‹ OEuvres complètesChapitre 42 sur 655 · FEUILLET D’ALBUM · texte numérisé non relu

FEUILLET D’ALBUM

Tout a coup et comme par jeu Mademoiselle qui voulûtes Ouïr se révéler un peu Le bois de mes diverses flûtes

Il me semble que cet essai Tenté devant un paysage A du bon quand je le cessai Pour vous regarder au visage

Oui ce vain souffle que j’exclus Jusqu’à la dernière limite Selon mes quelques doigts perclus Manque de moyens s’il imite

Votre très naturel et clair Rire d’enfant qui charme l’air.

POÉSIES

REMÉMORATION D’AMIS BELGES

A des heures et sans que tel souffle l’émeuve Toute la vétusté presque couleur encens Comme furtive d’elle et visible je sens Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve Sinon d’épandre pour baume antique le temps Nous immémoriaux quelques-uns si contents Sur la soudaineté de notre amitié neuve

O très chers rencontrés en le jamais banal Bruges multipliant l’aube au défunt canal Avec la promenade éparse de maint cygne

Quand solennellement cette cité m’apprit Lesquels entre ses fils un autre vol désigne A prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

SONNET

Dame

sans trop d’ardeur à la fois enflammant La rose qui cruelle ou déchirée et lasse Même du blanc habit de pourpre le délace Pour ouïr dans sa chair pleurer le diamant

Oui sans ces crises de rosée et gentiment Ni brise quoique, avec, le ciel orageux passe Jalouse d’apportver je ne sais quel espace Au simple jour le jour très vrai du sentiment.

Ne te semble-t-il pas, disons, que chaque année Dont sur ton front renaît la grâce spontanée Suffise selon quelque apparence et pour moi

Comme un éventail frais dans la chambre s’étonne A raviver du peu qu’il faut ici d’émoi Toute notre native amitié monotone.

POÉSIES

SONNET

O si chère de loin et proche et blanche, si Délicieusement toi. Mary, que je songe A quelque baume rare émané par mensonge Sur aucun bouquetier de cristal obscurci

Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici Toujours que ton sourire éblouissant prolonge La même rose avec son bel été qui plonge Dans autrefois et puis dans le futur aussi.

Mon cœur qui dans les nuits parfois cherche à s’entendre Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur

N’était, très grand trésor et tête si petite,

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

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