P. 864. TOAST A ÉMILE VERHAEREN
Nous avons trouvé, parmi les papiers du poète, un texte autographe calligraphié de ce toast qui, en son absence, fut lu lors d’un banquet offert à l’auteur des Villes tentaculaires.
NOTES ET VARIANTES
P. 865. [TOASTJ
(Paris, 1897.)
« Messieurs aux chers visages... »
Manuscrit sur deux feuilles de vergé couleur chamois (0,22 x 0,14) le haut de la première a été coupé sur une hauteur de 4 cm 1 jz. Ce petit toast semble bien avoir été celui, de remerciement, à ses jeunes disciples qui lui offrirent, en 1897, un album de poèmes manuscrits, en hommage d’admiration.
L’album, qui a été précieusement conservé, se présente dans une housse de reps de soie bleu marine : il affecte la forme d’un portefeuille de maroquin vert-olive, de 0,28 x 0,34. A l’intérieur du premier plat de ce portefeuille, une figure en cuir repoussé, représentant une Naïade, œuvre d’Alexandre Charpentier.
L’album proprement dit est constitué par 23 feuilles d’Arches blanc filigrané d’une branche de laurier et de l’inscription majuscule « A Stéphane Mallarmé » qui occupent presque la totalité de la page. Ces feuilles sont renfermées dans une couverture au même filigrane et de couleur bistre foncé.
Les textes, chacun manuscrit de leur auteur, sont, par ordre alphabétique :
Celui-là seul... (sonnet), Paul Claudel; Comme pour susciter... (tierce-rime), Achille Delaroche; A Stéphane Mallarmé, nautonnier, Edouard Dujardin; Danseuse, André Fontainas; Erscheinung (trad. d’ Apparition), Stefan George; Solstice, Été iSç)6,Éa Roque, André Gide; Ballade à la louange des mardis de Stéphane Mallarmé, A. -F. Hérold; A Stéphane Mallarmé, Gustave Kahn; Enfant délicate... Ch. van Lerberghe; Fragment (en prose), Maurice Maeterlinck; l'Ame du poète..., Camille Mauclair; la Seine à Valvins (prose), Paul Margueritte; En souvenir, Victor Margueritte; Chrysostome, Stuart Merrill ; Coupe de Cristal, Albert Mockel ; A Stéphane Mallarmé, Charles Morice; A Stéphane Mallarmé, Henri de Régnier; Pour Stéphane Mallarmé, Georges Rodenbach; l’Urne aux ailes, Albert Saint-Paul; Fragment d’un colloque passionné, Robert de Souza; Valvins, Paul Valéry; Molles, des danses..., Émile Verhaeren; Avec ce grand soleil..., F. Vielé-Griffin.
Nous reproduisons ici le sonnet de Paul Claudel, demeuré inédit; celui d’Henri de Régnier dont le texte diffère sensiblement de la version publiée plus tard, en manière de Dédicace, et sous ce titre, avec les dates 1842-1898, en tête du poëme le Sang de Marsyas, dans le recueil la Cité des Eaux ( Mercure de France, Paris, 1902); celui de Paul Valéry qui, contrairement aux versions imprimées depuis lors, ne comporte, sur son texte original, aucune ponctuation et est disposé, à la façon élizabéthaine en trois strophes de quatre vers et un distique. Il est signé « Valéry » sans prénom, et au 4e vers on lit « plusieurs soleils » au lieu de « quelques » dans les impressions ultérieures. On trouvera ici également le sonnet de Georges Rodenbach; et celui que, quelques années
NOTES ET VARIANTES
auparavant, Pierre Louÿs avait adressé à Mallarmé pour ses cinquante ans.
Celui-là seul saura sourire, s'il a plu A la Muse elle-même, institutrice et Mère,
De former, lui ouvrant la Lettre et la Grammaire,
Sa livre au vers exact et au 7not absolu.
La sécurité de l'office qui l'élut Rit que rien d'éternel comme rien d'éphémère N’échappe à la mesure adéquate et sommaire De la voix qui finit oit le verbe conclut.
Gardien pur d’un or fixe où l’aboi vague insulte !
Si, hommage rustique et témoignage occulte,
Ma main cherche quoi prendre au sol pour s'en armer.
Je choisis de casser la branche militaire Dont la feuille à ta tempe honore, Mallarmé ,
Amère, le triomphe, et verte, le mystère.