‹ OEuvres complètesChapitre 496 sur 655 · PÉPITA · texte numérisé non relu

PÉPITA

Je lisais tes beaux vers — ton cœur me fit écho.

Tu trouves jade aussi la classique tisane —

Ce soir-là, je chantais un corsaire, Fosco,

Roi des mers, qui mieux est, roi d’une courtisane.

Te vieux Juif Ismaël déjà lançait son or Aux flots noirs, et mourait maudissant son étoile.

Et Pépita la pâle, aux pleurs donnant essor.

Pour la vie a couvert ses tresses d’or d’un voile !

Tous deux à l’espérance avaient fermé leur cœur !

Oh ! l’espoir ! Cette brise au frais parfum qu’un ange Souffle sur notre cœur, comme sur une fleur.

Qui lui donne la vie et des chagrins le venge !

Et je te vois comme eux, voguant sur ton esquif. Interroger le flot, /’ âme grosse d’alarmes.

Va ! navigue en riant et nargue le récif !

Sur des autans douteux ne verse point de larmes !

Eh ! quoi faudrait-il donc s’endormir en son nid Quand hurle le mistral qui peut vous casser l’aile ? Parce que le soleil, en aveuglant, punit.

Faut-il baisser les yeux sans ravir l’étincelle ?

NOTES ET VARIANTES

Non ! ces sombres terreurs , cbasse-les de ton cœur !

Tu vois l’étoile au ciel : prends ton vol et t’élance ! Terrasse le tonnerre et redescends vainqueur Portant l’astre à ton front, palme de l’Espérance !

Le 30 mars 1859.

A Espinas.

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