‹ OEuvres complètesChapitre 323 sur 655 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Elément dit Classique.

§ i. Mots faits ou refaits.

Quelque intérêt que présente l’étude achevée à l’instant, le Lecteur attentif ne se trouve point satisfait : Que de cas variés ! peut-être; mais à coup sûr : Mainte lacune! Bien d’autres Mots que les précédents, trouvés à chaque ligne d’un morceau Anglais de prose ou de poésie, semblaient procéder de notre Langue; moins intimes et aussi moins détériorés. Quelque chose de Latin même, quoique francisé; ou de Français, quoique latinisé, lequel ? les deux à la fois : et rien de plus exact, malgré ce vague, que cette impression. Le Chapitre où vous arrivez (peut-être la plus subtile des trois investigations l’une après l’autre portées dans le Vocabulaire Anglais, l’une relativement au fonds Saxon et l’autre à l’importation Française) comportera, employé qu’il est à démontrer la falsification classique, les dires les plus absolus. Pareille question sur quoi semble un pe u à dessein amasser de la brume et des ombres l’admirable Philologie anglaise de ces dernières années, doit être résolue ou soulevée : en France. La traiter entièrement, certes, serait long (parce que seul je m’en avise, non sans péril et sans craindre que le sujet s’évanouisse à ma vue) tant la recherche en est par instant très peu sûre!

Quand un Mot Anglais semble procéder du Latin, pourquoi garde-t-il plus que son rival français le caractère de la langue mère de la nôtre ? Une réponse presque indéniable s’impose à votre discernement, portant juste plus que loin, intense et peu extensive; c’est : parce que le Français se trouvant, au moment de l’importation en Angleterre de ses vocables, beaucoup plus rapproché des origines latines que maintenant, des Mots versés par lui alors dans le courant Anglais, stationnaires depuis et comme étrangers, n’y ont point bougé; tandis que, chez nous, ils ont suivi tous les développements successifs du Français, oubliant leur provenance

LES MOTS ANGLAIS

Ce dire relativement répandu n’a de valeur que pour très peu de Mots : à savoir les seuls qui, dès l’époque de la Conquête Normande, demeuraient ici même solennels et inamovibles, soit juridiques, soit savants; on n’osa point y toucher, à cause du décorum très spécial qu’ils gardaient. Citez advocate, tel et tel autre, et ne prolongez pas de beaucoup votre citation. Pour tout le reste, immense ! oubliez-vous, en effet, que nos Mots de formation populaire, c’est-à-dire ceuxlà qui s’étaient déformés du Latin en Français, spontanément quoique lentement et par maint acte instinctif de gens illettrés, roulaient déjà loin du point de départ quand, répétés en Angleterre par les humbles et les vaincus, ils subirent de nouveau une altération. Ce qui donna battle, de bataille, captain, de capitaine, fee, de fief; et brace, et to annoy et frailty, où tout le monde ne reconnaîtra pas le Français du premier coup, et moins le Latin!

Tout autre, l’explication à chercher, et plus générale : mais où ? certes, dans l’Histoire; il s’agirait de reprendre l’aventure de la Langue Anglaise, au point où vous la quittâtes.

L’enthousiasme, qui porta les savants français à ouvrir, au vent du siècle, les Lexiques grecs et latins, pour disperser chez nous le plus de Vocables possible, mêlés désormais comme les nôtres mêmes à l’air que l’on respire : il se produisit en Angleterre. Seulement dans des conditions un peu différentes, et c’est clair; car l’Anglais ne se trouvait pas, vis-à-vis du Latin notamment, dans la même situation que nous. Pas issu directement du Latin, l’Anglais ne pouvait faire passer de cette langue chez lui un Mot quelconque, à moins qu’il n’empruntât les procédés de dérivations retrouvables dans l’un des idiomes néo-latins (or, c’est au nôtre qu’il avait eu et qu’il eut encore à faire). Une preuve très flagrante de cette difficulté ressentie par l’Anglais vis-à-vis du Latin pur et même vis-à-vis de tout autre parler, quand il ne prend pas le parti très simple d ç. figurer du tout au tout le Mot, éclate dans le grand nombre de termes empruntés crûment et comme plaqués ensuite sur le parler du jour; ce sont, entre beaucoup : Circus, Genius, genus, impetus, interregnum, isthmTjs, miser, obit, pabulum, radix, residuum, sériés, etc. Rien de plus bizarre que ceux des Mots de ce groupe qui affectent des significations tout à fait ignorées de l’antiquité, industrielles comme terminus, gare de chemin de fer; ou simplement familières, ainsi que quidnunc, un curieux, ouorum, membre d’une association, etc.

Quel moyen de ne pas céder à cette fatalité bizarre : en est-il un ? il en est deux.

La formation a, tantôt, lieu avec nombre de Mots, que nous n’avions pas songé à demander au Latin, cela très régu-

ioi4

LES MOTS ANGLAIS

lièrement : elle est vite reconnaissable à des apparences, certes latines, mais pourvues de nos Finales et de Suffixes anglicisés ou manquant à notre langue. Tantôt, quand le Français possède le Vocable, certaines différences, inexplicables selon les Lois de Dérivations qui régissent le passage du Français à l’Anglais, se produisent parce que (point de vue principal qu’il sied aussi d’établir) l’Anglais a retrempé dans le Latin un grand nombre de nos Mots, savants presque toujours et populaires presque jamais, avant que de les adopter comme siens.

A première vue, l’opération a l’air, dans un cas comme dans l’autre, d’être la même : erreur, malgré qu’il soit malaisé fréquemment de la dédoubler, autrement que dans la théorie. Mots latins francisés et Mots français relatinisés doivent, certes, de bien près se ressembler entre eux : rien de plus.

L’emprunt savant au Latin résulte de ce que l’Anglais, je dis F Anglo-Saxon, n’avait pas assez de Mots peut-être pour exprimer tout le luxe de nuances d’un langage d’aujourd’hui; mais il l’aurait accru par la Composition. Non ! la tentation devant les trésors Classiques où nous avions puisé dut paraître irrésistible. Quiconque réfléchit, verra aussi la retrempe dans le Latin comme un effet manifeste du désir éprouvé par une langue, notre vaincue, de secouer le joug que nous lui imposâmes, quand elle s’aperçut après coup que ce Français déjà n’était, par son origine, que du Latin; or, c’était échapper que sauter par dessus.

Ajoutez un besoin de confronter à un coin connu, stable et net, et déjà presque le talon universel (qu’est encore le Latin), la confusion première dans laquelle hésita, erra, et périclita en Angleterre maint de nos Vocables, d’effigie incomprise ou effacée.

Que le Mot ait subi l’un ou l’autre des travaux linguistiques que voici : l’extraction directe du Latin à la faveur de nos habitudes, ou la retrempe aux sources latines après avoir été fourni par nous, il obéit également, en face du primitif latin, à la même Loi, quasiment. Comme cela n’appartient pas à un Traité aussi sommaire que le présent, de pousser cette distinction au delà de quelques exemples, je dois citer à la fois des Règles de Permutation nouvelles, applicables au double cas. Qui demanderait, mû par une curiosité scientifique rien que fort légitime : D’où vient tel Vocable dont l’accès à l’Anglais demeure obscur, même tous les cas linguistiques étudiés, s’entendrait dire : La Littérature seule peut ici faire une réponse que ne fait pas la Science. — Les auteurs Anglais primitifs feuilletés et ce mot apparu pour la première fois chez un d’eux, il y a toutes les chances de trouver là et la date et le titre cherchés...

LES MOTS ANGLAIS

Investigations patientes et mémoires à ce sujet, une bibliothèque spéciale va bientôt se produire : maintenant, gardons l’expectative. Tout se réimprimera et des généalogies présenteront, heure par heure, l’apparition du moindre terme ou d’une série de termes dans chaque langue.

Ce très curieux effort de ramener aux formes Classiques originelles des Mots que l’Anglais recevait tout modifiés par notre travail, ne l’avons-nous pas tenté, nous Français, visà-vis de nos propres Mots ? Si, et la tradition une fois perdue de la dérivation naturelle qui donna frêle, de fragilis, grêle, de gracilis, nous fîmes fragile, gracile, exemples relatés en aussi petit nombre ici que les modèles abondent dans le Français. A tout prendre, la seconde opération, la savante, a, singulièrement, chez nous, fourni plus de fautes ou de manquements à l’analogie que la première, celle accomplie par l’instinct populaire seul. Parfait, ce dernier ne l’avait, cependant, pas été complètement : des confusions y ayant lieu, comme celle d’ — EUX traduisant — osus; et dans ce cas ou d’autres fort rares, l’intervention anglaise se montra sagace, ce gloriosus, notamment, ramené par elle à gloriose. Si le travail entier n’avait abouti qu’à de tels redressements, rien de plus qu’à le louer; mais point : et diurne, fait diurnal (Latin diurnus).

Etc., etc., etc.

Pas plus que dans le Livre des Eléments Français, il ne siérait de distribuer la matière ici en Mots Simples et Mots Composés. Affixes, soit Préfixes, soit Suffixes, il n’y a plus, en effet, de ces distinctions à faire, quand il s’agit d’une langue étrangère, d’où les mots passent tout faits à l’Anglais : cependant, je cède à la tentation d’en faire la remarque, embarrassé par certains cas véritablement curieux. Quoique l’Anglais n’ait plus à retoucher aux Affixes latins ou grecs par exemple, et cela simplement parce qu’il emprunte les Vocables entiers à ces idiomes et les francise, ou les reçoit de nous et les latinise, on rencontre plusieurs exemples où il se livre à des altérations. Lisez (outre malcontent, pour mécontent, purpose, pour propos, qui se rapportent au précédent Livre ainsi que nonage, qui n’est pas d’âge, et nonentity) ces Mots, to impeach, empêcher , to adjourn, ajourner, comfort, confort, où la retrempe latine du Préfixe a lieu à côté d’un Corps de Mot entièrement anglais ou français. Enterprise et council sont conformes à des règles de translation immédiate du Français dans l’Anglais : mais, si quelque maladresse se révèle, c’est dans admiral, qui n’a rien du Latin, venant d’émir, arabe.

Quitter les Affixes sans faire une Étude, attrayante et projetée, me coûte : ce serait de grouper, non loin des Pré-

LES MOTS ANGLAIS

fixes et des Affixes anglais, leurs équivalents latins ou grecs. Exactement; et rien de moins stérile : car toutes ces fins et tous ces commencements des Mots Classiques ayant passé par le Français, quelques relations mnémoniques de plus s’établiraient d’ici là, précieuses pour leur intelligence. Toute restreinte et déjà longue, la tâche qu’a prise cette Philologie n’est que d’expliquer la formation anglaise déterminée par l’adjonction de notre langue déjà fixée; et non de suivre en toutes ses ramifications charmantes tel fil jeté d’un point de repère principal à un autre, en s’enroulant et se multipliant : distraction cela pour le Lecteur, le tome un instant quitté des yeux.

Les Changements subis purement et simplement du Latin à l’Anglais par le Corps des Mots sont d’un aspect si vite reconnaissable, que j’hésiterai à les grouper; et à en charger cette page. Coup d’œil trop vaste en même temps que presque inutile : car, à strictement parler et sans esprit paradoxal, le phénomène en question (tout innombrables qu’en soient les cas) n’a jamais lieu. Par cela même que s’il y a retrempe ou dérivation directe, c’est le Mot Latin, lui-même, dont le Corps reparaît à peu près intact !

On ne saurait, sans transvaser le Vocabulaire originel entier, décrire ces séries, capricieuses et multiples.

Plutôt rien.

Les Finales, elles, se comportent tout différemment, car le nombre en est compté : elles prêtent à de vraies Règles.

Autant que possible, il sied de reproduire l’ordre, adopté au Livre précédent pour la translation des Mots Français en Mots Anglais : à savoir (omettant généralement le Corps du Mot) une distribution des Terminaisons dans chacune des trois Parties du Discours qui doivent le plus au Français ainsi qu’au fonds Classique, le Nom, le Verbe et l’Adjectif. Se rappelle-t-on que plusieurs des Terminaisons, tout aussi Françaises à nos yeux que celles alors citées, furent mises de côté, à cause de ce que l’Anglais les avait employées pour marquer d’un sceau spécial (et point en sa possession) les Mots Latins ou Grecs qu’il ambitionnait ? Revenons-y et le parallélisme, montré par les deux portions des Livres II et III, permettra au Lecteur de compléter l’un par l’autre.

Terminaisons ( seules ) .

Avant de commencer, écartons le cas visiblement le plus simple et le plus fréquent : la perte de F — E muet Français, qui permet de croire à la chute pure et simple de la dernière syllabe Latine tout entière, prêtant ainsi au Mot l’apparence d’un dérivé immédiat ou bien d’un Nom ou d’un Adjectif Français relatinisés. L’addition d’un — E muet à la Ter-

LES MOTS ANGLAIS

minaison française, procédé contraire qui semblerait impliquer, de la part de l’Anglais, une soumission à nos habitudes n’a lieu chez lui, à part certains exemples isolés et hasardeux, que dans la double opération, maintenant familière au Lecteur, d’une retrempe ou d’un emprunt direct Latins. Exemples de l’un et l’autre cas : i° Stupid, morbid, demand, band; 20 Abstruse, acute, confuse, polite, pollute, PRONE, SECURE, SERENE, etc.

Noms.

Qu’est-ce donc qu’ ANCE, si ce n’est notre Terminaison même; et — ANCY, sinon — ANCIE anglicisé ? Chacune de ces Finales vient cP — antia, soit : mais par le Français.

Souvent même l’original ne remonte pas au delà de chez nous.

Tout ce que peut faire l’Anglais, à part reproduire de tels Mots, tout faits déjà en Français, c’est de changer, par exemple, constance en constancy ; ou encore d’extraire directement du Latin, mais en vertu de notre procédé.

-7 ENCE de même; et de même — ENCY pour — ENCE équivalent à — entia.

Exemples de Mots sans aucun changement, affluence, LICENCE, MUNIFICENCE, NEGLIGENCE, PREFERENCE, SCIENCE, etc.

Inversion; decence donne decency.

Mots tirés directement du Latin à l’aide du Français : BENEFICENCE et BENEVOLENCE, DIFFIDENCE, SEQUENCE ; AR- DENCY, FLUENCY, LATENCY, etc.

Remarque : à cette famille de Mots se joignent deux groupes différant avec elle d’origine, dont offence, mal orthographié, notre offense, d’oFFENSUM; et suspense, notre suspens, de suspensus, régulier, venu à travers nous, comme l’est, directement du Latin, incense, d’iNCENSus.

— TY et - ITT, traduisent notre — TÉ et — ITÉ, issus du Latin — tatem et — itatem : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française, comme novelty, de nouveauté. L’Anglais a aussi formé de ces Mots avec des éléments Français : CERTAINTY, NICETY, etc.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : admiralty, CIVILITY, LOYALTY, HUMANITY, SOVEREIGNTY, TIMIDITY, SURETY, VELOCITY, etc., etc.

Exemple d’un Mot retrempé du Français dans le Latin : equality, égalité.

Remarques : pity, amity, etc., viennent de pitié (pietatem) et amitié (amicitatem).

- MENT, est à nous, venant du Latin — mentum : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française comme

LES MOTS ANGLAIS

changement en Anglais change, la Finale tombant. L'Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide d’éléments Français, battlement (créneaux), pavement (pavé), etc.

Exemples de mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : advancement,

CHASTISEMENT, ELEMENT, FIRMAMENT, IIABILIMENT, MOMENT, ORNAMENT, SENTIMENT, etc., etc.

Exemples de mots retrempés du Français dans le Latin :

CEMENT, ORNAMENT, TORMENT, etc.

— URE, est à nous, venant du Latin — ura : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française, comme verdure, passé à l’Anglais tel quel. L’Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide d’éléments Français : failure, par exemple.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : caricature

et CULTURE, EMBRASURE, GARNITURE, MINIATURE et MIXTURE, NATURE, OVERTURE, POSTURE et PROCEDURE, signature et STATURE, etc., etc.

Exemples de Mots retrempés du Français dans le Latin : furniture, nurture (nourriture), RAPTURE.

— ION, — TION, — ATION, — ITION, c’est à nous, venant du Latin — ionem, — tionem, — A... ou i...tionem en tant que formes savantes, la forme populaire restant — SON, comme dans raison, reason : il est donc peut-être rare de rencontrer chez l’Anglais un mot en — TION d’origine toute Française.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin: action et

COMPUNCTION, HUMILIATION, REGION, SITUATION et SALU¬ TATION.

Exemples de mots tirés directement du Latin à l’aide du Français : auction, oblivion, mansion.

— Y enfin, c’est notre IE :

Exemples de Mots tirés directement du Latin à l’aide du Français ou retrempés du Français dans le Latin : i° Custody; 2° Family.

Les Terminaisons maintenant, situées sur la limite du Nom et de l'Adjectif et servant à tous les deux :

— OUR, ou — OR, c’est notre — EUR, comme dans honneur, honour, venant de — orem latin, honorem : il est rare de rencontrer un Mot en — OUR ou en — OR d’origine toute Française.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : ardour, fervour, labour, valour, vigour et vapour; tutor, tailor, etc.

LES MOTS ANGLAIS

Exemple d’un Mot retrempé du Français dans le Latin :

MALEFACTOR.

Remarque : il y a de nos jours une tendance, notamment chez les écrivains Américains, à rejeter l’a des substantifs en — OUR, ce qui équivaut à retremper dans le Latin tous les Mots de ce vaste groupe, y compris ceux d’origine tout à fait moderne. Ardor, fervor, valor, écrira-t-on, assimilant ces noms aux quasi-adjectifs : visitor, etc., et ôtant toute marque différentielle.

— ATE (autre que verbal), c’est notre — AT, venant du Latin — atus et — ata substantif ou participe : quoique le mot puisse être d’origine toute Française, comme opiate, opiat.

L’Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide d’éléments Français.

Toutefois — atus donne le plus souvent é et — ata ée, comme évêché et chevauchée, provenant d’EPiscoPATüs et de caballicata : c’est donc un grand nombre de nos Mots notamment en — é, que l’Anglais, changeant cette finale pour — ATE, retrempera dans le Latin; comme curate, curé, etc.

Les cas, comme galeated casqué, offrent la rencontre de deux participes, l’un Latin, l’autre Anglais.

Exemples de Mots tirés directement du Latin à l’aide du Français ou retrempés du Français dans le Latin : i° Hastate, muricate; 20 Profligate, private, truncate, vica- RIATE, ULTIMATE, etc.

— TIC, c’est notre — IQUE, venant du Latin — icus et du Grec — ixoç : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française, comme artistic, artistique. L’Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide d’éléments qui lui sont propres : RUNIC.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin et du Grec :

ANGELIC, DOMESTIC, FANTASTIC, RUSTIC, VOLCANIC, ARCTIC, ANALYTIC, authentic, TELEGRAPHIC.

Exemples de Mots retrempés du Français, où ils existaient dans le Latin et le Grec : barbaric, gigantic, majestic,

PEDANTIC, THEORETIC.

Remarque : arithmetic, logic, magic, music, rhetoric, viennent du Français qui les demanda aux noms grecs en — ixoc; pluriel que l’Anglais a maintenu plus ou moins bien à l’aide d’une — .s dans acoustics, ethics, mechanics, metaphysics, poetics, etc., comme, du reste, nous disons mathématiques. Calisthenics, que nous n’avons pas, semble pris de première main à la source de cet afflux abondant de mots.

— ARY, c’est notre — AIRE, venant du Latin — arius et — aris, pour des Adjectifs et des Noms; — arium, pour

LES MOTS ANGLAIS

les Noms seuls : quoique le Mot puisse être aussi d’origine toute Française.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent ou non du Latin : missionary, secondary,

VXSXONARY.

Adjectifs.

maintenant : purs et simples.

— ABLE et — IBLE, sont à nous, venant du Latin — abilis et — ibilis : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française, comme notre croyable, dont on a fait crédible. L’Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide d’éléments Français, comme able, accountable, forcible, mana-

GEABLE, SEASONABLE, VALUABLE.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : acceptable et accessible, comfortable et contemptible, estimable,

IRREPRESSIBLE, REMARKABLE, etc., etc.

Exemples de Mots tirés directement du Latin selon le moyen Français; et d’autres retrempés du Français, où ils existaient, dans le Latin : i° Audible, etc.; 2° Responsible, etc.

Remarque : notxceable, peaceable, agreeable, etc., gardent l’e ou les deux ee du Radical indigène, d’où la figure singulière attachée pour nous à leur Terminaison.

— OUS, — EOLJS et — IOUS, ce sont nos — E (muet) final, — 01 ou — EUX, puis — IEUX, venant du Latin — us, — eus, — ius : quoique le Mot puisse être d’origine toute Française, comme hideous, outrageous. L’Anglais a aussi formé de ces Mots à l’aide, tant d’éléments Français impétueux comme boisterous ( empoisonné ), covetous {avide), poisonous ( ruisseaux ), multitudinous, etc., que d’éléments indigènes : car — EOUS correspond au Suffixe Saxon — wis dans righteous.

Exemples de Mots simplement pris au Français, qu’ils lui viennent régulièrement ou non du Latin : desastrous, pious, etc.

Exemples de Mots tirés directement du Latin selon le moyen Français; et d’autres retrempés du Français, où ils existaient, dans le Latin : i° Noxious, obstreperous ; 2° Erroneous.

Remarque : meritorious, traduit méritoire, timorous, timoré, non sans quelque chose de barbare ; et jealous, jaloux : mots à joindre à la page des erreurs.

A ces Finales importantes du Nom ou de l’Adjectif, ajoutons-en d’autres, issues également du Latin à travers le Français, et dont la fréquence est moindre.

LES MOTS ANGLAIS

Pour le Nom seul d'abord :

— TU DE, est à nous, selon — tudo latin; reconnaissons

Page 1