‹ Œuvres complètes. Texte de 1578 publié avec compléments, tables et glossaireChapitre 43 sur 68 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

AD ËUNDEM

ejusdem.

Quis te deorum caecus agit furor

Ronsarde, Graium fana recludere

Arcana ? lucos quis movere,

Quos situs et sua jam vetustas

Formidolosos fecerat ? ô novuni

Non expavescens primus iter lyrae

Tentare : Romanis quod olim

Turpiter incutiat pudorem,

Nil taie qucmdam tangere pectine

Ausis Latino, quale ferox sonat

Cadmi colonus septichordi

Liberius jaculans ab arcu.

Tu primus, ut jam trita relinquercs

Testudinis vestigia Gallicae,

Aggressus excluso timoré

Ogygio tua labra fonte

Mersare : voces indéque masculas

Haurire, dignas principibus viris :

Quorum tua sacrata buxo

Facla sui stupeant nepotes.

Foelix ter ô qui jam modo fortitcr

Te vate sese pro patria geret :

Non ejus ultra oblivioso

Dente teret senium labores,

Seu quis rebclli frena Britanniae

Portans, ferons fregerit impeius

Gentis : suos in limitesque Reppulerit nimium vagantem, Avulsa seu quis membra rejunxerit Regno resectae brachia Galliae, Atque Italas assertor urbes Reddiderit solitis habenis.

Sonets de Joachim DU BELLAY, Angevin à P. de Ronsard.

Le siècle d'or qui pour se redorer Dore tes vers du plus fin or du monde, Me faict ici par l'or de ta faconde En mon esprit, ton esprit adorer.

Le dieu du Loyr, qui par ton souspirer Enfle le cours de son eau vagabonde, En bouillonnant du plus creux de son onde Semble ses pleurs de tes pleurs attirer.

Le plus beau ciel ses beaultez faict descendre, Pour embellir le beau de ta Cassandre Comme ung miracle, et grande nouveaulté.

Heureux sonneur, heureux sonnetz encore, Heureux l'honneur, qui ton honneur décore, Heureux l'amour, heureuse la beaulté.

Page 1