‹ Œuvres complètes. Texte de 1578 publié avec compléments, tables et glossaireChapitre 21 sur 68 · PIERRE DE RONSARD XXV · texte numérisé non relu

PIERRE DE RONSARD XXV

leur nom aux fables merveilleuses ou aux questions élevées qu'il entreprend de traiter en leur honneur. Il les intéresse à l'Eternité, au Ciel, à la Justice, à la Philosophie, à la Mort ; il leur conte les légendes de l'or et celle des « Daimons », en de longues pages, d'où l'ennui n'est point absent, mais que relèvent souvent soit un récit aux brillantes images, soit une exposition d'idées abstraites nouvelle en notre poésie, soit quelque allégorie éloquente :

Ecoute donc ma voix, ô Déesse Victoire,

Qui guéris des soudars les plaies, et qui tiens

En ta garde les rois, les villes et leurs biens,

Qui portes une robe empreinte de trophées,

Qui as de ton beau chef les tresses étoffées

De palme et de laurier, et qui montres sans peur

Aux hommes comme il faut endurer le labeur ;

... Viens, Déesse, ici-bas Favoriser Henri, et d'un bon œil regarde La France pour jamais et la prends sous ta garde.

Les Poèmes ont rassemblé des pièces souvent plus courtes, plus vives, où l'actualité tient sa place ainsi que la vie du poète, avec ses amitiés, les souvenirs de sa jeunesse et le rappel de ses travaux. Cette variété de tons s'accentue encore, quand il se prend à rajeunir l'églogue, à rimer pour la cour des Valois des « mascarades » et des

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