‹ OEuvres complètesChapitre 519 sur 655 · P. 35. LAS DE L’AMER REPOS · texte numérisé non relu

P. 35. LAS DE L’AMER REPOS

(Tournon, février 1864.)

La date de composition de ce poëme nous est approximativement donnée par une lettre d’Henri Cazalis à Mallarmé [mars 1864] où il lui dit : « La seconde pièce est très curieuse; j’en aime beaucoup la pensée : le vide nous envahit : le vide se met où n’est plus Dieu : de là le vide profond de ces rêveurs chinois qui tous sont artistes... 11 y a à la fin de délicieux détails. Le commencement est à refaire. Je te défierais de parler comme tu l’as écrit; mets en prose tout ce commencement, et tu verras ce qu’il donne. Prends garde : tu as pris l’habitude de périodes beaucoup trop longues d’abord et ensuite beaucoup trop coupées : trop de phrases incidentes, qui s’accrochent l’une à l’autre et font des broussailles obscures, épaisses, tellement enchevêtrées que l’on a peine à avancer et que bientôt l’on demande grâce. Vacquerie te l’a fait remarquer, ce me semble, et [Armand] Renaud qui t’admire comme je le fais moi-même m’a dit qu’il t’en parlerait aussi. »

L’allusion au Chinois, que contient ce passage, ainsi que la critique relative à la longue période du début indique bien qu’il se rapporte à ce poëme où Mallarmé dit vouloir

Imiter le Chinois au cœur limpide et fin.

Cette pièce parut d’abord dans le Parnasse Contemporain (livraison du 12 mai x 866) sous le titre, tout occasionnel, à' Épilogue, parce qu’elle était placée la dernière des dix pièces de Mallarmé figurant dans cette livraison. C’est sous ce titre également que nous en connaissons deux manuscrits autographes.

On peut citer ici l’impression dont Emmanuel des Essarts fit part à Mallarmé aussitôt après l’apparition de cette livraison du Parnasse : « Soupir, Vere Novo, l’Azur, les Fleurs, les Fenêtres sont de toute beauté et de toute perfection. Ainsi de : A celle qui est tranquille. J’approuve tes corrections. Mes réserves, pareilles à celles qu’ont faites à Pâques Dierx, Mérat et Catulle, portent sur le Sonneur, A un pauvre et Brise Marine. 11 me semble que tes changements n’y ont pas été heureux, et que selon leurs reproches, tu as obscurci ta pensée : de même pour l 'Épilogue... Dans l’Épilogue,

NOTES ET VARIANTES

j’aime le mot « naturel ». J’aime la fin et ce qui suit « le filigrane bleu ». Je ne comprends pas plus qu’on ne le comprenait là-bas :

Et la mort telle avec le seul rêve du sage.

« Je ne comprends pas les trois vers sur l’aurore : je les trouve durs, embarrassés et mal venus. » (Moulins, 27 mai [1866]).

Variante (Manuscrit Doucet) :

Str. 2, avant-dernier vers :

Un fin croissant perdu par une blanche nue

Nous avons vu, parmi les papiers de travail du poëte, une page d’imprimerie (peut-être épreuve du Parnasse Contemporain ) où se voient, de la main de Mallarmé, au crayon, trois corrections : des trous vides, du Longe se greffant, un clair croissant.

Cette pièce, dans l’édition photo-lithographiée des Poésies (Revue Indépendante , 1887) montre, avec la version définitive, deux minimes différences :

Que dire à cette aurore, ô Rêves, visité...

Au filigrane bleu du songe se greffant.

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