RUY BLAS, DON SALLUSTE
DON SALLUSTE, posant la main sur l'épaule de Ruy Blas.
Bonjour.
RUY BLAS, effaré.
A part.
Grand Dieu! je suis perdu! le marquis!
^ DON SALLUSTE, souriant.
Je parie Que VOUS ne pensiez pas à moi.
Sa seigneurie, En effet, me surprend.
A part.
Oh ! mon malheur renaît.
J'étais tourne vers l'ange et le démon venait.
Il court a la tapisserie qui cache le cabinet secret et en ferme la petite porte au verrou 5 puis il revient tout tremblant vers don Salluste.
DON SALLUSTE
Eh bien! comment cela va-t-il.^
RU Y BLAS, Tocil fixé sur don Sallustc impassible, et comme pouvant a peine rassembler ses idées.
Cette livrée ?. . .
DON SALLUSTE, souriant toujours.
Il fallait du palais me procurer Tentrée.
Avec cet habit-là Ton arrive partout.
J'ai pris votre livrée et la trouve à mon goût.
Il se couvre. Ruj Blas reste tête nue. RUY BLAS.
Mais j*ai peur pour vous. . .
DON SALLUSTE
Peur! Quel est ce mot risible.^
Vous êtes exilé!
DON SALLUSTE
Croyez- VOUS ? c'est possible.
Si Ton vous reconnaît, au palais, en plein jour.^
Ah bah! des gens heureux, qui sont des gens de cour, Iraient perdre leur temps, ce temps qui sitôt passe, A se ressouvenir d'un visage en disgrâce! D'ailleurs, regard e-t-on le profil d'un valet?
Il s'assied dans un fauteuil, et Ruj Blas reste debout.
A propos, que dit-on à Madrid, s'il vous plaît .^ Est-il vrai que, brûlant d'un zèle hyperbolique. Ici, pour les beaux yeux de la caisse publique. Vous exilez ce cher Priego, l'un des grands? V)us avez oublié que vous êtes parents. Sa mère est Sandoval, la vôtre aussi. Que diable! Sandoval porte d'or à la bande de sable. Regardez vos blasons, don César. C'est fort clair. Cela ne se fait pas entre parents, mon cher.