‹ Œuvres complètes. Texte de 1578 publié avec compléments, tables et glossaireChapitre 20 sur 68 · PIERRE DE RONSARD XXIII · texte numérisé non relu

PIERRE DE RONSARD XXIII

alexandrins de Ronsard, « lesquels, disait-il, j'ai mis, comme tu sais, en vogue et en honneur », lui devinrent de plus en plus habituels. Il sut en dégager les harmonies et les coupes, même les plus libres ; il les assouplit au récit, à l'épître, à l'églogue, au discours en vers, et tous ces genres apparurent successivement dans son œuvre, grâce à l'instrument vigoureux et varié qu'il se trouvait former pour des siècles.

Soucieux de remplir envers la patrie les devoirs que lui imposaient les desseins de sa jeunesse et le programme de la Défense, Ronsard ne se contentait pas de rêver, en combinant l'Odyssée avec l'Enéide, l'épopée qui manquait à la France nouvelle ; il cherchait de quelles autres formes de grande poésie il pourrait la doter encore. Ces préoccupations généreuses donnèrent lieu à deux recueils de prix, les Hymnes et les Poèmes. Les Hymnes surtout sont mémorables dans l'histoire du vers alexandrin, parce que pour la première fois ce vers s'y trouve adapté aux plus hauts sujets, s'y prête à de larges développements de morale et de philosophie, aux allégories longtemps soutenues, aux narrations d'allure épique. L'humaniste a trouvé des modèles antiques, moins dans les hymnes homériques que dans Callimaquc et dans Théocrite. Se rappelant comment ces poètes servaient les rois Ptolémées et les « seigneurs » de la cour d'Alexandrie, il s'avise de louer le roi de France, le cardinal de Lorraine et d'autres personnages de son choix, en associant

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