P. 10. LA PRIÈRE D’UNE MÈRE
(Sens, 7 juillet 1859.)
Relevée sur le Cahier d’Honneur du Lycée de Sens, et datée 7 juillet 1859, cette longue pièce atteste moins encore de personnalité que le poëme précédent, et montre le rhétoricien plus inféodé à la creuse facilité prétendûment poétique des établissements religieux d’alors. Il faut dire, à la décharge de l’apprenti-poëte, que cette pièce ne doit être, selon toute vraisemblance, qu’un devoir français, sur un sujet désigné.
NOTES ET VARIANTES
Ce poëtne et le précédent témoignent que jusqu’au milieu de l’année 1859, Mallarmé n’imitait encore qu’assez timidement Victor Hugo, et, à défaut de Baudelaire qu’il ne devait découvrir que dix-huit mois plus tard, ces essais ne trahissent aucune connaissance des œuvres de Théophile Gautier ou de Théodore de Banville.
Il existe dans la collection Henri Mondor un manuscrit de cette pièce, à l’encre bleue, sur un double feuillet de papier rose, et qui présente, après la signature et la date, ces indications :
Variantes
(6e strophe, ire partie) :
S’il venait à flétrir l’auréole sacrée
Dont tu paras son front , Jésus , tranche ses ans !
Mais avant , qu’il s’asseye à la table espérée Où l’archange enviera le bonheur des enfants !
(ire strophe, 2e partie) :
Qui lança le soleil en sa route embrasée Et créa tout d’une pensée !
(2e strophe, 3e partie) :
Comme le parfum que révèle Au matin l’ aubépine en fleur !
(6e strophe, 3e partie) :
Souvenons-nous enfin quand nos aigles en deuil !
Volent à de nouvelles gloires Que le Dieu de l’enfance est le Dieu des Victoires.
— en deuil ( des soldats et généraux morts )
J’ai lu la pièce comme elle est d’abord.