CONCLUSION
et Résumé : Ou’est-ce que l’Anglais; car cette interrogation, faite au début du tome, revient à la fin. Si l’on rappelle ses souvenirs autant que mille réflexions attendant, pour converger en l’esprit, que tout fût dit, cette réponse se présente comme la plus générale : L’Anglais est un idiome composite.
Développement spécial de l’Anglo-Saxon, au milieu de l’affluence et aussi de l’influence subites des Mots de langue d’Oil, puis retrempe, dans notre Latin paternel, d’une portion notable de ces mots et emprunt direct fait à ce parler défunt, avec des habitudes françaises, de presque le reste de son vocabulaire ainsi parfois qu’au Grec : telle, outre maint don accepté de tous les langages possibles, la formation de l’Anglais étudiée enfin. Naturel, factice et naturel à la fois, factice, il est tout (car le fait du Scandinave introduit par deux fois, ou du vieux Celte, ou de la double couche classique de la Conquête Romaine et des Missions chrétiennes, oblige à unir l’un et l’autre de ces qualificatifs) : comme encore ou artificiel et instinctif, ou savant et populaire, cela dans des combinaisons aussi nombreuses que celles de la rose des vents, sud-sud-ouest, estnord-est, etc. Les yeux un instant fermés à trop de complexité et de distinctions pour trouver place, non seulement aux pages d’un Traité élémentaire, mais dans les quelques phrases qui le finissent, laissez se produire chez vous la synthèse de toutes les lois, les règles et les observations en composant comme le dessin principal. Que le plan de l’ouvrage, simplement, revienne dans sa netteté.
Ce parler contemporain, l’Anglais, offre une fatale et merveilleuse alliance du germe barbare, d’où naquit le monde moderne, avec le leg antique, qui en a fait l’éducation.
Toute statistique (bien faite pour les traités du Style) n’apparaît en Philologie que comme illustration d’un dire entre beaucoup : elle ne tranche rien de façon générale et décisive. Sans tenir compte de variations orthographiques légères au cours de sa moderne histoire, il faudrait, l’Anglais simplement analysé en tant que matériaux linguistiques depuis Chaucer jusqu’à maintenant, montrer plusieurs nobles échantillons de ce qu’il est, ainsi qu’il s’offre à une étude patiente : et profiter de cette occasion pour le soumettre à quelque calcul. A quoi bon ne point dire tout de
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suite que lorsque le nombre de Mots Saxons ou Germaniques ne monte qu’à 13.000 et quelques cents Mots, le Vocabulaire Classique (et Français) en compte de 29 à 30.000 : chiffres qui ne prouvent pas davantage en la faveur du Classique et Français que contre le Saxon ou Germanique; car l’importance des Vocables dans la Langue mieux que le nombre peut faire pencher, différemment d’un côté ou de l’autre, la balance. Juste notion que celle du plus ou moins de valeur attribuable à telle ou telle série des Mots : peut-être qu’il sied de chercher de quelle lignée procéderont, rangés d’après la classification du Discours habituelle, les termes prépondérants; or, point : substantifs et verbes, ainsi que leurs acolytes, adjectifs et adverbes, se retrouvant, ici, là, en s’y distribuant presque également. Par exemple, l’article, le pronom, la préposition employée isolément (c’est-à-dire pas en affixes) la conjonction et la précieuse interjection, geste spontané de l’organisme vocal de la race, sont Gothiques : très bien, mais, de cela même que ces Mots servent d’articulation au parler ou de pivots, ils demeurent, d’autre part, toujours plus ou moins cachés à l’esprit qui les sous-entend, ainsi que l’atteste jusqu’à leur brièveté. Etc.
Quelqu’un va plus loin et demande : L’Anglais, riche du double élément qui préside à la formation de ses Mots, est-il une langue Gothique plutôt qu’une langue Classique (à travers le Français) : ce que ne peut résoudre un oui, non plus qu’un non. Le point de vue où l’on se place, tout en dépend; or, il est multiple et c’est même une succession de points de vue, se reliant entre eux, qui peut, seule, vous faire une conviction à cet égard. La Littérature d’un peuple, à une époque où le parler de tous les états sociaux est fixé par l’écriture, satisfait pleinement ou abondamment, dans les traités abstraits de la politique ou de la religion, dans les esquisses prises par le romancier ou le dramaturge sur le vif des mœurs intimes et publiques, ou dans la poésie aux cent nuances, tous les desiderata qu’implique l’idiome. Chacun de ces genres, en effet, se taille dans la langue, pour vêtir quelque idée maîtresse, une trame variée : ici comme transparente et recherchant les tons neutres, voile presque pareil à la pensée elle-même; là plus riche d’un éclat familier, émaillé, bariolé, multiple comme la vie. Divergence qui se montrerait presque tout de suite, extérieurement et de l’œil, dans deux morceaux (pour revenir à mon dessein de tout à l’heure) : un emprunté à la Science, où l’on peut souligner, comme des exceptions, les Mots d’origine Gothique ou de terroir; un à la Littérature proprement dite, où les rares, c’est ceux d’afflux Classique.
Vous attacherez-vous de préférence à l’opinion reçue, qui
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veut que les noms des éléments et des phénomènes primitifs, ceux des saisons, des corps célestes, ou exprimant l’heure et les divisions du temps, le spectacle naturel, les organes de votre corps ses poses et ses gestes; tout le langage de la vie, à dater du bégaiement de l’enfant, jusqu’à l’âge des passions. telles que la colère, l’indignation, etc., même la plaisanterie, soient Saxons : tandis que, Classique ou Français, le Vocabulaire d’une civilisation plus avancée, impliquant la complexité dans les sentiments et maint besoin physique et idéal que satisfait l’Industrie, la Science et l’Art ? Une seule objection à tout ceci, pour n’en point faire cent : comment se dit famille ? Family, de familia; l’un des mots, certes, les plus « familiers » d’une langue.
Qu’on discontinue cette recherche vaine, avant trait à la prédominance de l’un des éléments de l’Anglais sur l’autre, aussi purement national. A cause de cela seul (qui suffit) : à savoir qu’il n’a existé d’Anglais qu’après que ce qui est aujourd’hui le Français, ou la langue d’Oil du xie siècle, se fut mêlé à l’Anglo-Saxon d’alors.
Voilà.
Ni naturel ni factice, notre apport : mais les deux à la fois, puisqu’on l’emprunta tout formé, mais qu’il se déforma; tel est, dans l’ensemble de faits impliqué par le cas présent, le travail linguistique qui répond à l’un et à l’autre de ces termes habituels au Philologue.
Rêverie interdite à la Science (voyant forcément le seul côté des choses l’intéressant) que d’étudier si tel élément, parce qu’il est le primitif, est le suprême. Tout au plus quelque savant pourrait-il, dans un mémoire curieux, poser ce doute : En supposant que l’Invasion Normande ne se fût pas effectuée, en 1066, avec Guillaume le Conquérant, trouve-t-on, dans l’Anglo-Saxon d’alors, une vitalité et une force suffisantes, pour que ce langage, par des modifications dues à l’action du temps, produisît, à soi tout seul et sans levain étranger, quelque chose d’assimilable à l’Anglais d’aujourd’hui.
L’Allemand, oui, langue germanique pure, s’est développé de la sorte.
Mille et mille cas spéciaux venus à l’esprit d’un Lecteur ou de l’autre, ont pu, au fur et à mesure de la marche de ce tome, en être élagués par le fer impitoyable de la logique, prête à se tailler des voies directes et sûres; et ne pas trouver place : ils s’évanouirent.
Que votre mémoire leur prête un refuge.
Très importantes et bifurquant au point où l’on en est, l’une vers le lointain immémorial et l’autre vers un passé encore mêlé de futur, restent plusieurs Considérations,
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propres à conduire la réflexion aux limites de ce Sujet ; là où s’égare un peu tout savoir.
Auparavant, définir ce point : Le Présent de la Langue.
Aujourd’hui, où en est l’Anglais ? mieux, ce langage se trouve-t-il irrévocablement fixé ? Pareille solution nécessite mainte connaissance, de celles qu’on tient déjà et quelquesunes de l’avenir, interdit : la trouver, comment ? en repliant sa pensée sur tout ce qui a été dit. L’Europe politique (nul n’ignore quelle influence exerce sur la destinée de leur idiome le cours de l’existence des peuples) a deux sortes de langues : mères, si l’on veut; et filles. Mère, le Latin l’était, le Grec; et c’est encore, par exemple, l’Allemand (qui a bien passé par des phases d’enfance et de jeunesse avant sa maturité, mais n’a point changé de personnalité) puis le Russe, idiomes germanique et slave : quant aux langues Néo-latines, comme l’Italien, l’Espagnol, et avant tout le Français, elles figurent les filles. A la dernière catégorie appartient l’Anglais, contemporain du Français, par sa naissance et par sa croissance. Que moins que celles-ci doivent vivre celles-là toujours pareilles à elles-mêmes et stagnantes, on ne peut l’affirmer; car un autre point de vue consisterait à dire que le levain étrange porté en soi est fait pour conserver : à savoir, pour nous ou nos sœurs, la corruption et la mort du Latin, et chez l’Anglais la vitalité issue d’un croisement classique. Certains matériaux, demeurant éternellement primitifs, gardent, avec cette monotone jeunesse, l’inertie; et ce n’est qu’une opinion à moi propre que j’exprime en disant : L’Elément Germanique, abondant et naturel, demeure surtout un admirable ingrédient pour le mélange. Trêve de considérations nuageuses : L’Anglais est-il fixé (c’était toute la question posée au début) ? oui, quant à son orthographe ou quant à sa prononciation; et rien d’absolu cependant, car voici la mode, plus haut constatée d’écrire, parmi les Américains, — or pour — our en finale d’un Mot à nous pris ou au Latin, etc. Maintenant inaltérable et jusqu’à sa nécessaire décrépitude, tel l’Anglais : il en est au même point que le Français qui, lui, reçoit simplement du dehors (notamment du langage ici étudié), quelques Mots nouveaux, comme flirter, ou même stopper. La vraie particularité qui différencie les deux parlers, presque nulle chez nous, si remarquable à côté, reste la Composition à tout instant de Mots. Cela a diverses causes: nos Suffixes ne nous sont parvenus qu’à travers le Latin et sans valeur propre, contrairement à ceux Anglais; et pour la juxtaposition entre eux de Vocables, si fort de mise en Grec, le Latin la montre à un faible degré et nous l’a léguée moindre. Qualité toute germanique, celle-là, mais trop prépondérante en Allemand, par exemple, pour n’y point
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gêner, par une certaine uniformité visible dans l’agencement du Mot, l’éloquence; et par la pauvreté des rimes (à cause de leur fréquence) le poète : c’est peut-être un grand empêchement apporté à une littérature totalement originale. — Loin de formuler des critiques extérieures à l’objet envisagé par cette Philologie, il s’agit de constater que grâce à ces renouvellements, perpétuels mais dans le présent, de son propre fonds, mobile mais cependant stable, apportés par la Composition des Mots, un idiome, l’Anglais (beaucoup, je crois, grâce à notre influence) garde dans cette richesse une mesure heureuse.
Slave, Germanique ou Teuton : ces dénominations furent tout à l’heure appliquées à de vastes épanouissements actuels que montre le Langage de l’Europe. Chacun d’eux atteste la branche principale d’une des très anciennes souches linguistiques du monde : celle Aryâque portant d’autre part ces rameaux, le Latin et le Grec, et le Zend et le Sanscrit, puis le Celte.
A-t-il d’autres souches ? brièvement, oui : une Sémitique, dont l’Hébreu et l’Arabe, l’Éthiopien, le Copte aujourd’hui et jadis le Phénicien, le Syrien et le Chaldéen; une Touranienne ou le Turc, le Finnois, le Hongrois, et momentanément tout ce qui ne se rattache pas aux deux autres, même le Chinois, le Japonais, le Thibétain et les parlers de l’Afrique Nouvelle, de l’Amérique et de l’Australie. Vous savez la légende de notre race (car le Sémitique a pour lui, la Bible; et le Touranien, ses théogonies diverses). Au cœur de l’Asie Centrale, habitait, contemporaine d’âges préhistoriques, une vaste famille, dans la vallée de l’Oxus et sur les plateaux de l’Imalaya; d’où une invasion peut-être de Tartares la fit émigrer, en partie vers le Sud, dans la Perse et l’Hindoustan, en partie vers le Nord-Ouest, dans la Gaule, dans la Germanie, dans la Scythie, dans la Grèce et l’Italie.
Cette parenthèse close, j’ajoute que de presque tous les langages qui, par une décomposition du premier, naquirent en des terres d’exil, seul l’Anglais a reçu un apport, parfois demandé à différents âges. Aryen, il l’est, en tant que Teuton, tout Gothique et peu Scandinave; mais aussi bien comme Français, et comme Latin par trois fois; ou encore comme Celte, jadis, et Grec, maintenant. Les vocables exotiques, il sied de n’en point tenir compte ici, attendu que par l’Arabe et l’Hébreu, par l’Américain du Nord, etc., se montreraient des attaches Sémitiques, Touraniennes; absurdes... Non, Gothique et Classique (si l’on implique, dans cette dernière expression, le Français), voilà, double et claire, l’origine linguistique anglaise : et voir quelle rela-
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tion existe entre les deux termes de ce parentage, est notre tâche ici stricte. Du Latin et du Grec, situés à peu près sur le même plan, à tous les idiomes Teutons, cherchez ce qui a lieu (si quelque chose de spécial se passe) ; or, c’est une permutation de consonnes, lettres ayant une rare importance. Labiales, gutturales, dentales, sifflantes, l’aspirée et les liquides, cette distribution, qui relève de la Grammaire, a été entrevue au cours de Tables (celles des Familles et des Mots Solitaires de provenance Anglo-Saxonne) : rangées dans un tel ordre, les consonnes sont tantôt douces, ex. b, g, d, etc., tantôt fortes, ex. p, k, t, etc. Le changement, des consonnes Classiques aux consonnes Gothiques, apparut peut-être à qui nota les analogies latines et grecques, en tant que des douces aux fortes tantôt et tantôt des fortes aux douces. <I> grec et F (ou quelquefois B) latins donnent en Gothique, comme en Anglais, b : cppccTcop, cpépco, çrjyôç, ou frater, fero, fagus, grecs et latins, c’est, après brothra, baira et bôche, gothiques, l’Anglais, brother, to bear et beach. II grec ou F latin donne F gothique et anglaise : nrspov, ttoüç, ■nXéoç, penna, pes, plenus, grecs et latins, c’est, après fiodur (Islandais), Fotus et Fulls, gothiques, l’Anglais feather, foot et full. F grec et G latin donnent K gothique, et c, k (ou ch) anglais : yévoç, yuvf) et yôvu, et genus, genetrix et genu, grecs et latins, c’est, après kumi, quinô et kniu, gothiques, l’Anglais kin, queen et knee. K grec et C ou Z latins donnent h (ou g) gothiques et h anglais : xapSioc, xXùco, xeçaXv), et cor. laus (puis inclytus), caput, c’est, après HEARTO, HLOWAN, HAUBITH, gothiques, F Anglais HEART, lond et HEARD, head. X grec et CH latin donnent g gothique et g (ou j) anglais : /y)v, yopxoc; et et ( h)anser , hartus
et ( h)esternus , latins et grecs, c’est, après gôs, gards et gistra, gothiques, l’Anglais goose, garden ou yard et yesterday. A grec ou D latin donne T gothique et anglais : âocpivco, ïjSùç et e8u, et domare, sua(d)vis, edo, latins et grecs, c’est, après zàhmen, suss, esse, gothiques, l’Anglais to tame, sweet et to eat. T grec ou T latin donne th (ou d) gothiques et TH anglais : tù et crû, Tavaôç. cr-éyoç et xèyoç ou tu, tennis, tectum, latins et grecs, c’est, après thu, dunni, thak, gothiques, l’Anglais thou, thin, thatch. 0 grec, donne F (ou d ou b) latins et d gothique et anglais : Qûpa, Oujjtoç, OuyocTr)p, et foris, fumus, — grecs et latins, c’est, après daur, dauns et utar, l’Anglais door, dust et udder.
Déviations quelquefois dans le sens et plus d’une exception, il faut s’y attendre, si l’on dresse de mémoire, avec les Mots Latins et Grecs fournis au Livre premier, un tableau plus vaste que celui-ci (que je restreins à trois exemples par cas). Quelque trouble vient de lettres qui s’ajoutent inopinément : la permutation, cependant, tient bon presque
toujours au commencement des Mots. Telle la Loi de Grimm, appelée du nom de son inventeur, le célèbre grammairien allemand : par elle on peut, à coup sûr, apparenter la portion originelle de l’Anglais, ou Anglo- Saxonne, à la famille Aryâque; quant à l’afflux français et classique, c’est l’œuvre d’une Grammaire historique française* que rattacher au Latin le Français et d’une Grammaire latine, le Latin à l’antique Aryâque. Ne jamais transgresser les intermédiaires : toute la méthode est là.
L’histoire d’une Langue commence avec la formation de celle-ci et ne présente rien d’antérieur, que pour des notions générales à trouver; à vrai dire, elle cesse avec les évolutions ultérieures accomplies chez lui ou au dehors par ce parler. Traiter du Français, sans qu’il soit tenu compte de la nouvelle floraison fournie par lui, qui s’appelle la moitié de l’Anglais (notamment où survivent nos Vieux Mots) me semble manquer peut-être à quelque devoir. Tous les devenirs d’un idiome contemporain jusqu’à l’heure présente considérés, là se borne, par exemple, le domaine soumis à l’exploration du linguiste; qui n’a point à envisager l’avenir. Si vous connaissez l’état actuel de l’Anglais, relativement aux autres parlers et à certaines Lois primordiales, ce tome est à fermer, après l’échappée ouverte sur le vaste monde, vivant ou mort, qui vient de se révéler : et vous ne laissez pas cependant que de souhaiter quelques considérations plus précises! Voici. Aryâques, Sémites ou Touraniens, distribution génésiaque du Langage, mais une autre, qui modèle plus immédiatement ses phases sur le développement des formes mêmes, sera : Monosyllabisme, comme le Chinois, une station certes primitive, puis Agglutination, ou la jonction analogue à ce qui juxtapose deux Mots Composés entre eux ou des Affixes au Corps d’un Mot sans altération presque, enfin Flexion, ou l’effacement de certaines lettres intermédiaires et finales en contractions et désinences casuelles. Soit cette isolation pure et simple du Mot inaltérable, soit cette copulation de plusieurs Mots dont le sens demeure discernable; tout,
* Ce Livre excellent existe et toute la jeunesse aujourd’hui l’a entre les mains; double, en tant que Grammaire historique de la Langue Française et Nouvelle Grammaire Française , par Auguste Brachet : pour la Grammaire latine, le beau travail de M. Caix de Saint-Amour est là, tentant même l’érudit ainsi que le rudiment précieux de mon collègue au lycée Fontanes, M. Beaufils, satisfaisant l’élève. N’oubliez point le Dictionnaire étymologique français , de Brachet aussi, et le Manuel des Racines Grecques (donnant toute une partie latine) de M. Bailly : faits pour merveilleusement servir en l’étude que suscitera notre Traité.
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jusqu’à disparition même du sens ne laissant que vestiges abstraits et nuis acceptés par la pensée, n’est qu’alliage de vie et de mort et double moyen factice et naturel ; or, à chacun de ces trois états, riches de toutes leurs conséquences, peut se rapporter l’Anglais. Monosyllabique, il l’est dans son vocabulaire originel devenu cela au passage de l’Anglo- Saxon à l’Anglais du Roi; et même interjectionnel, un Mot identique servant souvent et de verbe et de nom. Qui de vous, dans les Composés, ceux enregistrés par la littérature ou jaillis au jour le jour, ne rencontre presque absolument le caractère agglutinatif ? Pour l’état flexionnel enfin, point n’est besoin de conserver des désinences casuelles : vives, comme PS du génitif et la déclinaison des Pronoms; défuntes, comme P jV final, une fois tombé l’accusatif latin, que gardent les noms par l’intermédiaire du Français, ou le T des supins dans maint infinitif. L’Anglais, pas plus que le Français, ne reste déclinable, d’accord : mais il se conjugue, quelque peu; enfin cent Terminaisons, notamment les Diminutifs, ne comportent d’elles-mêmes, lettres dépouillées et neutres, aucune acception.
Par sa Grammaire (dont il n’est question que dans l’autre tome de ce Traité) marche vers quelque point futur du Langage et se replonge aussi dans le passé, même très ancien et mêlé aux débuts sacrés du Langage, l’Anglais : Langue Contemporaine peut-être par excellence, elle qui accuse le double caractère de l’époque, rétrospectif et avancé.
THÈMES ANGLAIS
* Le manuscrit, d’après lequel nous reproduisons ici les Thèmes anglais, contient quelques mots erronés et plusieurs phrases inachevées. Nous avons respecté celles-ci, et corrigé ceux-là.