‹ OEuvres complètesChapitre 584 sur 655 · P. 270. PLAINTE D’AUTOMNE · texte numérisé non relu

P. 270. PLAINTE D’AUTOMNE

(Tournon, 1864.)

On l’a vu : dès le 1 3 mai 1864, son ami Eugène Lefébure complimentait Mallarmé de ce poëme. Il parut peu après, pour la première fois dans le numéro du 2 juillet 1 864 de la Semaine de Cusset et de Vichy sous le titre l’Orgue de Barbarie ; il fut reproduit, sous le même titre, et avec quelques variantes, dans la Revue des Lettres et des Arts du 27 octobre 1867 et dans l'Art Libre de Bruxelles du Ier février 1872, puis sous le titre : Plainte d’ Automne dans la République des Lettres du 20 décembre 1875; dans la Vogue, le 11 avril 1886 et le Chat Noir du 26 juin de la même année. Il parut pour la première fois en recueil dans F Album de Vers et Prose (Librairie Universelle, Bruxelles, 1887), puis figura dans Pages (1891), Vers et Prose (1893) et Divagations (1896).

Dans la Semaine de Vichy le texte se présentait un peu différemment; ainsi :

Par. 1 : Oh ! laquelle, Orion, Sirins et la Grande Ourse ? de longues journées, seul avec mon chat...

... ma saison préférée

... l’heure où je me promène est celle...

... où les rayons sont de cuivre jaune...

... De même, comme V âme est l'esclave des sensations, la littérature où mon esprit jouit d' une volupté triste, c'est la poésie

[pas de parenthèse]

Par. 2 : dans la fourrure parfumée...

dont les feuillages...

oh ! l’instrument des tristes par excellence ! le piano m'égaie, le violon m'ouvre les portes vermeilles où gazouille l'Espérance.

me fait désespérément rêver et évoque chacun de mes souvenirs.

Et cependant il murmurait [le poème s’achevait par cette phrase] oh ! l'orgue de Barbarie, la veille de l'automne, à cinq heures, sous les peupliers jaunis. Maria !

Dans la Revue des Eettres et des Arts (1867) et dans V Art Eibre (1872), même texte que celui de la Semaine, sauf : oh laquelle, Orion, Altaïr...

... une volupté triste est la poésie agonisante...

... la grande allée de peupliers dont les feuilles me paraissent jaunes...

... ouvre à l’âme déchirée la lumière des alléluia.

Il parut dans la Semaine de Vichy-Cusset accompagné du poème la Tête ( Pauvre enfant pâle), sous le titre d’ensemble Poèmes en Prose, avec cette dédicace : A Charles Baudelaire.

Selon toute vraisemblance, la personne dont la mort est évoquée dans ce poème et à laquelle il donne le nom de Maria est la jeune sœur que Mallarmé avait perdue lorsqu’elle avait treize ans et qui se prénommait, en effet, Maria.

Des douze poèmes en prose, c’est assurément celui où l’influence de Baudelaire se marque le plus. On n’a même voulu y voir, avec quelque exagération, que la mise en poème de l’avant-dernière page de la préface aux Histoires extraordinaires (E. Noulet, l'Œuvre poétique de Stéphane Mallarmé, p. 146). Cette marque baudelairienne imprimée plus fortement sur ce poème que sur les autres indique, peut-être, qu’il est le premier en date de tous les poèmes en prose de Mallarmé.

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