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GAZETTE ET PROGRAMME DE LA QUINZAINE

Distractions ou solennités du monde

Août 1874.

Quelques notes seulement, cursives; un mois, plus encore même, tient dans la page accordée d’ordinaire à quelques jours; c’est Programme et Gazette de la Saison qu’il faudrait, cette fois, dire!

Paris ouvre ses portes sur tous les horizons, et sort : l’étranger et la province profitent de cette ouverture de portes pour venir, par troupes, admirer quelques vestiges de la splendeur parisienne, luttant avec le soleil d’août.

Tel est l'instant, et notre tâche est simple.

Pas d’informations mondaines, tourner les yeux vers les Théâtres et les Gares. Le Drame, la Féerie et la Farce : puis les Stations Maritimes seulement (car fût-on un buveur très-vague, aucune hésitation n’a lieu sur le choix d’une Ville d’Eau, tandis que la mer est partout la mer).

Deux mots auparavant :

LES LIBRAIRIES ET L’HOTEL DES VENTES Les Expositions

Plus que jamais, c’est le moment de lire : en wagon, dans le hamac du jardin, sur les chaises des plages. Les volumes nouveaux sont relativement rares; mais le livre de l’hiver se reprend l’été. Deux libraires, toutefois, qui suivent et qui précèdent le mouvement littéraire contemporain, ont mis ou mettront en vente, cette saison les volumes suivants.

Bibliothèque Alphonse Lemerre (ouvrages parus) : trois romans, les Femmes d’ Artistes (1 vol.), par Alphonse Daudet; Une ressemblance (1 vol.), par Louis Gualdo; Une vieille Maîtresse (1 vol.), de Barbey d’Aurevilly. — Voyages : Un été dans le Sahara (1 vol.) et Une année dans le Sahel (1 vol.), du peintre Fromentin. — Poésie (la « spécialité » de la Maison) : le Livre des Sonnets (1 vol.), la Révolte des Fleurs (1 vol.) et la France (1 vol.), par Sully Prudhomme; A mi-côte (1 vol.), par Léon Valade et le Harem (1 vol.), par Ernest d’Hervilly; enfin, le Sang de la Coupe (1 vol.), de Théodore de Banville.

Ouvrages à paraître : le Cahier Rouge, poésies, Une idylle pendant le siège, roman, par François Coppée; Qiiatre octaves de sonnets, par Claudius Popelin.

Bibliothèque Charpentier (ouvrages parus) : La conquête de Plassans (1 vol.), Contes pour les grandes personnes (1 vol.), par nos deux collaborateurs, MM. Zola et d’Hervilly.

PROSES DIVERSES

Attendons, pour parler des publications faites par la maison Hachette, la rentrée des esprits studieux à Paris : les Guides Joanne sont encore dans toutes les mains.

A V Hôtel des Ventes, rien ou presque rien : et, par ce temps, supportable à peine malgré l’arrosage, la poussière qui s’accumulerait sur les bibelots anciens, ne serait pas celle des siècles. Toute la curiosité rétrospective se porte sur l’Exposition des Tableaux et des Objets d’art, au profit de la Société de protection des Alsaciens-Lorrains, renouvelée et prolongée de deux mois.

LES THÉÂTRES ET LES GARES I. — A Paris

Si l’on omet les théâtres qui, de toute tradition, ne ferment pas et continuent, les vacances, à jouer leur répertoire, comme le Théâtre-Français ( Polyeucte : MUe Favart et M. Dupont-Vernon, puis aire , avec Sarah-Bernard (sic), l’Opéra (première représentation de Y Esclavage, de Membrée); l’Opéra-Comique (le Pardon de Ploërmel alternant, prochainement, avec Mireille : Mme Carvalho, Ismaël), il y a, d’abord, à signaler aux voyageurs les rares spectacles, somptueux ou émouvants, qui se prolongent, en leur honneur, tout juillet et tout août.

A la Gaîté, l’opéra-bouffe-féerie, Orphée aux Enfers, pour lequel le maestro a créé, à l’intention des nouveaux venus, un acte de mer qui, musique et décors, sera merveilleux; plus de danses de mouches, mais un ballet ? de poissons;

A la Porte-Saint-Martin, la féerie-ballet le Pied de Mouton , a fait mousseline, soie, et peau neuves, avec les costumes dessinés par Grévin, selon l’année 1874;

Au Châtelet, les Deux Orphelines verront couler encore bien des larmes russes, anglaises, italiennes, asiatiques ou américaines ;

Au Gymnase, la Chute, avec duel de toilettes délicieuses entre Mmes Fromentin et Angelo;

Au Palais-Royal qu’habite le rire, mille admirables plaisanteries propres à l’y faire naître : d’abord la Sensitive;

A Cluny, l'Enfant, qui inaugure les succès de la nouvelle Direction;

A Belleville enfin (l’un des premier théâtres de Paris ce jour-là), Frédérick Lemaître paraîtra dans le Crime de Faverne et le Portier du n° i5.

'Jfi

L’Odéon, le Vaudeville, les Variétés, les Bouffes, la Renaissance, les Folies-Dramatiques, le Château-d’Eau, les

PROSES DIVERSES

Folies-Marigny ont, depuis un plus ou moins grand nombre de soirées, affiché leur clôture annuelle; et nous annonçons, à quiconque jouit de villégiatures, que ces salles rouvriront :

L’Odéon, au Ier septembre, avec la continuation du succès de la Jeunesse de Louis XIV ;

Le Vaudeville, au Ier septembre;

Les Variétés, au Ier août, avec la Vie Parisienne;

Les Bouffes, au Ier septembre, avec la Jolie Parfumeuse (Théo, Grivot, Daubray, Bonnet) ;

La Renaissance, du Ier au 15 septembre, avec la Famille Trouillat, opérette en trois actes, de MM. LIector Crémieux et Ernest Blum. Créateurs des principaux rôles : Thérésa et Paulin Ménier;

Les Folies-Dramatiques, au 15 août, avec la Belle-Bourbonnaise et le Nouvel Achille, sauf reprise de la Fille de Madame Angot, pour l’ambassade birmane, celle du Maroc et l’excursion en France de deux cents Lapons. Toutefois, on nous promet, presque tout de suite, la Fiancée du roi de Garbe, musique de Litolf (acteurs : Mllc... de Bogdani, revenue des Italiens, et deux autres débutants).

D’autres lieux de distraction et de plaisir ou de jour ou de nuit sont, après le Jardin d’Acclimatation (animaux, les deux petits orangs-outans et la paire de girafes, notamment, puis fleurs, orchestre), le Concert des Champs-Elysées, avec Cressonnois : des virtuoses, sous la direction de ce musicien;

Le Cirque d’Été. M. Franconi s’apprête à y exhiber, lui aussi, ce truc merveilleux : la Malle des Indes, d’où sortira (agréable perfectionnement) une de ses plus jolies pensionnaires; maintenant le début d’extraordinaires patineurs, Goodrich et Curtis, un délassement de saison;

Le Théâtre-Miniature, réouverture au 15 août, par les représentations pour les lauréats, un premier prix valant une entrée : le Vainqueur de Jemmapes. Spectacle de petits garçons et même de petites filles, une grande pièce militaire remplaçant de grandes féeries. Acteurs : MM. Tel et Tel, faits d’étoffes et de bois. Surprises et surprises ! l’arrivée ordinaire de Polichinelle, décernant lui-même des bonbons et des avis à l’auditoire; et, pour les vacances, l’exhibition du tour à la mode, faite devant les enfants, la Malle des Indes, toujours.

Une bonbonnière, la Salle des Familles, mais on mange moins de sucres d’orge qu’au théâtre précédent, dont les spectateurs reviennent ici, sérieux et grandis. De véritables premières représentations interrompent la représentation de chefs-d’œuvre, tels que les Fourberies de Périne, de Théodore

de Banville, et plusieurs proverbes de Musset : répertoire brillant et même honnête.

Pour les Bals de Paris et des environs et les Cafés-Concerts éclairés par le gaz et les étoiles, consulter les guides polyglottes qui ne manquent point à ce devoir d’y mener les jeunes étrangers.

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