ACTE I. — DON SALLUSTE
DON CÉSAR
Doux Jésus !
Pourquoi ?
DON SALLUSTE
Parce que Tordre était brodé dessus.
Eh bien, que dites-vous de Talgarade.^
Ah! diable!
Je dis que nous vivons dans un siècle effroyable ! Qu'allons-nous devenir, bon Dieu ! si les voleurs Vont courtiser saint Jacque et le mettre des leurs?
DON SALLUSTE
Vous en étiez ! .
DON CÉSAR
Eh bien, — oui! s'il faut que je parle, J'étais là. Je n'ai pas touché votre' don Charle, J'ai donné seulement des conseils.
DON SALLUSTE
Mieux encor.
La lune étant couchée, hier, Plaza-Mayor, Toutes sortes de gens, sans coifFe et sans semelle, Qui hors d'un bouge afFreux se ruaient pêle-mcle. Ont attaqué le guet. — Vous en étiez !
DON CÉSAR
Cousin, J'ai toujours dédaigné de battre un argousin. J'étais là. Rien de plufe. Pendant les estocades. Je marchais en faisant des vers sous les arcades. On s'est fort assommé.
DON SALLUSTE
Ce n'est pas tout.
DON CÉSAR
Voyons.
DON SALLUSTE
En France, on vous accuse, entre autres actions. Avec vos compagnons à toute loi rebelles. D'avoir ouvert sans clef la caisse des gabelles.
DON césAR.
Je ne dis pas. — La France est pays ennemi.
DON SALLUSTE
En Flandre, rencontrant dom Paul Barthélémy, Lequel poruit à Mons le produit d'un vignoble Qu'il venait de toucher pour le chapitre noble, Vous avez mis la main sur l'argent du clergé.
DON césAR.
En Flandre? — il se peut bien. J'ai beaucoup voyage.
— Est-ce tout ?
DON SALLUSTE
Don César, la sueur de la honte, Lorsque je pense à vous, à la face me monte.
DON CÉSAR
Bon. Laissez-la monter.
DON SALLUSTE
Notre famille. . .
DON çésAR.
Non.
Car vous seul à Madrid connaissez mon vrai nom. Ainsi ne parlons pas famille !
Une marquise Me disait l'autre jour en sortant de l'église :
— Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent. Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant.
Plus délabré que Job et plus fier que Bragance,
Drapant sa gueuserie avec son arrogance.
Et qui, froissant du poing sous sa manche en haillons
L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons.
Promène, d'une mine alticre et magistrale.
Sa cape en dents de scie et ses bas en spirale f
DON céSAR, jcunt ua coup d'oeil sur sa toilette.
Vous avez répondu : C'est ce cher Zafari !