‹ OEuvres complètesChapitre 639 sur 655 · A STÉPHANE MALLARMÉ · texte numérisé non relu

A STÉPHANE MALLARMÉ

Ceux-ci, las dès l’aurore et que tente la vie.

S’arrêtent pour jamais sons l’arbre qui leur tend Sa fleur délicieuse et son fruit éclatant Et cueillent leur destin à la branche mûrie.

Ceux-là, dans l'onyx dur et que la veine strie.

Après s’être penchés sur l’eau les reflétant Dans la pierre à son tour et qui déjà l’attend Figurent le profil de leur propre effigie.

D'antres n’ont rien cueilli et ricanent dans l’ombre En arrachant l’ortie aux fentes du décombre,

Le triste hibou borgne ulule à leur côté.

Et vous seul ébloui d’une gloire inconnue.

Vous marche % dans la vie et dans la vérité Vers l’invisible étoile en vous-même apparue.

Henri de RÉGNIER.

VALVINS

Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère Heureuse tu te fonds aux feuilles si tu es Dans la fluide yole à jamais littéraire Traînant plusieurs soleils ardemment situés

NOTES ET VARIANTES

Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Émue ou pressentant l’après-midi chanté Tandis que le grand bois trempe une longue tresse Et mélange ta voile au meilleur de l’Été

Mais toujours près de toi que le silence livre Aux cris multipliés de tout le brut a'gtir T’ombre de quelque page éparse d’aucun livre Tremble comme ta voile et vagabonde sur Sur la poudreuse chair immense de l’eau verte Parmi le long regard de la Seine entr’ ouverte

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