AVIS
Une des nouveautés apportées par la Direction de la Dernière Mode dans le service de ce Journal, consiste à en fixer les dates d’apparition, non pas au commencement ni au 15, mais au premier et au troisième dimanche de chaque mois. Attendre notre publication à ce jour des réunions de famille ou tout au moins du loisir, au lieu d’être surpris par elle à un moment inopportun de la semaine : voilà l’agrément que nous procurons à nos Lectrices, particulièrement à celles des départements. A cette disposition spéciale il y a un inconvénient : lequel ? une fois par Trimestre, de laisser trois semaines s’écouler entre l’un et l’autre de nos Numéros mensuels, dans le mois aux cinq dimanches.
La Livraison défraîchie, quant à l’intérêt du moins, reste alors longtemps sur la table du salon : or, qu’elle demeure au piano!
Un morceau de Musique, neuve, fait par un des compositeurs notables de l’époque, retiendra l’attention pendant ce laps de temps : quitté, repris, déchiffré, chanté par toute musicienne. A sa faveur la Livraison affronte même l’oubli.
Disparition du Programme de la Quinzaine ? Oui, (car il n’y a plus de quinzaine ce jour-là et la page des plaisirs, toujours en avance, se trouverait en retard) : voici enfin la Correspondance avec les Abonnées elle-même qui s’évanouira aussi tous les six Numéros, cédant la place à un résumé de notre Publication pendant le Trimestre.
MALLARMÉ
PROSES DIVERSES
NOS SIX PREMIÈRES LIVRAISONS Texte
Six Courriers de la Mode (le premier consacré aux Bijoux), ont, sous la signature d’une femme du monde qui est aussi un littérateur distingué : Madame de Ponty , reproduit au jour le jour les consultations des premières faiseuses sur : le Costume et ses Accessoires au début de F Automne et de F Hiver (deux articles), les Étoffes pour Farinée (un article), les Fêtes à la campagne et à la ville, Costumes de chasse et Toilettes de bal, Y étiquette des Mariages, etc... (deux articles).
Pas de Journal qui ait, plus que la Dernière Mode, le souci d’une publicité loyale et de bon ton : on y a inauguré l’annonce faite à l’aide de Cartes de Visite appartenant déjà aux premières maisons de Paris. Le Courrier de la Mode restant une étude, entièrement désintéressée, des variations du goût, le nom d’aucun magasin ni d’aucune faiseuse n’y paraît (détail précieux) ; et pour débarrasser ce Premier Paris, particulier à ma publication, de toute préoccupation étrangère et commerciale autant que pour développer les Cartes, très-brèves, je publie maintenant un article spécial, la Gazette de la Fashion, présentant à nos Lectrices tous les renseignements quotidiens, luxueux et pratiques. A vous, Mesdames, d’avoir toute confiance en ce pseudonyme étranger d’une parisienne connue : Miss Satin.
La Correspondance avec les Abonnées, où il est rendu compte de tous les achats faits, en leur nom, par l’intermédiaire de l’Administration, est encore une source inépuisable d’informations de ce genre.
Quinze feuillets du Carnet d’Or se distribuent comme il suit :
Deux grands dîners, un déjeuner ordinaire et un dîner de famille, un pique-nique au bord de la mer, puis deux déjeuners de chasse : ces menus émanent (et c’est tout dire), du Chef de bouche chez Brébant.
Deux recettes de mets et d'entremets exotiques, dues soit à une dame créole, soit à une mulâtresse amenée de Y Inde française : préparations certainement inédites en Europe.
Deux ordonnances hygiéniques (pour les premiers froids) plus encore que médicales, recueillies parmi les usages traditionnels des pays du Nord.
Attirons l’attention de quiconque ne lirait que ce numéro sur les deux dispositions décoratives d'appartement et sur celle de jardin, que nous ont communiquées des spécialistes tels que Marliani, le tapissier renommé et le Jardinier en chef de la Ville de Paris. Voici enfin une charmante esquisse sportive,
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résultat d’une conversation avec le merveilleux naturaliste Toussenel.
La Chronique, après sa présentation faite par lui-même et derrière son masque, intéresse la Lectrice aux fantaisies de notre causeur Ix, qu’on reconnaîtra quelque jour : il y a suivi la première phase théâtrale de la saison, en trois entretiens, un autre est sur les choses du jour, et le dernier sur les premiers livres de l'hiver, qu’il sied à toute femme distinguée, même par l’esprit, d’avoir lus.
Complément nécessaire à la Chronique, le Programme de la Quinzaine, affiche ? non, causerie ? non, l’un et l’autre, juge par un mot bref et amusant la valeur des distractions ou des solennités de l'heure. Cinq Programmes ont paru.
La Collaboration littéraire, maintenant : brillante, grave, toujours parisienne, dont le concours honore pour la première fois une Gazette de Toilettes et de Fêtes. Sa liste, où ne se groupent que des noms illustres ou aimés, contientelle une vaine promesse ? Aucunement.
Toutes les primeurs du jour ont donné ici leur fleur la plus exquise. C’est, par ordre, en Poésie, des vers de MM. Théodore de Banville, Sully-Prudhomme, Léon Valade, Ernest d’Hervilly, Emmanuel des Essarts, intitulés : la Dernière pensée de Weber, Conseil, Inquiétude, At Home, le Veilleur de Nuit et Marguerite d' Écosse. En fait de Contes ou de Nouvelles, ces récits : l'Aveu, par Coppée; Une voie de fait, par Alphonse Daudet; la Petite Servante, par Catulle Mendès, et en cours de publication : l'Hercule, par Léon Cladel (tantôt suspendant l’intérêt d’une Quinzaine à l’autre, tantôt y satisfaisant entièrement dans la Livraison).
D’autres œuvres de ce prix nous sont gardées par des Poètes et des Conteurs, à qui le temps n’a pas permis encore de figurer autre part que sur la première page.