IL — LES GARES
Tels sont nos plaisirs ressuscités : sauf dans les jeux de la vénerie et l’hospitalité châtelaine, il n’est plus de citadins rebelles à tout projet de retour. Voyager! mot prestigieux hier encore, et dont aujourd’hui on semble chercher la signification lointaine et perdue.
Que d’exceptions toutefois!
A la fin d’octobre, dans la Normandie qui appartient à la ligne de l’Ouest ainsi que la Bretagne, dans les Ardennes, à celle de l’Est, on chasse à tir et l’on va chasser à courre, non moins qu’en toute cette splendide campagne qui longe la Loire et contient Valençay et une partie du territoire de la Sologne et du Cher, parcours de la ligne d’Orléans. La Touraine, même ligne ainsi que la riche région Bordelaise, la Bourgogne, ligne de Lyon, gardent leurs grands propriétaires et attirent en de beaux domaines les séries d’invités, mal acclimatés encore à la ville et à son nouvel hiver. Voilà, avec les excursions des rêveurs incorrigibles vers l’automne des environs de Paris, Fontainebleau (Lyon aller et retour), Compiègne (Nord) ou Versailles et Saint- Germain (Ouest), les dernières sorties, avant les voyages définitifs de la saison froide. Notons les Courses du 22 et du 25 à Chantilly et Lamarche (Ouest) et les Régates du 25, à Argenteuil, si émouvantes l’autre fois; enfin le pèlerinage traditionnel au tombeau de Saint-Denis (Nord) ; pour ne pas nous écarter à plus de quelques heures de Paris, vivant et brillant.
Note importante : le Service d’Hiver va commencer sur presque toutes les lignes.
Adieu les excursions et les voyages dont nous n’avons, malheureusement, plus même à citer les derniers : à mesure que les lignes de chemin de fer nous feront part de leur cessation officielle, va commencer à paraître ici le nom de l’une ou l’autre des Stations d’Automne et d’Hiver.
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CORRESPONDANCE AVEC LES ABONNÉES
18 octobre 1874.
A toutes nos Abonnées. — Notre Journal est une publication de luxe : et, selon l’usage adopté aujourd’hui par les amateurs, chaque livraison doit, après le semestre ou l’année, se relier avec la couverture. Ayant, au recto, le merveilleux frontispice de Morin et sur le verso, le sommaire et les légendes des Toilettes, celle-ci devient inséparable du reste; nous engageons, antérieurement aux quelques observations présentées au moment de l’envoi des Tables de matières, toutes nos Abonnées à la garder fraîche dès maintenant; quant au pliage des Livraisons expédiées en province et à l’étranger, il disparaît à la reliure.
Mme la Marquise de C..., à Bruxelles : Je ne connais pas l’eau dont vous parlez, chère Madame; elle peut être très-bonne pour empêcher la chute des cheveux, mais je lui préfère celle qui m’a été recommandée par le Dr Gendrin, car vous pouvez la faire vous-même. Prenez une bouteille dans laquelle vous mettez simplement cinquante grammes de goudron liquide : la remplir d’eau ordinaire et vous aurez une lotion fortifiante pour la chevelure. Un mot encore! ayez bien soin d’employer l’eau sans qu’il y reste une parcelle de goudron, matière collante et qu’il serait très-difficile d’enlever des cheveux une fois mêlée à ceux-ci. — Mme la Duchesse de C..., à Madrid : Nous sommes confus, Madame la Duchesse, des compliments que vous nous faites de notre Journal ; notre vrai remerciement sera de nous efforcer de les mériter toujours. - Mme la Comtesse de la P..., au Mans : Je m’avance, chère Abonnée, jusqu’à vous promettre presque des planches de travaux à l’aiguille. L’Administration de la Dernière Mode songe sérieusement à cet accessoire, coutume chez les Gazettes de Modes d’un ton différent et innovation chez nous, mais qui n’ôtera rien à la valeur high-life ou mondaine du journal : puisque ce serait une planche hors-texte comme nos patrons et, avant tout, sortant des Magasins du Sphinx, connus de tout Paris élégant pour ses merveilleuses créations en ce genre. — Mme R..., à Toulouse : Je vous ai expédié, Madame, le patron de la dernière figurine N° 26 (Lithographie à l’Aquarelle du 20 septembre). Veuillez bien remarquer que, pour que cette Polonaise fasse nouveauté, elle doit se fermer par derrière et non sur le devant, où il faut absolument une couture; et c’est le dos, avec une petite pointe, qui doit être lacé. Que le devant de la tunique soit séparé du lé de derrière, formant l’un et l’autre deux morceaux différents. Oui, je puis vous fournir des patrons en mousseline montés et garnis, ainsi que des patrons en
MAI.LARMn
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papiers montés. — Mme la Princesse K..., à Saint-Pétersbourg : Nous avons reçu la somme que vous nous avez, Princesse, adressée; les caisses seront expédiées le 29 courant, contenant : un Costume d’usage en cheviotte gisèle, un autre très-simple en drap persan avec garniture de jais, une Toilette de visite en velours et satin ardoise avec garniture de plume ondulée, une autre en cachemire rose avec bandes de gaze blanche brodées en soie plate; puis une Robe de Bal en poult de soie bleu avec tulle illusion jais blanc et guirlande de volubilis roses. Les trois Toilettes de jeune fille seront très-simples : car à quinze ans, on est presqu’une enfant : Costume de drap bleu marin, toilette de velours noir avec ceinture de satin rose teinté et Robe de gaze de Chambéry, blanche avec nœuds bleus. Les coiffures ou chapeaux de ces différents Costumes et Toilettes seront assortis. — Mme B..., à Mâcon : Madame, nous nous sommes informés du prix du waterproof en drap gris, avec capuchon, pèlerine devant seulement : cela vaut cinquante francs, d’une très-belle qualité. — Mme de S..., à Saint- Brieuc et Comtesse de C..., à Avignon : Vos deux lettres, mesdames, qui m’arrivent par le même courrier, me posant la même question à cette différence près que l’une s’intéresse à une toilette déjà lointaine de MUe Delaporte dans Gilberte, et l’autre à la toilette visible encore de Mme Gravier dans le Célibataire et V Homme marié , vantées par notre dernière Chronique de Paris, recevront une seule réponse : car deux Parisiennes momentanément exilées ne peuvent que s’occuper également de ce qui se fait à l’Odéon et au Gymnase. Quant à l’Odéon comme au Gymnase, c’est le goût le plus sûr, ancien ou nouveau, qui préside à l’habillement des comédiennes. La Toilette Japonaise de MUe Delaporte, dans le deuxième acte, était à Paris et va être à Pétersbourg celle-ci : véritablement une merveille ! Première jupe de satin-cuir, brodée de plumes de paon en écaille. Deuxième jupe : brocard de paille à broderie en écaille comme celle de la jupe et bordure de dentelles, de plumetis et d’écaille. Doublure de satin mauve. Grande ceinture japonaise, bleue, brodée de fleurs et de chenille de toutes couleurs et nouée autour de la taille. Boucles d’oreilles, coiffure et bracelets japonais. La Toilette de Mme Gravier dans le premier acte, aux soirées de répertoire, le vendredi, est celle-là, reproduction de gravures de la Restauration. Robe en cachemire bleu à haute taille, ceinture en velours noir perlé de jais, trois petits rubans de velours noir à perles de jais au bas de la jupe, collet rabattu également en velours et jais, fichu de tulle noir à jais, chapeau cabriolet en soie blanche tout garni de marguerites rouges et de plumes de couleur. Eh bien, cela n’est pas laid du tout. I! est vrai que c’est si bien porté!
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