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P. 269. LE PHÉNOMÈNE FUTUR

(Tournon, novembre 1864.)

Nous avons cité précédemment le passage d’une lettre d’Henri Cazalis à Mallarmé du 30 décembre 1864, dans laquelle il dit avoir reçu de son ami un poëme en prose qui n’est autre, évidemment, que le Phénomène futur. Il devait alors remonter tout au plus à

NOTES ET VARIANTES

quelques semaines, Cazalis se montrant quelquefois un peu négligent à répondre aux lettres, mais Mallarmé ne tardant guère alors à demander à ses amis leur sentiment sur ses poèmes presque aussitôt qu’écrits.

Ce poëme ne parut que bien longtemps après, dans la République des Lettres du 20 décembre 1875, qui venait de se fonder et que dirigeait Catulle Mendès, et autant d’années plus tard, en 1886, dans la Vogue (1 1 avril) et dans le Chat Noir (26 juin) avant d’ètre recueilli dans Pages (1891).

L’éminent baudelairien, M. Jacques Crépet, suggère que l’idée du Phénomène futur pourrait procéder des derniers vers du Sonnet LXVIII de Shakespeare :

And him as for a map doth Nature store To shoiv false Art what Beauty n>as a yore.

celui qui porte le numéro LXXXV1II dans la traduction François- Victor Hugo qui donne ce texte :

« Lui, la nature le garde comme la carte qui montre à l’art menteur ce qu’était la beauté autrefois. »

M. Jacques Crépet a fait, d’autre part, une notable découverte en ce qui touche le Phénomène futur.

Dans ce dossier de fragments divers qui composent le manuscrit du volume, demeuré inachevé, de Baudelaire : Pauvre Belgique, se trouve une note où l’auteur des Pleurs du Mal relève et contredit « la conception ingénieuse d’un jeune écrivain » qui n’est autre que celle du Phénomène futur, pourtant encore inédit. Baudelaire, alors à Bruxelles, avait dû en être instruit par Glatigny, ou, pendant un court séjour à Paris, par Théodore de Banville.

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