I. — LES THÉÂTRES
Salle Ventadour-Opéra : ayant chanté les Huguenots dans notre langue, la marquise de Caux ne peut, sans chanter encore Faust, le dimanche 18 et le mercredi 21, se séparer du public qui acclama jadis la Patti; et Italiens : ouverture de la saison par Lucrezia Borgia, avec Mme Pozzoni, cette débutante à Paris célèbre dans toutes les contrées que borde la Méditerranée : le Paris fashionable et dilettante est suspendu à l’archet levé pour la première fois de M. Vianesi.
Opéra-Comique : le Pardon de Ploërmel (Zina Dalti et Lina Bell; Bouhy, Lherié), va céder de belles soirées à Mireille donné avec les morceaux jadis coupés au Théâtre- Lyrique et toujours très-heureusement avec Mme Carvalho. Répertoire, notamment Mignon , pour la rentrée de Mignon : non de Mme Galli-Marié, ce qui est tout un.
Opéra Populaire : les Parias de Membrée, opéra inconnu, puis les Amours du Diable, de Grisar, opéra oublié, puis un ballet nouveau par Massenet; ajoutez ce chef-d’orchestre Maton, ces chanteurs Nicot, Mme Reboux, le luxe inouï et le prix sage de ces soirées : total, le succès.
Vaudeville : Jeanne Essler, dans la pièce nouvelle de d’Ennery et Brésil, et Mlle Barthet sont, certes, à voir, celle-ci près de celle-là : allons à Marcelle, ne serait-ce encore que pour retarder une apparition du Roman d'un Jeune homme pauvre et de toute la série des Ganaches.
Gymnase : A Gilberte emportée à Pétersbourg dans les toilettes de MUe Delaporte qu’y exile, avant tout, son talent, succède la Princesse Georges, reprise, hélas ! sans Desclée, avec MUe Tallandiera, très-belle.
Variétés : laissons dans le programme d’aujourd’hui, ne serait-ce que pour la hâter, la Première des Prés-Saint- Gervais, de Sardou, Gille et Lecocq annoncée par nous l’autre fois : et cependant Schneider tient l’affiche et dans la Périchole !
Palais-Royal : fort belles soirées, avec cette chose folle, le Roi Candaule et cette chose gaie. Doit-on le dire ? Meilliac et Halévy, Labiche et Duru, Brasseur, Hyacinthe, Geoffroy, Gil-Perès et Lhéritier.
Gaîté : Orphée aux Enfers, avec l’acte nouveau : le Royaume
PROSES DIVERSES
de Neptune, s’éternise après les trains de plaisir venus, pour le contempler, des sept coins de l’Europe; et ce sont maintenant, les Parisiens qui assistent à l’éblouissante Première donnée en leur absence.
Renaissance : Thérésa dans la Famille Trouillot qui, fût-ce un chef-d’œuvre, et c’est drôle! laisse, sur l’affiche, une place immense au nom de la diva, faisant de cinq ou six flonflons ses grands airs.
Théâtre des Arts (anciens Menus-Plaisirs) : la Closerie des Genêts, bon drame ancien avant V Idole et Mlle Rousseil.
Château-d’Eau : reprise de la Fille du Diable, avec les frères Dorst, ces clowns, non, ces convulsionnaires, non, ces danseurs d’un quadrille étrange, appelé d’un nom calme et exaspéré : les Frétillants.
Folies-Bergères : tout : les Oiseaux, le Tatoué, Lira et Nénia, les Martinettes, les Tziganes et le Caniche gymnaste; que dis-je? une opérette, un équilibriste; les éléments d’une pièce en cinq actes, mais, ô joie! restés à l’état d’éléments.
si: *
D’autres lieux de distraction et de plaisir ou de jour ou de nuit, sont, d’abord, le Jardin d’Acclimatation (animaux, les singes au haut de leurs mâts peints, tous : Hamadryas, Chacmas et Papions ; puis les fleurs prolongées et l’orchestre prolongé, une promenade qui acclimatera le soleil en hiver).
Le Cirque d’Hiver avec un septuor de prodiges, ces montagnards des Apennins, tirant d’outres en terre cuite des voix de colombes et de femmes; grand succès de la saison qui semble, le froid venu, rester celle également des extraordinaires patineurs Durtis et Goodrich.
Robert-Houdin : La Malle des Indes, par l’inventeur Brunnet : et que d’autres miracles, au boulevard des Italiens; tandis que ceux du boulevard Saint-Denis sont, à la même heure, accomplis par M. Litsonn au Cercle fantastique.
Le Théâtre-Miniature avec le Pied de Mouton : décors, costumes, tout montre une magnificence qui n’est restreinte que dans ses dimensions.
La Salle des Familles : où la comédie le cède parfois aux spectacles merveilleux, instructifs et captivants de la science enfantine, etc. : le lundi, le mercredi et le vendredi soir, et le dimanche dans l’après-midi.
Matinées littéraires partout, à la Porte-Saint-Martin, à la Gaîté (on parle même de l’Ambigu et de la Renaissance) ;
PROSES DIVERSES
et là, comme ici, des troupes habiles réunies la veille et des conférenciers éloquents dans la minute.
Les Concerts Populaires, avec des chœurs joints à l’orchestre, chaque huitième Concert, consacré à l’audition d’un Oratorio ; les Concerts du Châtelet, dans la journée également du dimanche, classiques et modernes, enfin ceux de Litofif à Frascati. Musique partout et musique de maîtres, parfois conduite par un maître. Nous donnerons, quand trois lignes ne nous manqueront pas, le programme de chacun de ces festivals si suivis par l’aristocratie du goût, ainsi que celui des Matinées dramatiques et littéraires.