‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 162 sur 336 · ACTE I. — DON SALLUSTE · texte numérisé non relu

ACTE I. — DON SALLUSTE

DON CÉSAR

Doux Jésus !

Pourquoi ?

DON SALLUSTE

Parce que Tordre était brodé dessus.

Eh bien, que dites-vous de Talgarade.^

Ah! diable!

Je dis que nous vivons dans un siècle effroyable ! Qu'allons-nous devenir, bon Dieu ! si les voleurs Vont courtiser saint Jacque et le mettre des leurs?

DON SALLUSTE

Vous en étiez ! .

DON CÉSAR

Eh bien, — oui! s'il faut que je parle, J'étais là. Je n'ai pas touché votre' don Charle, J'ai donné seulement des conseils.

DON SALLUSTE

Mieux encor.

La lune étant couchée, hier, Plaza-Mayor, Toutes sortes de gens, sans coifFe et sans semelle, Qui hors d'un bouge afFreux se ruaient pêle-mcle. Ont attaqué le guet. — Vous en étiez !

DON CÉSAR

Cousin, J'ai toujours dédaigné de battre un argousin. J'étais là. Rien de plufe. Pendant les estocades. Je marchais en faisant des vers sous les arcades. On s'est fort assommé.

DON SALLUSTE

Ce n'est pas tout.

DON CÉSAR

Voyons.

DON SALLUSTE

En France, on vous accuse, entre autres actions. Avec vos compagnons à toute loi rebelles. D'avoir ouvert sans clef la caisse des gabelles.

DON césAR.

Je ne dis pas. — La France est pays ennemi.

DON SALLUSTE

En Flandre, rencontrant dom Paul Barthélémy, Lequel poruit à Mons le produit d'un vignoble Qu'il venait de toucher pour le chapitre noble, Vous avez mis la main sur l'argent du clergé.

DON césAR.

En Flandre? — il se peut bien. J'ai beaucoup voyage.

— Est-ce tout ?

DON SALLUSTE

Don César, la sueur de la honte, Lorsque je pense à vous, à la face me monte.

DON CÉSAR

Bon. Laissez-la monter.

DON SALLUSTE

Notre famille. . .

DON çésAR.

Non.

Car vous seul à Madrid connaissez mon vrai nom. Ainsi ne parlons pas famille !

Une marquise Me disait l'autre jour en sortant de l'église :

— Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent. Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant.

Plus délabré que Job et plus fier que Bragance,

Drapant sa gueuserie avec son arrogance.

Et qui, froissant du poing sous sa manche en haillons

L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons.

Promène, d'une mine alticre et magistrale.

Sa cape en dents de scie et ses bas en spirale f

DON céSAR, jcunt ua coup d'oeil sur sa toilette.

Vous avez répondu : C'est ce cher Zafari !

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