‹ OEuvres complètesChapitre 548 sur 655 · P. 67. QUAND L’OMBRE MENAÇA · texte numérisé non relu

P. 67. QUAND L’OMBRE MENAÇA

Ce sonnet portait comme titre Cette nuit lorsqu’il parut, pour la première fois, dans les Poètes Maudits de Paul Verlaine ( Lutèce , n° du 24 au 30 novembre 1883) et de même lorsqu’il fut repris

dans le Scapin (n° 3, 2e série, 16 octobre 1886), avec quelques virgules et cette seule variante :

Pour les siècles hideux qui l’obscurcissent moins.

Il porta encore ce titre dans le numéro du 7 mars 1887 des Écrits pour l’art, avant de figurer sans titre, dans l’édition de 1887 des Poésies.

... Il a ployé son aile indubitable en moi

« Aveu, dit Thibaudet, que cette foi dont le solitaire maintenant s’éblouit n’a comblé, d’abord, que le vide laissé par un vieux, tenace, irréalisé désir, par un rêve dont l’aile, de lassitude, s’est enfin repliée. »

Mme E. Noulet a indiqué très justement une filiation entre ce sonnet et le Toast funèbre et donne du premier le commentaire suivant :

« Je ne crois pas qu’on puisse lire le poème du premier regard. Il se heurte inévitablement à l’allégorie de la deuxième strophe. Mais qu’on prenne patience, qu’on relise, et, aidé par Mallarmé, on en découvre bientôt le sens clair : cette nuit-ci, tout étoilée de constellations aux noms connus, est comme une salle immense, tendue de noir, somptueuse décoration funéraire de je ne sais quelle royale fantaisie. Ainsi le quatrain, description de la nuit, que l’auteur compare à une vaste chapelle ardente, est comme une apposition du titre ancien Cette nuit... C’est alors seulement, ce sens découvert, que le sonnet qu’on ne préfère pas assez, atteint sa pleinière beauté et qu’il communique une émotion profonde et supérieure, qu’on ne savait pas s’y trouver : dans la succession des siècles dont cette nuit est une halte, dans l’immensité de l’espace dont cette nuit est un point, halte et point, orgueils du poète. »

De son côté, M. Charles Mauron voit dans ce sonnet « la primauté de l’esprit sur l’univers matériel, masse illimitée mais privée d e sens, tel est le sujet pascalien de ce poème ».

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