P. 15. GALANTERIE MACABRE
(Sens, 1861.)
Ce poëme de jeunesse fut publié, pour la première fois, par le gendre du poète, le docteur Edmond Bonniot, dans la Revue de France du Ier janvier 1930, p. 74, d’après un manuscrit, aujourd’hui dans la collection Henri Mondor et qui porte la date de 1861.
Pour très apparente qu’y soit l’influence de Baudelaire, elle ne l’est pas plus, à vrai dire, dans cette pièce, que celle de Théophile Gautier auquel l’auteur des Fleurs du Mal lui-même ne fut pas sans emprunter certains effets macabres.
Cette pièce avait, évidemment, fait impression sur les amis du jeune poète lorsqu’il la leur avait lue, ou même communiquée : c’est ainsi que, trois ans plus tard encore, dans une lettre que lui écrivait Emmanuel des Essarts, le 3 mars (1864) on peut lire :
« Il m’arrive souvent de reprendre le petit cahier de vers que tu m’as donné et de le savourer lentement. J’ai ainsi relu les Fenêtres. Pourquoi dans la liste supprimes-tu l’un des deux Pauvres ? Pourquoi exclus-tu la Galanterie Macabre ? C’est un thème saisissant. »
Mais tout occupé, comme il commençait d’être alors, à « débaudelairiser » sa poésie, Mallarmé ne se souciait plus de laisser imprimer des poèmes où cette influence apparaissait aussi crûment.
NOTES ET VARIANTES
P. 16. A UNE PETITE LAVEUSE BLONDE (Sens, 1861.)
Cette pièce, que nous avons fait connaître en 1941, a été relevée sur l’autographe retrouvé parmi les papiers du poète : la date de sa composition figure sur le manuscrit et atteste que, durant cette période de sa vie, si l’influence de Baudelaire s’exerçait fortement sur ses ouvrages d’un ton grave, Stéphane Mallarmé empruntait volontiers, pour des poèmes d’une veine plus légère, la voix de Théodore de Banville et qu’il réussissait avec la même perfection à imiter l’un et l’autre de ces deux maîtres. Pour peu personnelle que soit cette pièce, elle atteste une facilité agréable, qui eût satisfait de moins exigeants, une grâce dont il reprit, peu après, la manière, dans le P lacet futile, et ce penchant à quelque préciosité dont il ne devait pas se départir.