deux pages jointes d’un volume : l’autre, luxueuse, hère et si spécialement parisienne : une Première dans n’importe quel endroit. N’y a-t-il pas d’autres dates que cela ? L’ouverture de l’Exposition d’ouvrages des Artistes vivants montre une cérémonie qui n’est point inférieure, aux yeux du monde intelligent; et, autant que le Salon, ces Ventes de Bibelots et ces Exhibitions de l’Œuvre particulière d’un Maître, désignées, maintenant, à la sanguine ou simplement de l’ongle sur le calendrier de la fashion. Nous apparaîtrons partout, le même : attentif à la somme de plaisir que peut, de ces usages nouveaux, tirer une personne contemporaine. Exemples : « Ce genre, en Peinture, semble fait pour la décoration des panneaux ou du ciel de nos appartements. A tel talent, seul capable de doter un visage de son caractère exclusivement moderne, demandons nos portraits. Qui veut rêver et ne le peut ? Voici, crépuscule ou feuillage, de revoirs : coins de solitude à faire oublier les massifs véritables de beaux jardins où se montrerait une statue, admirée, cet été, aux Champs-Elysées dans le parterre de la Sculpture. Intéresser aux habitudes du beau ordinaire, c’est un peu notre objet; mais encore plus l’utilisation directe à de délicates jouissances de toute visée manifestée par un artiste. »

« Livres, théâtre et simulacres obtenus avec la couleur ou les marbres : l’Art, toujours, mais la vie, immédiate, chère et multiple, la nôtre avec ses riens sérieux, n’en sera-t-il, dans votre discours, pas question ? » Qu’importe, Madame, que, dans le salon témoin de votre triomphe, le trumeau traditionnel, pour attributs sculptés, revendique un masque tragique ou bouffon, accompagné d’une flûte mêlée à des pinceaux, tandis que s’en déroule à demi un manuscrit : si tout ce vieux style français (encore de mode!) orne simplement le cadre d’une glace, où vous vous reconnaissiez. Vous et d’autres y jetant les yeux, quand le rythme des danses d’hiver vous ramène à votre tour devant ce miroir impartial, toutes vous chercherez la reine de la fête par un regard, qui ira droit à votre image; car, de fait, quelle femme, étant toujours cette reine pour quelqu’un, ne l’est pas un peu pour elle-même ? Mille secrets (histoire volage d’une soirée) se détachant du brouhaha fashionable, trouveront ici, avant de se confondre dans l’éclat de l’orchestre, un écho; listes de danseurs perdues avec les fleurs effeuillées,

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programme du concert ou carte des dîneurs, composent, certes, une littérature particulière, ayant en soi l’immortalité d’une semaine ou de deux. Rien n’est à négliger de l’existence d’une époque : tout y appartient à tous. Un sourire ! mais il circule déjà, à peine formé, dans les salles aux lourdes portières, attendu, détesté, béni, remercié, jalousé; extasiant, crispant ou apaisant les âmes ; et c’est en vain que l’éventail, qui crut d’abord le cacher, éperdu maintenant, tente de le ressaisir ou de dissiper son vol. Pardon! cet épanouissement de vos deux lèvres, j’en noterai la grâce, à laquelle d’autres lèvres, suivant tout bas cette lecture, déjà s’essaient. Ainsi les choses, et justement : le monde n’a-t-il pas comme un droit de reprise sur la manifestation la plus profonde de nos instincts ? il la provoque, il l’affine. Tout s’apprend sur le vif, même la beauté, et le port de tête, on le tient de quelqu’un, c’est-à-dire de chacun, comme le port d’une robe. Fuir ce monde? on en est ; pour la nature ? comme on la traverse à toute vapeur, dans sa réalité extérieure, avec ses paysages, ses lieues, pour arriver autre part : moderne image de son insuffisance pour nous! Oui, si les plaisirs connus sous les lambris ayant cédé leur saison à des jeux du grand air : courses au bois et régates sur le fleuve, vous quittez encore et le bois et le fleuve, avides de reposer tout à fait vos yeux dans l’oubli causé par un horizon vaste et nu; n’est-ce pas, certes, pour trouver une nouveauté de regard habile à goûter le paradoxe de toilettes ingénues et savantes, que l’Océan, au bas, brode de son écume ? Sans le moindre remords, apparu dans cette saison de vacance comme à son heure exacte d’apparaître, ce Journal s’interpose entre votre songerie et le double azur maritime et céleste : le temps de le feuilleter, et probablement de n’y point lire la Présentation de Votre Serviteur.

LE CARNET D'OR

Premier feuillet.

Menu d’un déjeuner au bord de la mer

Pas de grosses pièces de pêche : elles viennent de Paris. Pas de légumes indiqués de façon précise, ce menu devant servir de Boulogne à Arcachon.

Huîtres, Canapé d’anchois. — Filets de sole à la Saint- Malo. — Côtelettes de mouton Maintenon. — Suprême de homard au beurre de Montpellier. — Poulet à la Duroc. — Sorbet au porto. — Dindonneaux nouveaux. — Hirondelles de mer. — Salades. — Coquillages de mer en buis-

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son. — Légumes du pays. — Glace pralinée aux amandes fraîches. — Dessert. — Vins : Vin de Saint-Bris, Vins de Nuits, Leoville, Haut-Brion.

Le Chef de bouche chez Brébant.

Deuxième feuillet.

Une Corbeille de Jardin au mois d’aout

Une corbeille d’Août! désir dont l’exécution paraît difficile. Le soleil, qui a fait fleurir le jardin, l’a fané. Que faire ? Ceci : simplement profiter de la couleur même et des défauts de la saison pour en revêtir les parterres. Idée, très-juste, et très-exacte, qui n’était venue à personne avant d’être mise en pratique par le Jardinier de la Ville de Paris. Une vraie corbeille de plein été sera celle qui tirera de la nature même, de ses plantes, l’aspect poudreux, vaincu et pâli par la chaleur, que doit avoir toute chose à cet instant.

Tel, ce que révèle la première plate-bande à droite, à qui entre au Parc par l’Avenue de la Reine-Hortense.

La lassitude entière de l’heure est exprimée par la Centaurea Candidissima, feuillage pâle et mat, presque blanchi de poussière, et négligemment le même sur ses deux faces chiffonnées. Tout l’effet de la corbeille se passe entre cette plante et une autre : l’Obelia erineus, qui, sèche et délicate, elle, avec ses fleurettes d’un bleu dur, va, par des interstices, de la bordure ovale se perdre vers le sommet du tertre. Ton principal : terne; le raviver maintenant. Quelques taches, brusquement et simplement rouges et de feu, sont nécessaires : voici le Pélargonium Diogène (rouge), dont les cinq pétales, consumées et un peu défaites (sic), font aussi place à la feuille décorative du Coleus Beauté de Vilemore, vineuse et verte et comme atteinte déjà par l’automne.

Tout cela, jeté sans un dessin précis, rencontre une harmonie qui se fait toute seule et brave, habilement parée de leur teinte même, les midis et les après-midis d’août. Le grand soleil de Touraine ou de Provence, sous quel ciel français qu’on se plaise à reproduire ce motif d’horticulture, lui sied : près d’une balustrade de pierre sèche ou d’un perron, au milieu d’un gazon anglais, si l’on veut une opposition avec la fraîcheur.

Quatre plantes presque ordinaires (car la plate-bande atteint, selon la grandeur, le prix d’un louis ou de deux) : et un aspect bizarre et nouveau dans nos jardins; entrevu déjà chez les Anglais, sans que toutefois l’impression en ait encore été, je crois, comme ici, expliquée.

(Parc Monceau.)

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