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II. — Accessoires

Lithographie à l'Aquarelle (hors-texte). — Toilette de la fin de septembre en 1874.

Patron découpé de grandeur naturelle. — Un patron de la toilette de la fin de septembre en 1874 peut être mis à la disposition des lectrices (voir la Correspondance avec les Abonnées) .

Gravures noires placées dans le texte. — Première page : Costume grenat et costume gris de fer.

Pages du milieu : jeunes filles de quinze à seize ans : une toilette velours et cachemire et un waterproof gris ou bleu.

La 3e Livraison (ier dimanche d’octobre) contiendra un patron de grandeur naturelle.

LA MODE

Indiscrétion. — Le chapeau Berger et le chapeau Valois; un troisième chapeau de cet automne. — Cottes

DE MAILLES ET CUIRASSES POUR 1874 ET PEUT-ÊTRE 1875, AVEC LA JUPE DE LA SAISON. — ÉLOGES PAR NOUS DÉCERNÉS A NOUS-MÊMES ET QUELQUES REDITES.

Paris, le 20 septembre 1S/4.

Que de jolies choses entrevues cette quinzaine : je dis entrevues, car on n’est qu’aux préparatifs pour l’automne mais tout n’étant pas encore terminé, les grands créateurs de la Mode ne laissent point voir ces ébauches. Quant à moi, c’est, je l’avoue, grâce à une indiscrétion flagrante que je vais donner tout à l’heure à mes lectrices quelques renseignements précis.

Ce qui doit être le plus soigné,. certes, dans une toilette de femme, c’est la bottine, et c’est les gants : puis vient le chapeau, dont le seul devoir est toujours d’être charmant. Vérités que je n’ai plus à prouver : petit pied et main fine, la main eût-elle, autrefois, cueilli des raisins, le pied les eût-il foulés à l’heure maintenant revenue de la vendange, sont les indices certains de race. Mais, des extrémités de duchesse mal chaussées et mal gantées ne pourront, ce pied, se cambrer ni montrer la noblesse de ses attaches; non plus que cette main même se faire voir nue. La bottine est, de toutes les chaussures, celle qui fait davantage le pied; et voici que l’étoffe, variée à l’infini par les toilettes de la plage, va le céder au cuir. Pas de souliers que ceux des bals futurs : on marche en bottines, on danse en souliers. Pourquoi tout ceci, sinon que (la lingerie exceptée dont la mode varie d’une façon plus générale que selon la saison), nous voulons, à cette heure de renouvellement, habiller, tout entière, notre lectrice. Je dis que le chapeau a pour

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toute règle celle-ci, aller à ravir : prescription vague, mais point difficile, maintenant que les Modes sont si jolies : et du reste, toute la science que possède seule la bonne faiseuse n’est-ce point de mêler légèrement les fleurs, les plumes et les dentelles, cet hiver plus que jamais, puisqu’on portera ce mélange. Mes visites à plusieurs des premières maisons de modes, cette quinzaine (car il est vraiment, dans ce Paris admirable, bien des maisons qui, chacune, peuvent prétendre à être la première, et toutes le sont), font que je crois être à même de vous assurer. Mesdames, que le chapeau Berger et le chapeau Valois, se partageront la vogue. Tous deux sont très-seyants; mais mes sympathies, à moi, sont pour le chapeau Berger, lequel se pose tout à fait au sommet du chignon, laissant voir la coiffure entière. Le dessus est garni d’une torsade de velours et de quelques plumes, tandis qu’une guirlande de fleurs fait le dessous. Je décris également que le chapeau Valois, ayant la visière derrière au lieu de l’avoir devant, on le couvre de velours ou d’une broderie de jais, un bouquet de fleurs avec traîne et apprêt de dentelle se place derrière sur la calotte, alors que devant un très-beau feuillage forme bourrelet et tombe sur les cheveux. Pour parler de façon générale, beaucoup de jais ainsi que d’acier bleui doit orner les chapeaux : j’ai vu des plumes de coq avec paillettes de jais ou d’acier bleui et des feuillages entiers de l’un et de l’autre, enfin des ailes de fantaisie mi-plume et mi-jais et des broderies splendides sur tulle, ces dernières d’un prix relativement très-élevé. Quantité de jolies soies pour garnitures, une entre autres dont j’ignore encore le nom (peut-être attend-elle qu’une de mes lectrices le lui donne), et qui est lustrée d’un côté, faille de l’autre. J’ajouterai à nos deux chapeaux de l’automne, le Berger, le Valois, un très-joli modèle à calotte ronde et à bord immense, que ce bord reste rond lui-même ou se relève d’un seul côté : cela en feutre et le bord, s’il reste rond, garni par dessous, d’une guirlande de fleurs; ou d’une torsade d’étoffe fixée par une aile dans un nœud de velours, s’il se relève d’un seul côté.

Du chapeau je passe au costume, pour avoir la toilette. Le grand succès de la saison sera pour la tunique jais acier ou acier bleui. Ce vêtement véritable cotte de mailles féminine, se fait au tricot, en soie noire, grise ou bleue, travaillée avec des perles. Tricot élastique moulant parfaitement le buste, que continue la tunique : un peu longue devant et très-courte derrière, faite d’une seule pièce avec le corsage, pas du tout relevée et se terminant par une frange de soie à bouts noués avec perles appareillées aux autres. Pas de ceinture et pas de manches, cette cuirasse se portant sur une robe de faille ou de poult de soie. Rien de plus

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neuf, rien de plus heureux : quoique, à vrai dire, il y ait, pour nous, quelques raisons de ne pas prodiguer, dans le cas présent, l’une et l’autre de ces épithètes, nos abonnées de vieille date, pouvant, certes, se rappeler que d’abord le Corsage, cuirassé, à proprement parler, a été déjà inauguré il y a un an, et, enfin l’a été précisément par une des aquarelles de la Dernière Mode. Mais ce n’est point pour constater ceci, non plus que faire parade d’une fausse modestie que nous avons ajouté à notre image un texte : passons outre, d’autant mieux que devancer la mode de plusieurs saisons peut être considéré par quelques-uns comme une infraction à notre véritable devoir, qui est de la faire au jour le jour. Jetons les yeux sur le présent et, au lieu de prévoir, regardons : par exemple, la garniture dominante pour robe, qui sera la plume; rien de joli et de chatoyant à l’œil, n’est-ce pas? comme cet ornement, que la barbe en soit frisée, qu’elle soit luisante et lisse. Nous n’encourons pas, maintenant, comme tout à l’heure, le reproche d’avoir vu les choses trop tôt puisque la plume, nous ne l’avons donnée, coup sur coup et dans presque chacune de nos toilettes peintes et décrites, que cet été même, c’est-à-dire, trois mois, deux mois, un mois, avant que cette parure ne semble se généraliser absolument (et encore 11’est-elle générale que parmi nos très-rares élégantes ou dans les ateliers, à qui appartient l’honneur de décider, pour une saison, de la Mode). Y a-t-il, avant de terminer, nécessité d’ajouter (et je le fais seulement pour effacer un peu l’impression de quelques mots personnels échappés à ma Causerie), que la passementerie miroitante en perles aura encore plus de vogue cette année que l’an dernier; puisqu’on va revêtir, par le fait de ce qui a été dit plus haut, l’enveloppe d’une guerrière ou d’une déité marine. Toutefois, la mode ne se répète pas et, si une pareille ornementation, nette, dure et déjà connue, va alterner avec la plume floue, molle et toute nouvelle, insistons, certes, sur un point, c’est que, les costumes donnés, il reste véritablement si peu de soie à découvert, que cette garniture presque ancienne nécessite la trouvaille de dessins et d’un mode tout autres de l’appliquer. Que reste-t-il à dire pour ne pas éviter tout à fait les redites? ceci, que la tunique-écharpe est toujours très-collante, le pouff très bas, la taille très-longue; mais ces deux derniers détails, terminant la causerie du commencement de ce mois, appartiennent maintenant à la rue, où l’œil du passant les vérifie à tout moment.

Marguerite de Ponty.

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Explication de la Lithographie à l'Aquarelle du jour ( hors-texte ) et du patron découpé de grandeur naturelle ainsi que des gravures noires placées dans le texte.

E ■ — - Lithographie a l’Aquarelle

Toilette de la fin de septembre en 1874. Première jupe en faille grenat, ornée sur la traîne, dans le bas, de trois petits volants à gros plis avec têtes liserées en satin de chaque côté : le quatrième volant, beaucoup plus haut, se fronce et soutient lui-même un très-petit volant de biais. Le tablier est formé par un volant à un seul très-gros triple pli; et la quille, de chaque côté du tablier, par des petites fronces et trois plis en longueur, trois fois répétés : au-dessus du tout, une très-grosse chicorée. Polonaise en cachemire de même nuance, relevée excessivement en arrière, par une cordelière avec ornement en passementerie : elle semble se boutonner tout du long par des cordelières avec plaques et glands en passementerie. Manches à parement ou volant en faille, monté avec un triple pli et fixé, au milieu, par une bandelette de faille. Le dos lacé.

IL — Gravures noires du texte Première page.

1. — Costume grenat. Première jupe, garnie de quatre volants froncés, au bas desquels est posé un petit plissé de teinte plus claire, ayant dix centimètres de hauteur. Seconde jupe, taillée par devant en tablier carré et venant rejoindre, par derrière, une écharpe nouée, avec coques et longs pans garnis de plissés. Casaque Louis XV, sans manches, garnie tout autour, sur les épaules et autour du cou, d’un plissé plus clair. Chapeau Valois.

2. — Costume gris fer. Le devant de la jupe est plissé dans toute sa hauteur; le derrière est garni de deux grands volants à plis creux, liserés de pareil : deux gros nœuds avec pans réunissent au devant ces volants. Un léger pouf est pris dans le retroussis de la jupe. — Confection d’automne en sicilienne noire brodée de perles d’acier : cintrée par derrière avec basque très-courte, tandis que les pans sont très-longs par devant, cette confection a, tout autour, pour ornement, une ruche de soie noire découpée. Manches avec revers mousquetaire. Chapeau Berger.

Pages du milieu.

1. — Jeune fille de quinze à seize ans : toilette. Jupon de velours noir, tunique de cachemire bleu de ciel garnie, tout autour, d’un large biais de velours noir. Le corsage, à basque, est ouvert carrément sur une chemisette à plis suisses et garni de petits velours noirs, ainsi que les manches :

il se ferme derrière, au moyen d'un lacet de soie. Flot de ruban de velours tombant sur le dos.

2. — Jeune fille de quinze à seize ans : vêtement waterproof bleu ou gris, doublé, sur le devant seulement, d’une étoffe rayée, assortie à la nuance du vêtement. Deux gros plis dans le dos, soutenus par une patte avec deux boutons; sur le côté, jolie poche, double rangée de boutons devant, et col avec revers, doublé de l’étoffe rayée. Le bas du vêtement forme revers, avec un bouton et une boutonnière mobile, en cas de pluie. — L’ancien modèle, avec pèlerine seulement devant et capuchon derrière, se porte toujours beaucoup, recherché à cause de son ampleur.

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