ACTE III. — Ruy Blas, — 2^ juillet
Sortie de la reine et commencement du 'monologue de Ruy Blas, barres dans le texte primitif :
LA REINE
O Ccsar! un esprit sublime est dans ta tctc. Laisse-moi l'approcher. Un baiser sur ton front. Adieu.
lillj bais; Ruy Blas au front. Elle sort.
RU Y BLAS, seul.
Devant mes yeux un noir bandeau se rompt. De ma vie, 6 mon Dieu, cette heure est la première. Tout un monde éclatant, regorgeant de lumière, S'entr'ouvre, et, comme un jour qu'on verrait tout à coup. M'inonde de rayons jaillissant de partout!
Astre sacré! du jour où pour moi tu brillas. Tu m'as fait loyal, noble et pur!
Don Sallustc est entre depuis quelques instants.
DON SALLUSTE, lui posant brusquement la main sur Tcpaule.
Hcbien, Ruy Blas?
Quelques vers de don Sallustc bifFcs sur le manuscrit et refaits :
Chacun pour soi, mon cher. Je parle sans phcbus. Allez-vous prendre l'air d'un redresseur d'abus. Dogue aboyant autour du fisc et des gabelles ? En honneur ! n'est-il pas de postures plus belles ? Etre ainsi, c'est se fort compromettre à mon grcj C'est fiiirc à tout propos un bruit démesuré Qui sent son factotum et son petit génie 5 En deux mots, ce n'est pas de bonne compagnie.
Le manuscrit donne ces variantes successives de deux vers de don Sallustc :
Laissez tous ces grands mots qui sont hors de service. . . Laissez là ce pathos qui n'est d'aucun service : Car vous tétiez cncor votre auguste nourrice. . . De ce pathos vidé faut-il qu'on vous guérisse ? Mais vous tétiez encor votre auguste nourrice. . . Vous avez de l'esprit 5 faut-il qu'on vous guérisse Du pathos ? Vous tétiez encor votre nourrice. . .
Le troisième acte est terminé le 31 juillet. — 412 vers.