‹ OEuvres complètesChapitre 327 sur 655 · SIROCCO, ZENITH OU ZÉRO · texte numérisé non relu

SIROCCO, ZENITH OU ZÉRO

Considérer ceux-là seulement qui, anglicisés par l’intermédiaire du Français, gardent (non comme amber, alembic, tariff) la trace d’une transformation quasi-régulière : mais les fantasques, comme chemistry, crimsom, mattress, mummy, pashaw, etc., chimie, cramoisi, matelas, momie, pacha; ou tels qui ont été retouchés selon le goût Arabe, comme

ALCOFIOL, ARTICHOKE, CARAVANSERAI, DRAGOMAN, SCIMITAR

( drogman et cimeterre).

Sont enfin tout à fait particuliers à l’Anglais, attar, lime, shrub, etc. : qu’il les garde à l’état primitif, ou bien les déforme, soit à sa guise, soit d’après nos usages.

Langues européennes Allemand.

Sont introduits dans l’Anglais au même titre que les Mots Italiens, Espagnols, etc. :

Gooseberry, qui ferait, en Anglais, groseille à oie, comme

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nous disons groseille à maquereau , n’est que krausel beern, la baie hérissée, à cause de ses poils ; rusk, gâteau dur, a derrière soi rusken, craquer; et scoundrel, gredin , schandkerl, mauvais garnement; et wallet, sac à provisions, waller, voyageur; et frolic, gai, froelich. Meershaum reste intact; et hock perd sa Terminaison — eimer; mots qui ne nous sont pas absolument étrangers. Curiosité, maul-stick, le bâton du peintre, se compose d’un nom Anglais, et d’un déterminatif, Allemand.

Beaucoup d’autres exemples seraient à citer, sans que l’on touchât en rien au fonds assez considérable de mots d’origine Germanique rapportés par le Français à l’Anglais, qui en avait tantôt perdu, tantôt conservé les équivalents ; fusions ou restitutions. Ce cas ressort du premier et du second Livres, Élément Gothique ou Anglo-Saxon, de l’Anglais, et Élément Roman ou Français (l’y voir).

Suédois, Norwégien, Islandais.

Noter quelques Mots Suédois ou Norwégiens, comme hoy, un grand bateau, et lemming, une espèce de rat septentrional : tandis que les ressemblances avec l’Islandais (haberdasher, warlock, etc.) viennent bien plus de liens de famille avec le Scandinave que d’emprunts.

Hollandais et Flamand.

Mille rapports de famille avec des Mots de ces deux pari ers également : on ne remarquera ici, toutefois, que les emprunts.

Le Hollandais a donné pige dans pea -jacquet, un gros drap, tattoo, roulement et sonnerie militaires, howker, un vaisseau à deux mâts, jib, une voile triangulaire. Nous avons pris yacht, hollandais aussi, à travers l’Anglais, et schooner et sloop; sans que l’Anglais, dans ce cas presque exceptionnel, nous doive rien à son tour. Skate, patin, tafferel, terme de marine, etc., grossissent cette liste de vocables tantôt intacte, et c’est rare, tantôt anglicisés. Marine et métiers principalement.

Ne point omettre gas, notre gaz, de geist, en flamand, qui signifie esprit, comme l’Anglais ghost : ce Mot a-t-il été emprunté par nous directement, puis prêté; ou le tenons-nous de seconde main : question qu’il appartient à l’histoire seule de décider. Plusieurs autres acclimatations du Hollandais et du Flamand dans l’Anglais ont eu lieu; il faut bien se garder de les confondre avec les Mots analogues d’une langue à l’autre, frères comme elles sont sœurs.

Langue d'Oc ou Provençal.

Si l’on ne cite pas tous les Mots émigrés du Français à l’Anglais depuis deux ou trois siècles et hier même, c’est

que, malgré l’air nouveau qu’ils gardent même pour nous, maint exemple en a été donné dans le Livre : Elément Roman ou Français; ce classement est peu scientifique peut-être, mais d'effet moins paradoxal.

Quelques Mots viennent directement du Provençal; et, quoique ce parler, la langue d’Oc rivale ancienne de la langue d’Oil, se classe rigoureusement dans les patois (c’est-à-dire dans les dialectes du passé que prima l’idiome victorieux, le Français), il a, cependant, montré jusqu’à maintenant une importance littéraire trop considérable pour n’avoir point place à part. Tel, par exemple, fortalice, un fort, pris tel quel; ou, anglicisés, to award, regarder, d’ENWARDER, to enhance, mettre en avant, d’ENANSER, deux vieux mots, et treachery, trahison.

Italien.

Omettre tous les Mots introduits par le Français, comme balustrade, caricature, gazette, qui gardent le caractère de notre langue; et ceux qui, de pur italien, demeurent tels que chez nous, comme soprano et ténor : les uns et les autres se montrent très rares. L’habitude Anglaise prépondérante, de rendre aux mots leur couleur originelle, triomphe (ici qu’il s’agit d’une langue voisine ou facile à connaître) ; gondola, et non gondole, improvisatore, lava, portico, stanza, etc., sont de ceux à quoi l’on pouvait s’attendre, et portfolio, et terracotta, et torso, etc. Fermes d’art, choisis par l’Anglais, comme nous prîmes des termes militaires.

L’anglicisation n’a peut-être lieu que pour mizzen, misaine (et encore est-ce, vraiment, à travers nous), mountebank, saltimbanque, sash, écharpe, ceci de sessa. Mais influenza, la grippe, martello, un fortin, motto, une devise, piazza, une place, etc., passent, à notre insu, de l’Italien dans l’Anglais. S’arrêter par curiosité à seraglio, venu du Turc par l’Italien, et a seignior, qui n’est ni signor, ni notre seigneur, ni senor, espagnol.

Espagnol, Portugais, puis Mexicain et Péruvien.

Termes de navigation dus aux voyages et divers au commerce et aux longues relations politiques avec l’Espagne; peu d’acquêts antérieurs au xvie siècle.

Omettre barricade et quelques très rares mots français; ainsi qu’EMBARGO, gala, et quelques très rares mots gardés par nous intacts.

Remarquer les mots paroçhjet, déformé, mais d’après nous; à côté de jennet, grenade, salver, une assiette, gammon, un jambon, hurricane. ouragan, trice, un instant, ou sherry, et d’autres nombreux, le tout d’après des originaux tels que salva, jamon, hurricano, tris ou xérès.

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Si JUNTO, PEDESTAL, PECADILLO, MULATTO, NEGRO, etc.,

ne sont peut-être que nos junte, piédestal, peccadille, mulâtre, négro, restitués au fonds primitif : en revanche, desperado, poncho, nous sont comme inconnus; et ce n’est que par l’Anglais que nous savons qu’ils signifient un homme perdu et un manteau.

Ne point quitter l’Espagnol sans jeter les yeux sur quelques vocables portugais : commodore, palavere, ou verandah.

Mots : mexicains, rhum et rum, ocelot; péruviens, llama, mahqgany, ce dernier anglicisé, de mahogan, acajou.

Langues de l’Asie, de l’Afrioue et de l’Australie Persan.

Le Persan a fourni directement howdah, siège au dos d’un éléphant, mohur, monnaie d’or dans l’Inde Anglaise, mots intacts; quant à azuré, balcony, bazaar, jasmine, sherbet, etc., qui ne représentent que nos Mots défigurés, inutile d’en prolonger la liste ou d’y joindre turban, indigo, etc., passés tels quels, ni hookah restauré dans son orthographe.

Le vrai traitement que méritent de pareils vocables me semblerait leur distribution, dans un abrégé moins sommaire que celui-ci, en couches d’âges divers, commençant, par exemple, avec paradise pour finir avec sepoy, chez nous cipaye.

Hindoustani, Malais et Javanais.

Hindoustani : banial. batta, suttee, etc., etc.; que de Mots ignorés de nous, au milieu desquels, certes, se reconnaissent calico, jungle, muslin et rupee, francisés en calicot, jungle, mousseline et roupie. Quant à rajah, nous l’avons reçu intact, par l’Inde Anglaise, ainsi que shampoo, et beaucoup d’autres, comme cela devait avoir lieu : mais l’Anglais n’est-il pas tributaire au Français pour l’orthographe de palanquin, écrit souvent, il est vrai palankeen, etc.

Malais : bamboo, oui, vaut mieux que bambou ; mais caoutchouc, ne vient à l’Anglais que par nous : quant à gong, gutta-percha, orang-outang, communs aux deux langages, inutile d’en chercher l’importateur. Seuls, bantam, Cambodge, mango, et quelques autres usités là, sont inconnus ici. Sago est javanais.

Turc, Chinois et Japonais; et Mots de l’Amérique, de l’Afrique Centrale et de l’ Australie.

Presque d’eux-mêmes, viennent se ranger, dans ces dernières notes, le Turc, plus Asiatique qu’Européen, le Chinois et le Japonais, enfin les parlers presque sauvages

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de l’Amérique du Nord, de l’Afrique Centrale et de l’Australie : constituant un groupe qui répond à une vaste et vague famille du Langage dont il sera parlé tout à l’heure dans la Conclusion. Tout ceci bien épars, comme ces langues; qui, si elles sont probablement alliées entre elles, ne le sont à coup sûr avec aucune de celles déjà passées en revue.

Turc.

Le Turc peut donner des Mots barbares ou civilisés; et, avec le Finnois, exige une place à part: car ces langues n’appartiennent ni à la grande souche Aryâque dont il est question exclusivement dans cet ouvrage, ni à l’autre, la Sémitique, où viennent se rattacher à l’Hébreu comme l’Arabe; mais à une troisième, vague encore et propre à recevoir tout ce qui ne vient ni d’ici, ni de là.

Mots turcs, donc : Bey, bien connu de nous, chibouk, que nous écrivons chibouque (qui a raison?), etc.; quant à tulip, kiosk, à coup sûr ils viennent de France; et que janisary, de janissaire, soit anglicisé ou verni à la turque, ceci ne représente pas une recherche très profonde.

Mot finnois : wake, sillage, de wako.

Chinois et Japonais.

Reconnaissons satin, comme notre bien; nous orthographions mieux thé, mot chinois provincial, que les Anglais ne le font avec tea : quant à pekoe, hyson, variétés de l’infusion anglo-chinoise, appartiennent-ils à quelque nationalité (inscrits tels quels sur tout registre de la douane et du commerce internationaux) ? Nankin reste en anglais nankeen; mais caddy, la boîte à thé, n’offre rien d’autre qu’une détérioration gratuite du mot katté, poids marqué d’abord sur les paquets.

Le Japonais, eu égard à l’admiration causée en Angleterre comme en France par les produits merveilleux de l’art que révéla la terre où il se parle et s’écrit, n’a expédié que peu de Mots, marques de commerce ou de douane. Mikado, Taicoun, font peut-être seuls exception : acclimatés dans l’Anglais et chez nous, assez pour que la conversation légère ou le journal les emploient, même en parlant de dignitaires européens (comme on dirait d’un haut fonctionnaire, un pacha).

Australie et Afrique Centrale.

Boomerang est la transcription Anglaise d’un Mot Australien; les divers parlers polynésiens exportent tattoo, qui est le tatouage et fait un verbe to tattoo, puis taboo, un instrument sacré : et lui-même, le Hottentot, gun, une

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auberge , ou kraol, un village, Mots passés des récits de voyageurs dans les publications géographiques; ainsi que tset-se, un insecte nuisible redouté dans le Sud de l’Afrique.

Langues sauvages

Amérique du Nord.

Cacique, calumet, condor, mocasin, pampas, wigwam, tomahawk, quel jeune Lecteur de vieux voyages français ou des récits de la prairie, ne connaît ces Mots, traduits les uns et les autres intacts. Macaw, veut dire un grand perroquet, pemmican, une certaine préparation comestible, etc. Les lettres anglaises qui sont latines, quoique ne représentant qu’à la faveur de bien des ruses orthographiques les sons anglais, paraissent faites pour ne pas troubler par trop l’économie de ces Mots de l’Amérique du Nord, non plus que de ceux pris à l’Inde : les deux contrées (détail curieux!) où triomphe la colonisation britannique.

Avant de quitter notre sujet, pour aborder les Noms Propres, il faut, mais absolument, établir que les listes où le Lecteur a jeté les yeux, ne servent à rien d’autre qu’à émailler de leur plaisante variété, la nomenclature des Mots qui composent une Philologie Anglaise. Plus de citations eût marqué le Livre d’un cachet exotique ou étranger par trop voyant et moins ne suffisait pas; c’est, toute proportion gardée avec les Tables diverses du volume, que ces spécimens ont été réunis : à titre seul d’exemples. Toute longue dissertation ici a, pour qui la risque, des périls : se méprendre sur les chemins différents suivis par tel vocable avant d’arriver à l’Anglais. Textes et dates en main, plus tard, le Philologue pourra, sa science ayant suscité des recherches précises dans tous les sens, ne parler qu’à coup sûr.

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APPENDICE

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