ATTITUDE, BEATITUDE, CERTITUDE, GRATITUDE, MULTITUDE
solitude et vicissitude; considérez fortitude, magnitude, etc.
- ISM, et — IST, ainsi que — ITE, à nous, selon — kî| j.oç, et — iff-roç grecs et — itoç; reconnaissons atheism, catechism, euphemism, schism, etc.; et considérez idolism, modernism, propagandism, criticism, etc., et autres hérétiques : cette Finale se prenant en mauvaise part, sauf en Levite et les termes bibliques. L’Anglais, comme le Français et presque toutes les langues de la civilisation moderne, voit de tels Mots se répandre chez lui avec profusion, apparaissant, disparaissant ou demeurant. Cette Terminaison est commune aux parlers les plus divers, et par elle (avec quelques autres) presque tout idiome garde aujourd’hui une aptitude créatrice.
(La Terminaison verbale correspondante ici bientôt étudiée, c’est — ISER , d’où l’Anglais fait — IZE et — ISE.)
- ASM, notre — AS ME; et — AST, notre — A STE, permettent de reconnaître enthousiasme dans enthusiasm, puis sarcasm et spasm, etc. ; ainsi qu’ENTHUSiAST. Nous ignorons protoplasm, lait des tissus végétaux, d’où protoplast, et periphrast, qui fait des périphrases.
(Terminaison verbale — AZE.)
Pour l'Adjectif seul :
— IVE, notre — IF, qui, quand il n’est pas traduit à l’aide d’un redoublement de Vf final (voir le Deuxième Livre) revient à la forme latine — ivus ainsi traduite. Reconnaissons ACTIVE, CREATIVE, DISTINCTIVE, EXCLUSIVE, IMAGI¬ NATIVE, pensive, répulsive et superlative; et considérez AUTHORITATIVE, RESPONSIVF., etc.
Le nombre de ces Mots est immense : ne pas confondre sensitive Anglais, adjectif, avec notre forme féminine sensitive, Nom; etc.
— OSE, tiré par le Français du Latin — osus, nous l’avons peu, même dans les noms en — OSITÉ, traduit par OSITY. Reconnaissons grandiose, et considérons globose, operose, otiose. Assez de nos Adjectifs en — EUX, comme belliqueux, glorieux, sont retrempés dans le Latin pour que nous n’ayons point précédemment compris bellicose, gloriose, au rang des exceptions ; je les cite à présent. Animosity, curiosity, iMPETUosiTY, c’est à nous ; mais non pomposity, scrupulosity : quant à fabulosity, mulierosity, populosity et speciosity, le xvne siècle, très épris de la Finale en question, les émit en Anglais, mais les retira luimême de la circulation.
LES MOTS ANGLAIS
- ANT, — ENT, — IENT, — LENT, et — ESCENT, tout ceci est Français, comme — antem, — entem, — lentem, — ientem, — escentem, sont latins. Reconnaissons
CONSTANT, ELEGANT, RAMPANT, JUBILANT, PETULANT; INSO¬ LENT; conscient; adolescent; opulent, somnolent, truculent, violent, etc.; et considérez blatant, indignant,
NUTANT, COMPLIANT, EXTANT, PREGNANT; BENEVOLENT et
malevolent; lenient, nutrient, ebullient; juvenescent, marcescent et nigrescent; fraltdulent, silent, redolent, etc.
Remarque : on voit ici la Dérivation adjective des noms
en - ANCE, - ANCY, - ENCE, - ENCY, - IENCE, - LENCE
et — escence; pas donnée après les Substantifs, car la marche adoptée dans ce Livre comme dans le précédent, suit l’ordre distinct des Parties du Discours.
Pour l’Adjectif et le Nom, Terminaisons pareilles :
- - IN et — INE, notre — - IN, tantôt pris tel quel, tantôt retrempé dans le Latin, ou tiré selon notre moyen, à nous,
soit BASIN, COUSIN, FLORIN, RESIN, RUIN, et VERMIN, Soit :
i° Canine, divine, féminine, marine, masculine; 2° Internecine {mortel).
Ne pas confondre — INE, anglais avec notre féminin; et remarquer rapine, routine, qui gardent cette Terminaison.
— AL et — IAL, — NAL, notre — AL souvent, pour la première de ces formes : souvent pour les autres, celles-ci
— EL, — IEL, — NEL (à nous venues du Latin — alis,
— ialis, — nalis, dans les Adjectifs, et de la forme neutre en — E de cette finale, dans les Noms). Reconnaissons, outre martial, nuptial, partial, etc., formes savantes qui s’accordent avec la forme Française retrempée par l’Anglais dans le Latin, accidental, natural, influential, habitual, sensual : puis considérez carnal, d’une part et de l’autre, parental ou developmental, suicidal.
Remarque : un certain nombre de Noms, qui finissent en Français de façon variée, reçoivent — AL en tant que surcroît de Terminaison, ainsi que récital, refusal, et, du reste, les Adjectifs diurnal, prodigal; ou le substituent à leur Terminaison, comme disposal, pour disposition, acquittal, pour acquittement. L’Anglais enfin improvise, avec nos éléments, les mots revival et rehearsal; et même avec les siens propres, upheaval, etc. Ne point, avec tout ceci, confondre bridal, par exemple, ou burial; où — AL remplace un élément indigène détérioré.
Toutes les Terminaisons Anglaises, issues du Français, puis retrempées dans le Latin, sont-elles là ? Non, car une étude de ce sujet, poussée jusqu’à ces dernières limites, néces-
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siterait la révision entière du double Dictionnaire des Rimes mis à la disposition des versificateurs dans l’une et l’autre langue. Traiter le menu détail d’une telle question : il faudrait, pour cela, aller bien plus loin que ce présent aperçu ne nous y autorise, même après avoir noté que — âtre se relatinise en — aster, ex. alabaster et poetaster; — in en
— ign, ex. dessin, design; — oire en — orious, ex. notoire, notorious; — ond en und, ex. moribund; — igné en — ne ou — ign, ex. line et SIGN.
La régularité est souvent parfaite. Ce sera dans abscess,
CYPRESS, EXCESS, PROCESS, RECESS, etc., OU OBJECT, PROSPECT,
selon notre « abject »; et ici c’est nous qui avons tort, nous, Français.
Qui veut être logique avec soi-même doit, ayant fait de notre candide, candid, élaguer net la Terminaison Latine
— us dans lepid, rabid, rancid, stolid, vivid, etc.; et presque encore écrire remorse, sane, secure, sparse, terse (malgré remorsus, etc.) si l’on considère, en se reportant au commencement des Terminaisons, que 1’ — E muet vient ou disparaît, dans les agissements de l’Anglais à notre égard, comme à volonté.
Verbes
Les Verbes; qu’il y aurait à dire à ce sujet!
Plus singulièrement qu’avec le Nom et qu’avec l’Adjectif, ce double procédé de (relatiniser les Mots Français et franciser les Mots Latins) a lieu ici, parfois à propos du même Mot.
Mais groupons et abrégeons.
Des règles, en est-il, ou tout au moins quelque Terminaison verbale régulière; je n’en sais qu’une, venue de dehors, et c’est du Grec, oui, mais par l’intermédiaire du Français : la Finale — I2jE qu’une plus juste appréciation de ce fait conseille aujourd’hui d’orthographier de nouveau — ISE, à'iser, comme dans latiniser et gréciser, et non directement d’ — iÇw. La signaler paraît nécessaire, malgré que le cas en rentre strictement dans celui des Verbes de la première conjugaison changeant — ER en — E muet : à cause de la propension qu’éprouve l’Anglais contemporain à finir ainsi presque tous les Mots techniques comme to geologise et même to plutarchise, s'occuper de Plutarque.
Vous vous rappelez à quel point a servi, pour classer les permutations entre Verbes Français et Verbes Anglais, notre Conjugaison. La suivre ici encore? mais celle du Latin n’y correspond point absolument, d’abord; puis le Verbe, qui résulte dans l’Anglais, a obéi à des analogies tantôt puisées en France, tantôt à Rome. Nul embarras; car dans des séries de Mots qui, faits avec la plume, semblent devoir
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offrir une régularité plus grande que s’ils s’étaient formulés aux lèvres des races, le contraire a lieu. Sur des faits seuls, c’est-à-dire sur l’existence (telle qu’elle apparaît aujourd’hui) des Vocables dans l’Anglais, il s’agit d’édifier l’effort d’une Glassilication.
Je commence.
Nos Verbes, par la voie populaire, ont le plus souvent tiré leur Infinitif d’un Infinitif Latin : et si quelque Substantif les accompagne, issu ou point d’un Nom Latin à l’Accusatif, il est fait d’un Supin, comme, par exemple, tendre et tension. L’Anglais néglige l’Infinitif : et tout, pour lui, se passe entre la première personne du Présent de l’Indicatif et le Supin; y a-t-il un Nom verbal ? alors le Verbe et celui-ci procéderont indifféremment de l’un ou de l’autre de ces Modes Latins, souvent à l’inverse du Français.
Exemples de Verbes Anglais, tirés de la première personne du Présent de l’Indicatif d’un Verbe Latin; et dont le Verbe Français, s’il existait, aurait pris l’Infinitif : to add,
TO ACQUIRE, TO EVOLVE, TO EXPEL, TO EXPLODE, TO ILLUDE, TO OBTRUDE, TO OCCUR, TO PERVADE, TO PONDER, TO PRO¬ LONG, TO PROPEL, TO PROSCRIBE, TO RECLINE, TO RECORD, TO RELAX, TO REPREHEND, TO RESCIND, TO SECEDE, TO SE- CLUDE, TO SEDUCE, TO URGE, etc., etc. Ajoutez TO TRADUCE, diffamer, mis hors page à cause d’une divergence dans la signification : le reste, peine perdue que de le traduire, car il n’est aucun de ces Mots qui ne fournisse au Français un Adjectif ou un Nom dont le sens ici peut guider. To extoll (où l’L se double), to portend, to seclude, et to tinge, toutefois, obligent à recourir à des souvenirs Classiques; tandis que ces autres, to précédé, to respond, to reverse, to serve, to send, évoquent tout de suite leurs analogues Français issus d’un Infinitif Latin.
Exemples de Verbes Anglais, tirés du Supin d’un Verbe Latin; et dont le Verbe f rançais, s’il existait, aurait pris l’Infinitif : to act, to advert, to eject, to elicit, to erase (au lieu qu’on a to abrade), to excerpt, to exhaust, to express, to extort, to obstruct, to possess, to predict,
TO REACT, TO REMOTE, TO RETORT, TO SELECT, TO VOMIT, etc.,
etc.
Même remarques que tout à l’heure, à faire (cette fois, de vous-mêmes).
Rien que de très simple, jusqu’à présent; car, d’où qu’ils procèdent, ces Verbes, que ce soit de l’Indicatif ou du Supin, en laissent tomber les désinences, soit presque toujours — o de la troisième Conjugaison Latine et l’universel — um : abréviation, ici absolue, chez nous partielle, mais chute toujours. Qu’est-ce donc que tant de formes moins simples qui surgissent à votre esprit : comme to obtain, to remain,
LES MOTS ANGLAIS
TO PERTAIN, TO SUSTAIN, Composés de TENEO et TO REMAIN, to appear, to PREVAiL, to redeem ? J’interromps la réponse projetée : à savoir qu’il y a là comme une sorte de copulation des désinences, eo, 10, point tout à fait tombées, avec la liquide d’avant l, r, n, m ? Oui : mais to ordain, pris à ordino, to redeem, à redimo ? Fausse analogie; d’accord, et affaire d’accent, que ce renforcement.
Que, dans les cas principaux, se distingue bien, malgré l'enchevêtrement des irrégularités, une sorte de distribution fondée sur les Conjugaisons Latines; certes : elle n’éclatera, cependant, que dans les deux groupes d’exemples suivants, modelés sur le premier et le second de nos paradigmes verbaux ou sur les mêmes, Latins : les Verbes en — ATE, désinence — atum du Supin abrégée, et ceux Classiques (2e et 4e Conjugaison en — re) ayant pris - ISH Anglo-Saxon
pur. Soit TO ADMONISH, TO EXTINGUISH, TO PUNISH, TO VA-
nish, etc. ; soit to exculpate, to generate, to incrassate,
TO INFURIATE, TO LEVIGATE, TO LUCUBRATE, TO PALLTATE, TO PERCOLATE, TO PREDICATE, TO REMONSTRATE, TO RETA- LIATE, TO SEGREGATE, TO SINUATE, TO VACATE, TO VARIE-
gate, etc., etc., qu’il ne faut pas confondre avec les Adjectifs Anglais faits de Participes Passés Latins. Discernez de vousmêmes toujours, selon le modèle présenté par la première liste d’exemples verbaux, les Mots que ne possède point le Français des Vocables qu’il a paru mieux à l’Anglais de n’y pas prendre.
Ne serait-ce que pour tirer une vengeance de cet esprit qui jadis poussa l’Anglais à secouer notre joug originel, le Philologue pourrait mettre en lumière l’extraordinaire maladresse avec laquelle cette langue a agi quelquefois, en face du Latin : mais la Science n’admet que d’impartiales revendications. Nos droits à plus d’un Mot pédantesquement peint de Latin ou de Grec dûment posés, resterait à traiter impartialement de ceux-là, qui, pour user d’une expression juste, n’en sont que barbouillés. Sans indiquer même sommairement le bizarre fouillis de ces Vocables, je vais mettre à part deux ou trois groupes, avec lesquels les latinisants et les grécisants britanniques ont véritablement joué de malheur : tel, presqu’entier, je crois, le groupe des Adjectifs Latins en — ax, régulièrement dérivés par nous en — ACE qu’une bévue inexplicable de là-bas métamorphose en ACIOUS : perspicacious, precocious, rapacious, tena-
CIOUS, VIVACIOUS, VORACIOUS, et EDACIOUS, MERETRICIOUS,
pugnacious, etc., extraits directement de la langue primitive. Analysez aussi foliferous, laniferous, melliferous, vociferous, Terminaison Latine fer; et invidious, voluptuous, pour — osus, etc.
Le Français est coupable, ou mieux le commerce et l’indus-
LES MOTS ANGLAIS
trie de France, de maint barbarisme, dans les nouveaux termes scientifiques, comme capillophile, Mot Composé à la fois de Grec et de Latin; mais à l’Anglais, et par le fait de ses grammairiens, revient semicolon, point et virgule. Rien de plus légitime, par exemple! que de transposer, dans son entier, le Vocable du Grec au Latin, comme semicircle, chez nous hémicycle. Mais que dire de trouvailles barbares, comme celles de scissors, ciseaux, staltification, subking- DOM, TRAITOR, etc. !
Curiosités. Tantôt le mot vient du Latin à la française, sans nous avoir appartenu jamais; ce qui inquiète notre mémoire, ex. feretory, comme si feretoire avait lieu; or point, car le Latin est feretrum, la place de la bière dans V église : ou le contraire, il redresse un Vocable qui n’existe pas, comme trumpery et trumpet, tromperie et trompette , l’origine de ces deux Vocables similaires en Français étant inconnue au Latin.
Que maintenant des confusions, par milliers, se soient produites, quelque bizarrerie ne messied pas dans le Langage : car il ne faut point oublier que tel fait anormal, où s’indigne le linguiste, cause la joie souvent du littérateur, voué à un travail de mosaïque point rectiligne. Trop de régularité nuit; mais ce n’est pas aux Mots ancestor, le vieux Français ancestre, confondu avec antecessor; pheasant, grécisé par un ph, et latinisé par un T, mais d’après faisan; foliage, ou feuillage redevenu Latin, filose, sans filosus, pour filiform : ou ebony, lily, to occupy, pageant (de pegma), to parse ( analyser grammaticalement de pars),
POULICE, PRETENCE, PROSY, RAPE, TO RECOGNISE (de RECO- GNOSCO), TO RECONCILE, RIVULET, ROSMARY, ROTARY, SAT-
chel, sacred, school, scialism ( savoir superficiel, L. sciolus), sconce ( lanterne de sconsa, absconsa, B.-Lat.), secrecy,