BILLET A WHISTLER
Pas les rafales à propos De rien comme occuper la rue Sujette au noir vol de chapeaux; Mais une danseuse apparue
Tourbillon de mousseline ou Fureur éparses en écumes Que soulève par son genou Celle même dont nous vécûmes
Pour tout, hormis lui, rebattu Spirituelle, ivre, immobile Foudroyer avec le tutu.
Sans se faire autrement de bile
Sinon rieur que puisse l’air De sa jupe éventer Whistler.
PETIT AIR
Quelconque une solitude Sans le cygne ni le quai Mire sa désuétude Au regard que j’abdiquai
Ici de la gloriole Haute à ne la pas toucher Dont maint ciel se bariole Avec les ors de coucher
Mais langoureusement longe Comme de blanc linge ôté Tel fugace oiseau si plonge Exultatrice à côté
Dans l’onde toi devenue Ta jubilation nue.
PETIT AIR
Indomptablement a dû Comme mon espoir s’y lance Éclater là-haut perdu Avec furie et silence,
Voix étrangère au bosquet Ou par nul écho suivie, L’oiseau qu’on n’ouït jamais Une autre fois en la vie.
Le hagard musicien,
Cela dans le doute expire Si de mon sein pas du sien A jailli le sanglot pire
Déchiré va-t-il entier Rester sur quelque sentier !
PETIT AIR
(Guerrier)
Ce me va hormis l’y taire Que je sente du foyer Un pantalon militaire A ma jambe rougeoyer
POÉSIES
L’invasion je la guette Avec le vierge courroux Tout juste de la baguette Au gant blanc des tourlourous
Nue ou d’écorce tenace Pas pour battre le Teuton Mais comme une autre menace A la fin que me veut-on
De trancher ras cette ortie Folle de la sympathie.