ACTE IV. — DON CÉSAR
Dcbarrassons-nous-en ! Quel rude auxiliaire ! Pour l'argent, ce n*est rien.
Haut.
L'histoire est singulière.
Et vous n'avez pas vu d'autres personnes ?
DON césAR.
Non.
Mais j'en verrai. Je veux continuer. Mon nom, Je compte en faire éclat tout à travers la ville. Je vais faire un scandale affreux. Soyez tranquille.
DON SALLUSTE
A part.
Diable!
Vivement et se rapprochant de don C^r.
Garde l'argent, mais quitte la maison.
Oui I Vous me feriez suivre ! on sait votre façon. Puis je retournerais, aimable destinée.
Contempler ton azur, 6 Méditerranée !
Point.
DON SALLUSTE
Crois-moi.
DON césAR.
Non. D'ailleurs, dans ce palais-prison.
Je sens quelqu'un en proie à votre trahison. Toute intrigue de cour est une échelle double. D'un côté, bras liés, morne et le regard trouble. Monte le patient^ de l'autre, le bourreau. — Or vous êtes bourreau — nécessairement.
DON SALLUSTE
Oh!
DON césAR.
Moi! je tire l'échelle, et patatras
DON SALLUSTE
Je jure. . .
DON césAR.
Je veux, pour tout gâter, rester dans l'aventure. Je vous sais assez fort, cousin, assez subtil.
Pour pendre deux ou trois pantins au même fil. Tiens, j'en suis un ! Je reste !
DON SALLUSTE
Écoute. . .
DON CÉSAR
Rhétorique !
Ah î vous me faites vendre aux pirates d'Afrique I Ah ! vous me fabriquez ici des hiux Cçsar ! Ah ! vous compromettez mon nom I
DON SALLUSTE
Hasard 1
DON césAR.
Hasard?
Mets que font les fripons pour les sots qui le mangent. Point de hasard! Tant pis si vos plans se dérangent! Mais je prétends sauver ceux qu'ici vous perdez. Je vais crier mon nom sur les toits.
Il monte sur l'appui de la fenêtre et regarde au dehors.
Attendez!
Juste! des alguazils passent sous la fenêtre.
Il passe son bras k travers les barreaux, et l'agite en criant.
Holà!
DON SALLUSTE, effaré, sur le devant du théâtre. A part.
Tout est perdu s'il se fait reconnaître!
Entrent les alguazils précédés d'un alcade. Don Salluste paraît en proie k une vive perplexité. Don César va vers l'alcade d'un air de triomphe.