‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 227 sur 336 · ACTE IV. — DON CÉSAR · texte numérisé non relu

ACTE IV. — DON CÉSAR

Tu sais écrire ?

Le noir fait un signe de tête affirmatif. Etonnement de don César.

A part.

Un signe!

Haut

Es-tu muet, mon drôle.'*

Le noir hit un nouveau signe d'affirmation. Nouvelle stupéfaction de don César.

A part.

Fort bien! continuez! des muets à présent!

Au muet, en lui montrant la lettre, que la vieille tient appliquée sur la ubic.

— Écris-moi là : Vhu^

Le muet écrit Don César £ut signe k la duègne de reprendre la lettre, et au muet de sortir. Le muet sort

A part.

Il est obéissant!

LA DUÈGNE, remettant d'un air mystérieux le billet dans son garde-in£ante, et se rapprochant de don César.

Vous la verrez ce soir. Est-elle bien jolie?

Charmante!

LA DUÈGNE

La suivante est d'abord accomplie.

Elle m'a pris à part au milieu du sermon. Mais belle! un profil d'ange avec l'œil d'un démon. Puis aux chqses d'amour elle paraît savante.

DON CÉSAR, k part.

Je me contenterais fort bien de la servante.

LA DUÈGNE

Nous jugeons, — car toujours le beau fait peur au laid, — La sultane à l'esclave et le maître au valet. La vôtre est, à coup sûr, fort belle.

DON CÉSAR

Je m'en flatte!

LA DUÈGNE, fiusant une révérence pour se retirer.

Je VOUS baise la main.

DON césAR, lui donnant une poignée de doublons.

Je te graisse la patte.

Tiens, vieille!

LA DUÈGNE, empochant.

La jeunesse est gaie aujourd'hui!

DON CÉSAR, la congédiant.

Va.

LA DUÈGNE. (Révérences.)

Si VOUS aviez besoin. . . J*ai nom dame Oliva. Couvent San-Isidro. —

Elle sort. Puis la porte se rouvre, et Ton voit sa tète reparaître.

Toujours à droite assise Au troisième pilier en entrant dans l'église.

Don César se retourne avec impatience. La porte retombe ; puis elle se rouvre encore, et la vieille reparaît

Vous la verrez ce soir! monsieur, pensez à moi Dans vos prières.

DON césAR, la chassant avec colore.

Ah!

La duègne disparaît. La porte se referme. DON CÉSAR, seul.

Je me résous, ma foi, A ne plus m'étonner. J'habite dans la lune. Me voici maintenant une bonne fortune j Et je vais contenter mon cœur après ma faim.

Rêvant.

Tout cela me paraît bien beau. — Gare la fin.

La porte du fond se rouvre.

Paraît don Guritan avec deux longues épécs nues sous le bras.

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