AUTRES POÈMES ET SONNETS
Tout Orgueil fume-t-il du soir.
Torche dans un branle étouffée Sans que l’immortelle bouffée Ne puisse à l’abandon surseoir !
La chambre ancienne de l’hoir De maint riche mais chu trophée Ne serait pas même chauffée S’il survenait par le couloir.
Affres du passé nécessaires Agrippant comme avec des serres Le sépulcre de désaveu.
Sous un marbre lourd qu’elle isole Ne s’allume pas d’autre feu Que la fulgurante console.
POÉSIES
Surgi de la croupe et du bond D’une verrerie éphémère Sans fleurir la veillée amère Le col ignoré s’interrompt.
Je crois bien que deux bouches n’ont Bu, ni son amant ni ma mère, Jamais à la même Chimère,
Moi, sylphe de ce froid plafond !
Le pur vase d’aucun breuvage Que l’inexhaustible veuvage Agonise mais ne consent,
Naïf baiser des plus funèbres !
A rien expirer annonçant Une rose dans les ténèbres.
Une dentelle s’abolit Dans le doute du Jeu suprême A n’entr’ouvrir comme un blasphème Qu’absence éternelle de lit.
Cet unanime blanc conflit D’une guirlande avec la même,
Enfui contre la vitre blême Flotte plus qu’il n’ensevelit.
Mais, chez qui du rêve se dore Tristement dort une mandore Au creux néant musicien
Telle que vers quelque fenêtre Selon nul ventre que le sien.
Filial on aurait pu naître.
POESIES
Quelle soie aux baumes de temps Où la Chimère s’exténue Vaut la torse et native nue Que, hors de ton miroir, tu tends !
Les trous de drapeaux méditants S’exaltent dans notre avenue :
Moi, j’ai ta chevelure nue Pour enfouir mes yeux contents.
Non ! La bouche ne sera sûre De rien goûter à sa morsure,
S’il ne fait, ton princier amant,
Dans la considérable touffe Expirer, comme un diamant,
Le cri des Gloires qu’il étouffe.
M 'introduire dans ton histoire C’est en héros effarouché S’il a du talon nu touché Quelque gazon de territoire
A des glaciers attentatoire Je ne sais le naïf péché Que tu n’auras pas empêché De rire très haut sa victoire
Dis si je ne suis pas joyeux Tonnerre et rubis aux moyeux De voir en l’air que ce feu troue
Avec des royaumes épars Comme mourir pourpre la roue Du seul vespéral de mes chars.
POÉSIES
A la nue accablante tu Basse de basalte et de laves A même les échos esclaves Par une trompe sans vertu
Quel sépulcral naufrage (tu Le sais, écume, mais y baves)
Suprême une entre les épaves Abolit le mât dévêtu
Ou cela que furibond faute De quelque perdition haute Tout l’abîme vain éployé
Dans le si blanc cheveu qui traîne Avarement aura noyé Le flanc enfant d’une sirène.
Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos,
Il m’amuse d’élire avec le seul génie
Une ruine, par mille écumes bénie
Sous l’hyacinthe, au loin, de ses jours triomphaux.
Coure le froid avec ses silences de faux,
Je n’y hululerai pas de vide nénie
Si ce très blanc ébat au ras du sol dénie
A tout site l’honneur du paysage faux.
Ma faim qui d’aucuns fruits ici ne se régale Trouve en leur docte manque une saveur égale : Qu’un éclate de chair humain et parfumant !
Le pied sur quelque guivre où notre amour tisonne, Je pense plus longtemps peut-être éperdument A l’autre, au sein brûlé d’une antique amazone.
BIBLIOGRAPHIE
de l’édition de 1898
Ce cahier , sauf intercalation de peu de pièces jetées plutôt en culs-delampe sur les marges :
Salut
Éventail de Madame Mallarmé Feuillet d’ Album Remémoration d’Amis belges Chansons bas I et II Billet à Whistler Petit air I et II, et les sonnets
Le Tombeau de Charles Baudelaire A la nue accablante...
suit l’ordre , sans le groupement , présenté par l’Édition fac-similé faite sur le manuscrit de l’auteur en 1887.
A quelques corrections près, introduites avec la réimpression Académique, le texte reste celui de la belle publication souscrite puis envolée à tant d’enchères, qui le fixa. Sa rareté se fleurissait, en le format original, déjà, du chef-d’œuvre de Rops.
Pas de leçon antérieure ici donnée en tant que variante, beaucoup de ces poèmes, ou études en vue de mieux, comme on essaie les becs de sa plume avant de se mettre à l’œuvre, ont été distraits de leur carton par des impatiences amies de Revues en quête de leur numéro d’ apparition : et première note de projets, en points de repère, qui fixent, trop rares ou trop nombreux, selon le point de vue double que lui-même partage l’auteur, il les conserve en raison de ceci que la jeunesse voulut bien en tenir compte et autour un public se former.
Salut : ce Sonnet, en levant le verre, récemment, à un Banquet de la Plume, avec l'honneur d’y présider.
Apparition tenta les musiciens, entre qui MM. Bailly et André Rossignol qui y adaptèrent des notes délicieuses.
Le Pitre Châtié parut, quoique ancien, la première fois, dans la grande édition de la Revue Indépendante.
Les Fenêtres, les Fleurs, Renouveau, Angoisse ( d’abord A Celle qui est tranquille), « Las de l’amer repos où ma paresse offense », Le Sonneur, Tristesse d’Été, l’Azur, Brise Marine, Soupir, Aumône ( intitulé le Mendiant) composent la série qui, dans cet ouvrage cité toujours s’appelle du Premier Parnasse contemporain.
Hérodiade, ici fragment, où seule la partie dialoguée, comporte outre le cantique de Saint Jean et sa conclusion en un dernier monologue, des Prélude et Finale qui seront ultérieurement publiés, et s'arrange en poème.
POÉSIES
L’Après-Midi d’un Faune parut à part , intérieurement décoré par Manet , une des premières plaquettes coûteuses et sac à bonbons mais de rêve et un peu orientaux avec son « feutre de Japon, titré d'or, et noué de cordons roses de Chine et noirs », ainsi que s'exprime l’affiche ; puis Ai. Dujardin fit, de ces vers introuvables autre part que dans sa photogravure, une édition populaire épuisée.
Toast Funèbre, vient du recueil collectif le Tombeau de Théophile Gautier, Maître et Ombre à qui s'adresse l'Invocation ; son nom apparait en rime avant la fin.
Prose, pour des Esseintes, il l’eût, peut-être, insérée, ainsi qu’on lit en /’ A-rebours de notre Huÿsmans.
« Tout à coup et comme par jeu » est recopié indiscrètement à l’album de la fille du poète provençal Roumanille, mon vieux camarade : je l’avais admirée, enfant et elle voulut s’en souvenir pour me prier, demoiselle, de quelques vers.
Remémoration. J’éprouve un plaisir à envoyer ce sonnet au livre d’Or du Cercle Excel sior, où j’avais fait une conférence et connu des amis.
Chansons bas I et II, commentent, avec divers quatrains, dans le recueil les Types de Paris, les illustrations du maître-peintre R affaelli, qui les inspira et les accepta.
Billet, paru en français, comme illustration au journal anglais the Whirlwind (le Tourbillon) envers qui Whistler fut princier.
Petits airs. I, pour inaugurer, novembre 1S94, la superbe publication /'Épreuve. II, appartient à l’album de M. Daudet.
Le Tombeau d’Edgar Poe. Mêlé au cérémonial, il y fut récité, en l’érection d’un monument de Poe, à Baltimore, un bloc de basalte que l’Amérique appuya sur l’ombre légère du Poète, pour sa sécurité qu’elle ne ressortît jamais.
Le Tombeau de Charles Baudelaire. Eait partie du livre ayant ce titre, publié par souscription en vue de quelque statue, buste ou médaillon connnémoratifs.
Hommage, entre plusieurs, d'un poète français, convoqués par l’admirable Revue Wagnérienne, disparue avant le triomphe définitif du Génie.
Tant de minutie témoigne, inutilement peut-être, de quelque déférence aux scoliastes futurs.