IL — THÉÂTRES
(Les succès)
Salle Ventadour : Opéra : Faure et Rosine Bloch, partout enchantent un public qu’intéressent ces débuts, dans Eudoxie (la Juive), de Mademoiselle Daram, et dans la Marguerite (Faust), de Madame Fursch-Madier. Très-bonnes soirées pour une fin de bail, notamment celles du Dimanche, reprises presque depuis le début de la saison.
Italiens : à Madame Pozzoni, cette étoile, succédera Nicolini, cet astre; débutantes, Mademoiselle Morio et Madame Sbolgi. Tout le Répertoire tant de fois inscrit ici variera de prestigieuses Soirées : vers où roulent, avec des
PROSES DIVERSES
flots de dentelles et de satin visibles à la vitre, tous les carrosses de la ville, alignés à l’heure où de l’escalier descendent, déployées, ces toilettes.
Opéra-Comique : une reprise ? non, presque une première : le Domino Noir (Mademoiselle Chapuy; Lhérie, Melchissédec), délaissé : un vrai luxe, costumes et voix, fait de l’œuvre classique le spectacle nouveau.
Vaudeville : une galanterie que vous fait, Mesdames, sinon à sa nièce Sarah, l 'Oncle Sam, M. Harmant, celle de servir les Tziganes après le thé du second acte : oui! ceux des Folies-Bergères que, peut-être, n’avez-vous point vus encore, avec Daras-Miska suspendant à son archet inspiré la frénésie ou l’extase de toutes et de tous.
Gymnase : exhibition exquise des Modes de 1818 que les Deux Comtesses de M. Nus : non pas seulement, car la pièce, excellente, est, avant tout, le succès de la soirée avec Mesdames Othon et Fromentin et Mademoiselle Legault Puzol; puis Lesueur, ahuri, paraît dans les Mauriaques.
Gaîté : La Haine, de Sardou. Le drame peut se lire, mais doit s’entendre, à cause de Lafontaine, de Mesdames Marie Laurent, et Lia Félix, prodigieux, elles et lui; voyez-le enfin ! car Rubé et Chapron, Cambon, Chéret, Lavastre jeune et Desplechin n’ont rien encore imaginé de plus extraordinaire et de plus beau que leurs décors du carrefour de la rue Camollia, de la Cathédrale de Sienne vue de face, d’un camp dans un cloître près de l’église Saint-Christophe, d’après la Bataille, et de la chambre de Cordélia et des ruines du Campo, enfin l’intérieur de la Cathédrale et sa lune. Tant de faste n’a peut-être jamais transfiguré une scène de bois et de toile!
Châtelet (plus Opéra-Populaire) : réouverture par les Pilules du Diable, éternelles et jeunes, avec une surprise pour les grands-parents et les bébés égale à celle de l’an dernier; on se souvient que ce fut un ballet de polichinelles nous émerveillant : que sera-ce à présent? Allez et venez me le dire, Jean, Mathilde, Geneviève ou Gaston.
Ambigu : Cocagne, de Ferdinand Dugué, où le jeu superbe de Fargueil, et tous ces Van Dick et ces Callot, eaux-fortes et ce tableau : Anne d'Autriche confiant Louis XIV endormi à la garde des Parisiens, ne calment pas tout à fait l’impatience qu’éveille un décor déjà célèbre : les sables mouvants du Mont Saint-Michel et la marée mouvante.
Théâtre des Arts (anciens Menus-Plaisirs) : Frédéric Lemaître, c’est tout vous dire (dans le Crime de Faverne!).
D’autres lieux de distraction et de plaisir, ou de jour ou de nuit, sont, d’abord le Jardin d' Acclimatation (aquarium :
PROSES DIVERSES
ses poissons de Shang-haï, lutteurs fantastiques et bassins des loutres, joueuses et pêcheuses; puis les fleurs prolongées et l’orchestre prolongé), une promenade qui acclimatera le soleil en hiver.
Le Cirque d’hiver nous dispense de posséder Chantilly ou de louer Fontainebleau, avec les merveilles de sa grande chasse à courre où deux cerfs, biche et meutes de chiens, dressés, satisfont tout le rêve cynégétique de l’enfance, et certes le mien! Tayaut, Halali : c’est-à-dire bravo!
La Salle des familles, où les spectateurs du théâtre précédent reviennent, grandis et sérieux, applaudir à des premières authentiques et à de véritables débuts.
Voici pour les Matinées et les Concerts du Dimanche, et notre Chronique et les Affiches spéciales : ne pas omettre une visite au Louvre, où sont transférés du Luxembourg plusieurs chefs-d’œuvre, au Cercle des Mirlitons, exhibant une portion de l’œuvre contemporaine de Carolus Duran, artistiques promenades et passe-temps de ces jours de fêtes.