‹ OEuvres complètesChapitre 247 sur 655 · III. — LES VOYAGES Lignes de l’Ouest · texte numérisé non relu

III. — LES VOYAGES Lignes de l’Ouest

A moins que Londres, par ses brouillards de novembre, ne vous attire, ainsi que l’Atlantique battant, avec un fracas inconnu aux baigneurs, les côtes de Bretagne et de Normandie, la ligne de l’Ouest n’exerce pas maintenant sur Paris ses tentations, réservées à l’été. Par ces froids blancs, gris ou noirs, pourtant, il convient de visiter les pays de l’hiver, si l’on veut les avoir vus sous leur aspect vrai; il serait bon aussi de revoir, déchaîné lui-même, l’océan qui mira nos belles journées de juillet, d’août et encore de septembre !

Express allant de la place du Havre, c’est-à-dire du boulevard, en quelques heures, à la jetée de Dieppe, où partent de beaux steamers pour Newhaven, où vous reçoit le South Western Railway, bientôt à Victoria Station; il y a les Trains de marée. (J’oubliais de noter le prix, moins de deux louis). Pourquoi n’y a-t-il pas aussi les Trains de Tempêtes (le voyage cessant à la côte, rochers de Penmark ou falaises d’Étretat) ? Au premier indice de gros temps montré par la mer à la longue-vue des sémaphores, un télégramme à Paris; où les murs se couvrent d’affiches, avertissant du spectacle sublime et prochain les Parisiens qui ne connaissent pas sa magnificence.

Tous les excursionnistes ne choisissent pas pour envahir Londres, clair et banal, les temps du soleil, mais presque tout le monde de la haute et de la petite villégiature visite à ces heures tranquilles, la mer, dépourvue de son plus grandiose et sauvage aspect.

Son énorme circulation sur tout le réseau provincial mise à part dans cette esquisse, il reste à la ligne de l’Ouest, pour contenter la mode, ses trains des environs, sites sans

PROSES DIVERSES

feuilles, animés par les dernières courses du Vésinet et de Lamarche; et surtout son train des députés : ce qui fait qu’après avoir, au temps des vacances, promené nos rêves, elle convoie encore les personnages chargés de les réaliser pendant le reste de l’année.

Toujours spirituelle, cette gare Saint-Lazare : et, comme je le disais il y a trois mois, la plus parisienne de toutes.

CORRESPONDANCE AVEC LES ABONNÉES

Reprenons notre Courrier ordinaire, dont la teinte a par nous été changée un jour, dans le but de donner un aspect spécial à la Livraison de fin de Trimestre (contenant la Musique écrite pour nos Lectrices) ; et sur la page bleue et non grise, recommençons, non la Constatation d’efforts déjà oubliés par la Direction prête à en tenter d’autres! mais bien la Correspondance régulière avec les Abonnées , suivie ou des Bonnes Œuvres ou des Conseils sur l’ Éducation.

Paris, 6 décembre 1S74.

Mme Gibs..., à Londres : Certainement, Madame, vous pouvez avoir un de nos Patrons découpés avec chaque livraison; mais l’abonnement vous coûtera 6 fr. de plus par année, ce qui fait o fr. 50 par Patron supplémentaire régulièrement adressé, au lieu de 1 fr. 25 pour un pris au hasard; bien entendu, n’est-ce pas ? que le modèle en demeure à notre choix. — Mme la Marquise de la T..., à L. : Veuillez, Madame la Marquise, vous adresser à Mme Charles, qui fera avec plaisir tous vos achats pour le jour de l’an; et, bien que vous ayez beaucoup de petitsenfants, trouvera, je vous l’assure, des joujoux pour les plus jeunes et des cadeaux de fantaisie pour les aînés. Indiquer cependant à notre Acheteuse les âges de tout ce cher monde, me semble utile, comme il le sera qu’elle vous écrive d’avance sur quels objets s’arrête son choix, et le prix, etc. — Mme L..., à Lille : Votre robe est commandée, chère Lectrice; elle vous sera expédiée une première fois (dans quelques jours) pour l’essayer, mais elle ira bien déjà, j’en suis certaine. — Mme R...ka, à Varsovie : Nous avons expédié le Patron d’un Paletot par vous demandé, Madame; le modèle tenu bien ample, puisque le vêtement doit se doubler de fourrure. La forme nouvelle est : droit fil devant, sans pince et cintré derrière, mais surtout! pas ajusté (car on obtiendrait cette chose, une taille exagérée et disgracieuse) enfin touchant terre presque, à vingt centimètres près ; et à trois ou quatre centimètres près aussi long devant que derrière. — Lydie... à Bruxelles : Oui, mon enfant, vous serez ravissante ainsi pour votre premier bal. Le blanc ne

PROSES DIVERSES

vous pâlira pas; et le tulle-illusion, que du reste, vous demandez à notre dernier Courrier de Modes relatif aux fêtes mondaines, enveloppera d’un nuage mobile votre aspect tout vaporeux. Ne tremblez donc point, le choix est excellent; et de cet échange de lettres il n’y a que nous qui profitions, puisque nous gardons votre photographie. Ah ! un mot : au lieu de muguet, je vois plutôt des clématites. — - Mlle Louis V..., à Valenciennes : Au Sphinx, annoncé par une Carte de Visite sur chacune de nos Couvertures, vous trouverez tous les Ouvrages de Dames possibles; non, les très-beaux seulement. Soient de charmants vide-poches dans le prix de 20 à 30 fr. ; je crois que cet objet ferait très-bien sur la table de Madame votre grand-mère, ou, d’après des planches du même magasin, brodez-lui une chancelière, quoi encore ? un coussin à mettre sous les pieds en voiture. — A toutes nos Abonnées : J’ai gardé pour la fin de la Correspondance le billet que je viens d’écrire : il touche à un sujet grave, les Ouvrages manuels, sur lequel une fois déjà je me suis en peu de mots exprimée ici. Un de nos prochains Courriers de la Mode traitera de ce genre d’occupation féminine et des œuvres qui en résultent, cela sans réticence aucune, franchement et simplement. Quiconque nous a suivie pendant ces six premières Quinzaines a dû constater que le nôtre est un journal de high-life avant tout, la gazette des Toilettes, du décor où elles se portent et de la foule brillante qui les revêt; rien donc n’y peut trouver place de ce qui d’ordinaire enlaidit l’appartement (pardon!) et déshonore le costume (pardon encore!) ou soustrait la femme à de plus nobles travaux (pardon toujours!) : tapisserie banale et broderie commune, puffs, pantoufles, etc. ! Tout un monde de merveilles, connu de quelques reines de salons dont les doigts se lassent à la fin de ne manier que l’éventail, s’ouvrent depuis plus ou moins longtemps à l’ingéniosité et au goût de chacune : silence! attendons, pour en parler, une première Étude développée sur les Passe-temps d’une femme à la Mode, et la première Planche qui sera l’illustration de ces dires.

CONSEILS SUR L’ÉDUCATION

Guidée par un Professeur en l’un des lycées de Paris de qui sont ici reproduits les jugements sûrs et compétents, on sait quels soins nous mettons à dénoncer aux familles tous les bons livres d’éducation que nous signale ce maître. L’enseignement des langues étrangères (traité il y a peu de temps), n’est plus compris dans les arts d’agrément (que nous traiterons bientôt) : il a ses livres scolaires, pratiques et élégants ; et c’est un peu les mêmes qualités que nous

PROSES DIVERSES

aimons à trouver au triste bouquin de classe ordinaire, renouvelé par quelques maisons selon le goût du jour.

Quoi ! la Grammaire elle-même peut être intéressante ! S’il vous plaît de vous en convaincre, Mesdames, feuilletez, avant de les mettre dans les mains de votre petite famille, la Nouvelle Grammaire Française ou même la Petite Grammaire Française de M. Brachet, publiées par la maison Hachette, pour quoi je n’hésite pas à prononcer le mot de chefd’œuvre : que de suite, que de clarté! Le plus complet ou le plus élémentaire de ces ouvrages, monument pédagogique dès aujourd’hui (comme l’a été cinquante ans le bon vieux tome empirique de Lhomond) offre presque un livre de lecture. Exempte de toute abstraite aridité pour l’esprit délicat et logique de l’enfant, il vous montre, à vous, qu’une langue, loin de livrer au hasard sa formation, est composée à l’égal d’un merveilleux ouvrage de broderie ou de dentelle : pas un fil de l’idée qui se perde, celui-ci se cache mais pour reparaître un peu plus loin uni à celui-là; tous s’assemblent en un dessin, complexe ou simple, idéal, et que retient à jamais la mémoire, non! l’instinct d’harmonie que, grand ou jeune, on a en soi.

Pénétrés de la méthode de cet excellent traité, la Grammaire Historique, qu’a du même auteur donné la maison Hetzel avec un Dictionnaire Étymologique de la Langue Française , livres voisins du grand Dictionnaire de la Langue Française par Littré dans toute bibliothèque sérieuse, il nous sera permis bientôt d’étudier deux manuels de la littérature française aux temps primitifs de la langue, complément de l’œuvre précédente. Titres : Morceaux choisis des grands écrivains du XVIe siècle, accompagnés d'une grammaire et d’un dictionnaire du XVIe siècle, et Recueil de morceaux choisis des écrivains français du IXe siècle à la fin du XVe, par A. Brachet, Paris, Hachette, 1874.

Les fleurs d’abord; puis, fussent-elles de rhétorique, le bouquet : les mots du langage et sa littérature.

Mme DE P.

Huitième livraison : 20 décembre 1874 SOMMAIRE ET LÉGENDES Texte

La Mode . Mme Marguerite de Ponty.

On nous interroge et nous répondons. — Fanchon-frileuse et long voile et Chapeau à la Maréchale et haut col. — Guerre faite par la

PROSES DIVERSES

plume et la fourrure au jais ou à l’acier : avec quoi sommes-nous ?

— Informations de la grande vie :

Toilette d’une princesse ou d’une Parisienne. Informations chez les grandes faiseuses : la femme, mieux que jamais se fait voir sous le voile même épais des étoffes.

Gazette de la Fashion . Miss Satin.

Chronique de Paris (Théâtres, Livres,

Beaux-Arts, Échos des salons) . . Ix.

Le Carnet d’ Or (la Table, l’Ameublement fait par les Dames, le Jardin et les Jeux). — Dix-huitième feuillet : Menu d’un Réveillon . Le Chef de bouche

chez Brébant.

Dix-neuvième feuillet : Moulongtani pour un Réveillon . Olympe, Négresse.

Vingtième feuillet : l’Arbre de Noël ordinaire . Une Lectrice Alsa¬

cienne.

Nouvelles et Vers. — Vers : La Vierge

à la Crèche . Alphonse Daudet.

Nouvelles : Eudore Cléaz (Conte du Jour de l’An) . Th. de Banville.

Programme de la Quinzaine . (Ix).

LES CINQ. TOILETTES

I. — Lithographie a l’Aquarelle avec ou sans patron découpé de grandeur naturelle

Toilette d'intérieur. Velours grenat. — Tunique boutonnée de côté; et, dans le bas, garnie d’une bande de plume : où elle se boutonne, sont des biais de satin, eux-mêmes terminés par un biais de tissu soie et or. Un nœud fait de même tissu la relève un peu de côté, faisant ressembler sa partie pointue au pan d'un nœud : voilà, ouverte derrière et sans retroussis, cette Tunique.

IL — Gravures noires du texte Première page.

1. Toilette de Réception. — En satin gris russe; la cuirasse en velours de la même nuance se garnit de paillettes d’acier.

2. Toilette de Visite. — Jupe en faille prune avec volants pareils, garnis de biais en velours de la même nuance. Tunique en matelassé de la nuance toujours : avec grands

biais de velours posés en longueur; elle est, du bas, garnie par des bandes en plume de coq.

Pages du milieu.

1. Petit garçon de huit à neuf ans. — Veste, gilet et pantalon court en drap bleu marine : le pardessus de même étoffe, garni d’astrakan.

2. Petite fille de huit à neuf ans. — Costume de velours bleu : jupe unie.

LA MODE

On nous harangue et nous répondons. — Fanchon-

Page 1